EMIRATES POULES D’ESSAI J -1 : Vous voulez un partant dans les Poules ? Voici le mode d’emploi !

Courses / 14.05.2021

EMIRATES POULES D’ESSAI J -1 : Vous voulez un partant dans les Poules ? Voici le mode d’emploi !

EMIRATES POULES D’ESSAI J -1

Vous voulez un partant dans les Poules ? Voici le mode d’emploi !

Pour vous, Adrien Cugnasse s’est plongé dans la liste des partants 2021, en analysant six critères. Avec un message : vous aussi, vous pouvez gagner la Poule.

Le programme classique sert à sélectionner les futurs reproducteurs en faisant émerger les meilleurs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre filière (européenne) sait très bien le faire. Mais le plus grand challenge de notre temps, au-delà de la sélection, est bien sûr d’attirer de nouveaux propriétaires et éleveurs pour faire vivre le sport hippique. Pour celui qui ne fait pas partie des superpuissances du galop international, prendre part aux Poules d’Essai est un événement important et une source de motivation considérable dans sa vie de propriétaire et/ou d’éleveur. Sans compter les retombées positives en matière d’images : oui, il est toujours possible de rêver au galop !

1. Il vient très majoritairement des ventes

Si vous êtes un propriétaire actif en France, vous achetez probablement en priorité des chevaux avec les primes… à condition qu’ils soient proposés un jour ou l’autre sur un ring ! Dimanche, 21 des 26 partants sont issus des ventes publiques, dont 10 en provenance d’Arqana. C’est beaucoup (81 %).

Comparativement, seulement 44 % des partants des Guinées anglaises ont été proposés à la vente. Outre-Manche, il est donc deux fois plus difficile de s’asseoir à la table des grands, même si on en a les moyens.

En enlevant les deux chevaux à plus d’un million, le prix moyen du ticket d’entrée à ParisLongchamp est de 95.000 € (lors du premier passage en vente publique). Cette moyenne n’est pas forcément très révélatrice, car les prix sont très hétérogènes. Ce qui est plus intéressant, c’est que sur les 21 sujets de vente, 8 ont coûté moins de 50.000 €. Six entre 51.000 € et 100.000 €. Et 7 plus de 100.000 €.

2. Il n’appartient pas forcément aux superpuissances du galop

À Newmarket, c’est un peu le cas. Quinze des vingt dernières éditions des 2.000 et 1.000 Guinées ont été remportées par les superpuissances du galop international. Contre sept sur vingt pour les Poules. En plus des allocations, c’est sans aucun doute l’un des meilleurs arguments pour promouvoir les courses françaises !

Et sur le programme de dimanche à ParisLongchamp, on trouve une réelle diversité, avec trente-quatre propriétaires (dont beaucoup en association) représentés au départ. Et ce, sans compter les nombreux porteurs de parts des écuries de groupe. Si le cheikh Mohammed et les associés de Coolmore apparaissent deux fois, ils ne sont pas les seuls dans ce cas. C’est aussi le cas de la famille Chehboub, de Sol Kumin et de Prime Equestrian.

3. Son coût de revient est trois fois moindre que celui des Guinées !

On le sait, il n’est jamais évident de calculer le coût de revient d’un galopeur si l’on n’a pas les factures devant soi. Néanmoins, les prix de saillies sont un bon indicateur. Leur prix moyen est de 35.000 € dans les Poules… contre plus de 100.000 € pour les partants des Guinées. Voilà un élément révélateur !

Treize des vingt-six partants (50 %) des Poules sont éligibles aux primes françaises. Cela vous paraît peu ? Sachez que seulement 24 % des concurrents des Guinées sont nés en Grande-Bretagne… Deux fois moins donc.

Il faut souligner la performance d’élevage tout à fait remarquable de Lady O’Reilly. Elle est l’éleveur de trois espoirs classiques : Philomène (en association avec les Monceaux), Normandy Bridge (en association avec le Mézeray) et Prince Lancelot (en totalité). Chapeau !

4. Plus d’une fois sur trois, il est issu d’un étalon français

À Newmarket, seulement 4 des 25 partants étaient issus d’étalons anglais. Dimanche, 10 poulains et pouliches sont des produits d’étalons français (soit 38,4 %).

On compte 3 Siyouni (Pivotal), stationnés au haras de Bonneval et deux Kendargent (Kendor). L’étalon du haras de Colleville est aussi le père de mère de Sealiway (Galiway). Deux autres sires sont présents à plus d’une reprise. Lope de Vega (Shamardal), le fer de lance de Ballylinch Stud, a deux partants. Tout comme le surprenant Sir Prancealot (Tamayuz). À cause de son pedigree peu avenant, ce cheval vite et précoce a commencé sa carrière à seulement 6.000 € chez Tally-Ho Stud, avant de descendre à 5.000 € et d’être finalement exporté en Californie. À ce tarif, il a obtenu des résultats assez exceptionnels : 9,8 % de black types par partants, pour un total de 24 produits ayant déjà décroché du caractère gras.

Enfin, on remarquera que Wootton Bassett (Iffraaj) a conçu, alors qu’il officiait au haras d’Étreham, deux partants dans les Guinées. C’est suffisamment rare – chez un étalon français – pour être souligné.

5. Allez les régions !

Cette année, Chantilly et Maisons-Laffitte représentent douze partants, contre huit français "autres que parisiens" (30 % du total), quatre irlandais et deux anglais.

Sur les dix dernières années, les régions et Paris sont à égalité dans les Poules : neuf victoires partout. Et deux seulement pour les étrangers.

C’est une belle performance pour les entraîneurs du Sud et de l’Ouest, souvent vus à leur avantage avec les jeunes chevaux… Après tout, ne dit-on pas que les Poules sont les dernières courses de 2ans de chaque génération ?

Outre-Manche, les belles épreuves étaient souvent (aussi) un match entre Newmarket et le reste de l’Angleterre, le Nord ayant amélioré la qualité de ses chevaux au fil du temps. Mais aujourd’hui, la question ne pose plus vraiment. Les Anglais se demandent surtout s’ils vont réussir à gagner : les étrangers, en particulier les Irlandais, ont remporté 75 % des vingt dernières éditions des Guinées. En France, imaginez le tollé si nous n’avions gagné que cinq des vingt Poules de la décennie passée…

6. Il est en 47 de valeur moyenne

Forcément, après avoir fait le panégyrique de l’accessibilité des classiques français, il faut bien sûr admettre que le corollaire est un niveau en général plus faible qu’en Angleterre. Cela se vérifie assez bien chez les mâles cette année : 10 poulains étaient en 50 ou plus à Newmarket, contre 3 à ParisLongchamp. Boostée par la présence des deux Irlandais, la moyenne des ratings est de 48,7 dans la Poule d’Essai des Poulains. Celle des concurrents français est de 47,5.

La différence est moins nette chez les femelles cette année, avec 3 pouliches en 50 ou plus des deux côtés de la Manche. La moyenne des partantes des 1.000 Guinées était de 47,3 contre 47 pour celles de la Poule d’Essai des Pouliches. Sans les étrangères, on redescend à 46,4.