Une première sur les obstacles pour la Cornillière

Élevage / 23.04.2021

Une première sur les obstacles pour la Cornillière

La casaque du domaine de la Cornillière a déjà connu la victoire en plat. Mais elle a décroché sa première victoire sur les obstacles le 12 avril à Compiègne. Dominique Bonnart nous a raconté l’histoire de sa casaque.

Le prometteur Kenadara (Kendargent) s’est imposé sur les haies de Compiègne pour sa rentrée et Kévin Nabet avait expliqué : « C’est un vrai cheval de classe. Aujourd’hui, il affrontait des chevaux d’expérience et sa classe a fait la différence. Il a fait pas mal d’efforts sur l’obstacle et je lui ai donc laissé sa chance. » Au sujet de ce poulain qu’il a confié à David Cottin, Dominique Bonnart explique : « J’ai acheté ce petit-fils de Montjeu (Sadler’s Wells) aux ventes Arqana avec Yan Houyvet, de l’agence Equus. Le plat n’était pas son truc et, de par son gabarit, il a été dirigé vers l’obstacle. Il fallait me convaincre car la spécialité me fait peur. Tout en étant perfectible, Kenadara l’a fait avec la manière, montrant une certaine classe. Je porte pas mal d’espoirs en lui. »

La question du bien-être animal. Associé chez 137 Notaires, Dominique Bonnart fut un cavalier assidu jusqu’à un accident de moto à 18 ans. Il a décidé il y a une dizaine d’années de créer l’Eurl de la Cornillière, structure à travers laquelle il mêle élevage et compétition. Mais il a dû faire preuve de beaucoup de patience avant de connaître de la réussite : « Je suis resté quelques années au fond de la piscine avant de gagner ma première course. Comme je suis passionné, je tiens. Au domaine, j’accueille mes poulinières à la retraite car je les conserve ad vitam aeternam. Quand certains de mes chevaux ont besoin de repos, ils viennent également à la maison. J’ai aussi des vaches sauvées de l’abattoir. Le reclassement des chevaux me soucie beaucoup. C’est un sujet majeur, à la fois à titre personnel ainsi qu’au niveau de la filière. Les chevaux sont des sportifs de haut niveau qui méritent le respect. »

Éleveur et propriétaire. Le domaine de la Cornillière peut actuellement compter sur deux poulinières. Dont Teutch (Country Reel) est la mère du premier gagnant de l’écurie, Teuch Cloud (Le Havre). Elle avait remporté ses deux premières courses avant de contracter la maladie de Lyme. Deuxième poulinière de l’élevage, Infinity Love (Dutch Art) n’est autre qu’une arrière-petite-fille de Born Gold (Blushing Groom), mère de Goldikova (Anabaa) : « Infinity Love s’était blessée dès sa première sortie à Deauville et je l’avais donc rentrée directement à l’élevage. J’avais une troisième poulinière, Lettre Intime (Invincible Spirit), mais elle a dû être euthanasiée après son dernier poulinage. C’était catastrophique pour moi, psychologiquement parlant. Sa 3ans Intime Dream (Dariyan) a remporté, à Deauville, son unique sortie. Elle s’était blessée dans son box. Normalement, elle devrait être prête pour le mois d’août à Deauville. J’aime bien prendre soin de mes chevaux et je ne suis donc pas pressé, même si cela représente un coût. Je prends donc mon temps pour les remettre en route tranquillement pour que ce soit toujours bien au niveau du mental. Intime Dream est à l’entraînement chez Édouard Monfort, très bien placé géographiquement pour moi puisque non loin de mes yearlings chez Antoine de Talhouët Roy. Mes chevaux sont confiés à David Cottin et Édouard Monfort, compétents et talentueux. Comme je le fais professionnellement, il faut laisser une grande place aux jeunes qui ont plein d’idées. Ce métier d’entraîneur est un véritable sacerdoce. Quant à mes achats, je fais le tour avec Yan Houyvet et je demande ensuite son avis à Édouard. J’aime bien passer du temps à regarder les pedigrees mais ce n’est pas mon métier. »