Le trot, le galop et la province

Institution / Ventes / 16.04.2021

Le trot, le galop et la province

Le trot, le galop et la province

Par Hubert Tassin

Président de l’Association PP

« L’association PP, que j’ai l’honneur d’animer, a toujours fait des hippodromes de province une de ses priorités absolues, allant jusqu’à changer son appellation d’origine (PP = Petits Propriétaires) pour souligner l’indispensable équilibre entre Paris et les régions dans sa raison d’être (PP = Province-Paris). Beaucoup ont depuis partagé avec nous cette sensibilité territoriale, avec des propositions qui hélas restent trop souvent lettre morte une fois les élections passées.

Aussi, j’ai particulièrement apprécié de lire que le président Barjon avait annoncé lundi dernier devant le conseil d’administration du trot son ambition d’accompagner les hippodromes de province "dans le développement de leur attractivité et de leur rentabilité qui reposera sur la transformation digitale et l’animation de la communauté de chaque hippodrome". Sans encore savoir ce qu’il y a de concret derrière ces propos, je ne peux qu’applaudir à la déclaration d’intention.

Notre mouvement a mis sur la table la proposition de prendre des paris de "PMH déporté" par internet sur toutes les courses disputées en France. Cela concourrait au développement de l’attractivité prôné par M. Barjon. Cela apporterait évidemment un surplus de recettes à l’ensemble des filières. Cela romprait avec le ridicule d’organiser des compétitions, de les financer et de les contrôler, en s’interdisant de prendre des paris à distance à l’heure où la digitalisation est la règle économique et s’impose de plus en plus, y compris dans le domaine des jeux. Pour rappel, vendredi, Parions Sport de la FDJ a pris des paris – en live – sur 115 événements sportifs. On ne se demande pas de quel côté sont le dynamisme et l’adaptation au monde numérique. Il n’y a pas de problèmes techniques au PMU déporté et, seul le dogme immobiliste diffère cette entrée dans l’univers de l’instantané et du digital.

En tout état de cause, alors que chacun, au trot comme au galop, affirme la main sur le cœur vouloir mettre en commun des moyens opérationnels au service d’objectifs d’intérêt général, on ne peut que penser que la mise en place d’une politique régionale ambitieuse faisant enfin des hippodromes des leviers opérationnels au service de la croissance, se doit de figurer au premier rang d’une politique commune aux deux spécialités.

Une déclaration aussi louable et constructive que celle de Jean-Pierre Barjon aurait été bienvenue aussi au galop et, mieux encore, par une déclaration commune. Nous disposons d’une structure baptisée "Fédération Nationale des Courses Françaises" dont la présidence est alternativement exercée par les présidents des sociétés mères. Elle qui pourrait par exemple être le fer de lance de cette stratégie. Mais, quelles qu’en soient les modalités d’application, le galop peut-il imaginer de rester à l’écart d’une telle initiative ? »