Race Sharp veut donner le gout des courses françaises aux Anglais

Autres informations / 17.04.2021

Race Sharp veut donner le gout des courses françaises aux Anglais

Ils sont britanniques et ils adorent les courses françaises ! Propriétaires actifs dans l’Hexagone, Nathaniel Barnett et Tristan Wootton ont un nouveau projet. Avec Race Sharp, ils veulent faire découvrir le galop français aux parieurs anglais…

Le concept de Race Sharp est simple : un site anglophone mélangeant conseils de jeu et articles didactiques, où le galop français a une place de choix, en parallèle de l’Irlande et de l’Angleterre. Tous les matins, Race Sharp envoie à ses abonnés un conseil de jeu – le plus souvent sur une course française – par e-mail. Cerise sur le gâteau, le site dispose d’un onglet UK Raiders, qui comptabilise les gains des entraîneurs anglais sur le sol français pour la saison en cours. Pour y accéder, cliquer ici

https://racesharp.com/french/race-sharp-raiders-track-and-back-uk-horses-in-france/

Qui sont-ils ? Nathaniel Barnett a de la famille en France et il a régulièrement fréquenté les hippodromes parisiens durant son enfance. Ancien assistant entraîneur, il est actuellement courtier et gestionnaire d’écurie de groupe outre-Manche. De son côté, né en Bourgogne de parents britanniques, Tristan Wootton a gardé un lien avec son pays de naissance, même après son retour en Angleterre. Il explique : « J’ai toujours aimé revenir en France pour aller aux courses. Durant mon parcours universitaire, j’ai même réalisé un projet pour les hippodromes de Lyon. » Celui qui travaille désormais dans l’univers des paris hippiques poursuit : « Race Sharp, c’est aussi le moyen d’écrire sur ce qui m’intéresse, entre culture hippique et conseil de jeu. » Ils sont très actifs sur Twitter, sous l’identité @RaceSharp.

La rencontre. Nathaniel Barnett poursuit : « Nous nous sommes rencontrés grâce au fait que nous sommes tous les deux propriétaires de galopeurs en France. Ce qui est assez improbable pour des Anglais ! Le lien a été réalisé par Sam Hoskins car nous avons tous les deux – mais séparément – été associés avec lui sur un cheval français. Grâce à Jérôme Reynier, j’ai vécu des moments formidables. Plus récemment, j’ai eu des chevaux chez François Monfort, Hugo Merienne et David Cottin. Notamment Zoffany Bay (Zoffany), lauréat du Prix Prédicateur (L). Et sa victoire dans une Listed Quinté à Auteuil a vraiment été un grand moment pour moi. »

La naissance du projet. Les deux associés expliquent : « Il n’y a pas de business model derrière Race Sharp. Ou du moins pas encore ! L’histoire de ce projet remonte à la reprise des courses françaises après le premier confinement. Elle a été bien plus précoce qu’en Angleterre. Beaucoup d’Anglais, en manque de courses, ont commencé à suivre le sport hippique français. Tout a commencé avec des conseils de jeu donnés sur Twitter sur ces courses tricolores. Cela a pris de l’ampleur et créé une demande. Nous avons commencé à discuter, en nous disant : que pourrions-nous faire pour faire connaître les courses françaises à plus d’Anglais ? Que faire pour leur rendre un peu de tout ce qu’elles nous ont apporté ? »

Les atouts de la France. Les deux associés poursuivent : « On sent que les courses françaises sont en train de se créer une base de fans britanniques, qu’ils soient propriétaires ou parieurs. Le fait qu’on puisse les suivre à la télévision a tout changé. Notre idée, c’est d’inciter les gens à jouer sur les courses françaises et à venir sur les hippodromes français lorsque le Covid sera derrière nous. Il y a un vrai potentiel de propriétaires pour la France parmi les Anglo-Irlandais. Grâce aux allocations bien sûr, car elles rendent le propriétariat plus accessible et plus pérenne. Mais pas uniquement. Le programme français est aussi passionnant pour ceux qui s’y intéressent : il récompense ceux qui étudient les conditions de course avec minutie.

Les Anglais aiment la diversité des hippodromes français. Leur atmosphère détendue. Le fait qu’on peut y déjeuner et y entrer à un coût raisonnable. Aller voir son cheval à Cagnes-sur-Mer, lorsqu’on habite à Londres, c’est plus rapide et moins cher que s’il court dans le nord de l’Angleterre ! Et surtout, on a l’impression de partir en vacances… Aller aux courses à Dax ou à Deauville, c’est l’occasion de découvrir des régions magnifiques. »

Une place à prendre. « Dès le départ, les hippodromes français nous ont vraiment aidés, en nous fournissant des photos par exemple. Théo Bachelot joue le jeu, lui aussi, en nous livrant ses analyses sur les épreuves françaises. Beaucoup de professionnels français ont été incroyablement généreux de leur temps : Frédéric Rossi, Lisa-Jane Graffard, Jérôme Reynier… Un grand merci à toutes ces personnes.

En France, nous avons le sentiment qu’il reste beaucoup à faire pour l’audience anglophone. Pour les parieurs et racing fans britanniques, Race Sharp veut proposer ce que la télévision et les réseaux sociaux ne font pas : du contenu accessible, intelligent et agréable. Contrairement à leurs concurrents anglais, peu d’entraîneurs français ont un blog ou un site. Trouver le numéro d’un professionnel français pour lui acheter un cheval, c’est souvent le parcours du combattant… Pourtant, les entraîneurs français sont très accessibles une fois que vous êtes en contact avec eux ! Ils sont même excellents. Les courses françaises représentent un rapport qualité/prix tout à fait remarquable, en comparaison avec beaucoup de loisirs disponibles actuellement. »

La suite. Nathaniel Barnett, qui travaille pour plusieurs syndicats de propriétaires anglais, poursuit : « En Angleterre et en Australie, les écuries de groupe sont une porte d’entrée formidable et désormais bien établie pour les nouveaux propriétaires. De grandes casaques ont fait leurs premiers pas ainsi. En France, il est bien difficile de savoir qui fait quoi. La plupart n’ont pas de site Internet. Et pas de véritable présence sur les réseaux sociaux. Difficile de prendre une part lorsqu’on n’est pas sur place ! À terme, nous aimerions lancer une écurie de groupe mélangeant porteurs de part anglais et français pour faire courir en France. » Tristan Wootton réagit : « J’ai travaillé sur la question du développement des paris hippiques pour la BHA. En Angleterre, il n’y a rien le samedi matin. Or la France propose toujours des courses à ce moment-là. Idem pour le dimanche matin. Et le dimanche soir aussi. Or toutes ces plages sont populaires auprès de nombre de parieurs. C’est la raison pour laquelle les enjeux britanniques ont explosé sur les courses américaines : elles occupent un temps de loisir sans concurrence. Tous les Anglais n’ont pas envie de regarder le football le dimanche ! » Nathaniel Barnett et Tristan Wootton concluent : « Entre la Grande-Bretagne et l’Irlande, les parieurs britanniques ne savent plus où donner de la tête. Il y a des courses partout et tout le temps. En France, le programme donne plus de temps pour apprécier les bonnes courses, qui ne sont pas noyées dans un flux constant. Un peu comme pour le Tour de France, vous avez des jours de repos pour respirer ! »