Prix de la Grotte (Gr3) : Cirona, de la ruse et du talent

Courses / 18.04.2021

Prix de la Grotte (Gr3) : Cirona, de la ruse et du talent

ParisLongchamp, dimanche

Absente depuis sa deuxième place à Toulouse dans le Critérium du Languedoc - Prix Bernard de Marmiesse (L), le 11 novembre, Cirona (Maxios) faisait partie des concurrentes les plus délaissées dans le Prix de la Grotte (Gr3). La pouliche a pourtant signé un premier succès black type à 18/1 dans cette préparatoire à l’Emirates Poule d’Essai des Pouliches (Gr1), offrant un premier Groupe à ses propriétaires-éleveurs, Christian et Frank Walter, de l’écurie Waldeck.

Une course sans train et une arrivée très disputée. S’élançant tout en dehors, Cirona s’est rapidement portée aux avant-postes, prenant la tête à l’abord du premier tournant. Maxime Guyon, qui lui était associé pour la première fois, a alors mis ses adversaires au pas en reprenant sa pouliche, avant de la faire accélérer sèchement côté corde à 300m du but. Attaquée en dehors par King’s Harlequin (Camelot), See the Rose (Kendargent), Silvestri (Siyouni) et Sweet Lady (Lope de Vega), Cirona s’est montrée courageuse pour conserver une tête d’avance au passage du poteau. Maxime Guyon a déclaré au micro d’Equidia : « Normalement, dans ses courses passées, Cirona attendait un peu. En partant, on n’avançait pas, et je n’avais pas envie de subir. Son entraîneur m’avait dit avant la course de la monter pour elle, qu’elle n’avait pas forcément besoin d’un leader et que si elle se retrouvait nez au vent, ce ne serait pas très grave. À la fin, elle a été courageuse. » Silvestri, qui a longtemps attendu à l’arrière-garde, a tracé une très belle ligne droite en dehors pour venir s’emparer de la deuxième place, une tête devant King’s Harlequin, toujours vue aux avant-postes. Sweet Lady, qui était la grande favorite, a patienté au dernier rang avant de très bien conclure en dehors, échouant d’un nez seulement pour la troisième place. Elle a devancé d’une courte encolure See the Rose, qui a fait illusion pour la victoire à cent mètres du but avant de coincer quelque peu. L’attentiste Rougir (Territories) n’a pas été des plus heureuses dans la phase finale, terminant sixième tout près, sans avoir pu vraiment s’exprimer.

De la vitesse et de la tenue à la fois. Cirona avait couru cinq fois à 2ans, pour deux victoires et deux places. Gagnante dès ses débuts le 29 mai à Bordeaux, sur 1.200m, elle avait conclu septième trois semaines plus tard d’une Classe 2 à Compiègne, sur 1.400m. Lors de sa réapparition, le 2 octobre, Cirona avait remis les pendules à l’heure en s’imposant dans une Classe 2 sur le mile nantais, en terrain lourd. Elle avait ensuite très bien couru à nouveau dans le Prix des Réservoirs (Gr3), terminant deuxième à une encolure de Rougir, avant d’effectuer sa dernière sortie de l’année à Toulouse. Christophe Ferland, entraîneur de Cirona, a remporté pour la première fois le Prix de la Grotte. Il nous a dit : « Je la pensais capable de bien faire aujourd'hui. L'an dernier, elle avait conclu deuxième d'une Listed face aux mâles, et elle avait été battue par la favorite dans les Réservoirs. Elle a tous les engagements classiques, cela montre à quel point je l'aime bien. Je pense qu'elle va progresser : il est vrai qu'elle était assez fit aujourd'hui, elle n'a pas un modèle important et se prépare vite, mais je pense qu'elle a de la marge. Elle a été un peu brillante en début de parcours, mais la course n'avançait pas. Avec le numéro 8 sur 8, son jockey l'a laissée glisser ; elle a pris la tête et a pointé les oreilles. La suite logique est la Poule d'Essai. Elle peut faire les 1.600m, mais elle a assez de tenue pour aller sur 2.000m ensuite. Nous en saurons plus dans trois semaines ! » Cirona est engagée dans la Poule, mais aussi dans le Saxon Warrior Coolmore Prix Saint-Alary et le Prix de Diane Longines (Grs1). Six pouliches ont réussi à faire le doublé Grotte & Poule d’Essai au cours de ces vingt dernières années : Divine Proportions (Kingmambo), en 2005, Darjina (Zamindar), en 2007, Zarkava ** (Zamindar), en 2008, Golden Lilac (Galileo), en 2011, Beauty Parlour (Deep Impact), en 2012, et enfin Castle Lady (Shamardal), en 2019. Plus généralement, depuis 1952, les gagnantes de la Grotte sont montées 43 fois sur le podium de la Poule.

La grande journée de l’écurie Waldeck. Quelques heures après la victoire, Frank Walter nous a confié : « Nous n’élevons qu’un cheval par an ! J’ai acheté sa mère dans un pré et elle avait offert la première Listed de sa carrière à Cristian Demuro. Elle ne nous a donné que des bons chevaux. C’est un sentiment exceptionnel. Cette victoire dans le Prix de la Grotte, je ne l’échangerais contre aucune autre ! Pour un petit éleveur-propriétaire, face aux grandes casaques, c’est formidable. Le palmarès de la course est hors norme. Déjà, l’année dernière, nous l’aimions beaucoup. Et nous n’avons pas cédé aux belles offres. Elle va dans tous les terrains, mais celui d’aujourd’hui – qui était bon – ne l’a pas favorisée et elle est probablement meilleure dans le souple. Il faut rêver et nous l’avons aussi engagée dans les Coronation Stakes (Gr1). Nous allons en parler avec son entraîneur, étant aussi dans la Poule et dans le Saint-Alary. Elle gagne cette préparatoire de peu, certes, mais elle a tout à fait sa place au départ d’un classique. Nous avons aussi déjà eu des chevaux aux États-Unis et c’était une super expérience. »

Un parcours école pour Silvestri. Avec seulement deux sorties à son actif, Silvestri était la concurrente la moins expérimentée au départ. Lauréate pour ses débuts, le 24 novembre, sur les 1.500m de la P.S.F. deauvillaise, elle restait sur une deuxième place le 29 mars pour sa rentrée dans une Classe 2, sur le mile clodoaldien. Son entraîneur, Carlos Laffon-Parias, a commenté : « Nous savions qu’elle était bonne et qu’elle avait le niveau de ces pouliches-là. Aujourd’hui, je voulais qu’elle attende pour qu’elle apprenne. Je savais que ça allait être une course tactique, mais ce n’est pas grave : aujourd’hui, ce n’est qu’une préparatoire … Je ne voulais surtout pas qu’elle prenne dur en allant devant, car elle n’est pas assez dure pour faire ça. L’objectif était d’attendre et de venir finir. Nous verrons dans quatre semaines ce qui vient de l’étranger ! »

Une bonne rentrée pour King’s Harlequin. Gagnante à 2ans du Prix Roland de Chambure (L), puis du Prix d’Aumale (Gr3), King’s Harlequin restait sur une onzième place dans le Qatar Prix Marcel Boussac (Gr1), le 4 octobre. Ce jour-là, la pouliche avait été très malheureuse : contrariée par une concurrente à 400m du but, elle avait été "prise en sandwich" par deux autres rivales cent mètres plus loin. Son entraîneur, Nicolas Clément, nous a confié : « C'est une bonne rentrée et la pouliche était un peu rouillée. Elle avait eu beaucoup de malheurs dans le Boussac. J'ai bien aimé qu'elle revienne pour finir aujourd'hui, donc il n'y a pas vraiment de doute sur la distance. Elle ira sur la Poule d'Essai ; j'espère qu'il y aura plus de rythme qu'aujourd'hui. Elle doit pouvoir faire tous les terrains, à condition que ce ne soit pas non plus extrême. »

Une sœur de Chares. Cirona est une fille de Maxios (Monsun), stationné en Irlande à Castle Hyde Stud, et de Coco Demure (Titus Livius), gagnante de deux courses de suite en fin d’année de 2ans en Italie, dont le Criterium Aretuseo (L, 1.600m), et lauréate à 3ans d’un handicap sur le mile de Rome. Les cinq produits de la jument vus en compétition se sont tous imposés à 2ans (voire également plus tard). Outre Cirona, Coco Demure a donné deux autres black types : notamment Chares (Ivawood), invaincu à 2ans en trois sorties en province, dont le Critérium de Lyon (L, 1.600m). Acheté 710.000 € à la vente de l’Arc 2019, Chares avait été exporté en Angleterre, où il a gagné d’entrée de jeu à 3ans sur le mile. De nouveau exporté après cette victoire, cette fois-ci à Hongkong, il a été rebaptisé Maximus et n’a pas réussi à regagner depuis. L’autre black type issu de Coco Demure est Qaysar (Choisir), deuxième à 5ans des Guisborough Stakes (L, 1.400m) à Redcar. Disparue en juin 2019, Coco Demure a une 2ans, Chalossa (Territories), à l’entraînement chez Christophe Ferland sous la casaque de l’écurie Waldeck. La deuxième mère, Alma Thomas (Orpen), a gagné deux courses à 2ans et à 3ans en Italie. Outre Coco Demure, elle a donné Paladino di Sabbia (King Charlemagne), vainqueur à quatre reprises en Italie à 2ans et à 3ans et deuxième du Premio Daumier (L, 1.500m). Alma Thomas est une sœur de Dripping (Efisio), deuxième du Premio Seregno (L, 1.600m). La troisième mère, l’inédite Double Time (Nashwan), est une sœur d’Unknown Quantity (Young Generation), gagnant de l’Arlington Handicap (Gr1) aux États-Unis, et de Starlet (Teenoso), lauréate du Team Trophy der Volksbanken & Raiffeisen (Gr2) et deuxième des Sun Chariot Stakes et Nassau Stakes (Grs2, à l’époque). Cette dernière a donné Interlude (Sadler’s Wells), gagnante du Prix de Pomone (Gr2). 

PEDIGREE WEATHERBYS :

https://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/cirona.pdf

 

 

 

Königsstuhl

 

 

Monsun

 

 

 

 

Mosella

 

Maxios

 

 

 

 

 

Nureyev

 

 

Moonlight’s Box

 

 

 

 

Coup de Génie

CIRONA (F3)

 

 

 

 

 

 

Machiavellian

 

 

Titius Livius

 

 

 

 

Party Doll

 

Coco Demure

 

 

 

 

 

Orpen

 

 

Alma Thomas

 

 

 

 

Double Time


LES CHRONOS

TEMPS PARTIELS

Du départ à 1.000m : 42’’78

De 1.000m à 600m : 25’’54

De 600m à 400m : 12’’96

De 400m à 200m : 10’’89

De 200m à l’arrivée : 11’’54

Temps total : 1’43’’71