Cœur de Course, la reconversion au cœur de l’hippodrome

05.05.2021

Cœur de Course, la reconversion au cœur de l’hippodrome

Depuis sa création en 2015 sur l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer, Cœur de Course a permis à près de 400 chevaux de course de suivre une reconversion. Ludivyne Crépeau, la directrice, nous a parlé de sa structure et de ses projets.

Ludivyne Crépeau dispose de quinze boxes sur l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer, mais aussi de l’écurie des Oliviers, dans le Var. Elle précise : « L’écurie des Oliviers est dirigée par mon bras droit, Ambre Josse. C’est une structure avec des paddocks, qui est plus "nature". Elle permet d’accueillir des chevaux en convalescence et aussi certains chevaux "saturés" d’hippodrome. Au bout d’une semaine, certains déposent leurs valises et deviennent aussi gentils que des shetlands. Pour d’autres, il faut plus de temps. » Pour Ludivyne Crépeau, un accompagnement personnalisé est primordial pour poursuivre une bonne reconversion. Elle explique : « Qu’ils soient sains ou non, nous laissons toujours à nos nouveaux arrivants un mois de repos, le temps qu’ils se lavent un peu le cerveau. Je ne juge jamais un cheval quand il arrive car ils sont encore en mode course. Nos deux structures nous permettent vraiment de faire du cas par cas. »

Des chevaux qui arrivent pendant le meeting. La plupart des chevaux qui arrivent à Cœur de Course viennent du meeting d’hiver de Cagnes-sur-Mer, comme nous l’explique Ludyvine : « Via ce meeting, je récupère des chevaux blessés, en fin de carrière, qui n’ont plus envie de courir ou qui sont trop lents. Et une partie des chevaux vient de Calas car je travaille avec beaucoup d’entraîneurs basés là-bas. Je reçois aussi des chevaux d'élevage, qui ne pourraient pas être exploités en course. Cette année, il y a aussi eu beaucoup d’étrangers qui sont venus courir à Cagnes-sur-Mer. J’ai donc accueilli des chevaux allemands, entre autres »

Présenter un cheval au Jumping show. Si la situation sanitaire le permet, Ludyvine Crépeau aimerait promouvoir le pur-sang anglais en participant au Jumping show, organisé par son conjoint, l’ancien cavalier international Jean-Michel Costamagna. Elle précise : « Nous espérons pouvoir faire ce jumping international en octobre, avec l’ancien cheval de course Rise and Dine (Authorized), un cheval que m'a confié Davide Satalia. Sur ce concours, j’avais notamment présenté une trotteuse, qui a fait une belle carrière internationale alors qu’elle venait des concours amateurs. Si nous arrivons à faire le concours, j’aimerais bien avoir aussi un joli stand qui me permettrait de parler de la reconversion des chevaux de course avec les professionnels d’autres milieux. C’est un très bon concours et montrer des pur-sang qui se tiennent bien, cela permet d’enlever la mauvaise réputation qu’ils peuvent avoir. »

Un projet d’équithérapie. Avec la mairie de Cagnes-sur-Mer, l’hippodrome, l’association Ôtrement et Cheval à la Source (Laetizia Parbot), Cœur de Course a signé une convention pour faire participer les réformés à l’équithérapie. Ludivyne Crépeau nous a confié : « Le but du jeu est d’intégrer les pur-sang à l’équithérapie et aux soins. Les chevaux se soignent grâce aux gens et les gens se soignent grâce aux pur-sang. Nous avons déjà fait des sessions avec des enfants qui venaient de milieux défavorisés, qui n’ont souvent jamais vu un cheval en vrai. Et c’était très intéressant car les chevaux n'ont pas vraiment l’habitude de voir des enfants, et ces enfants non plus. Nous allons aussi travailler avec des femmes souffrant de cancers féminins, ou victimes de violences conjugales, ou bien encore des victimes des attentats de Nice. Nous espérons vraiment que la situation sanitaire se débloque très vite pour pouvoir reprendre ce beau projet. »