En examen

Courses / 12.05.2021

En examen

Mercredi après-midi, le procureur de la république du tribunal judiciaire de Senlis a annoncé aux médias que Pierre-Charles Boudot et Pierre Bazire étaient mis en examen. Le premier pour viol. Et le second pour non-dénonciation de crime. Les deux jockeys sont également placés sous contrôle judiciaire. Et, selon les termes du communiqué, la mesure de contrôle judiciaire « implique notamment, pour Pierre-Charles Boudot, l’obligation de ne pas paraître dans le département de l’Oise et l’obligation de verser un cautionnement d’un montant de 50.000 € ». Ces deux mises en examen concernent des « faits de viol susceptibles d’avoir été commis dans la nuit du 17 au 18 février 2021 », la victime étant « une jeune femme majeure exerçant la profession de cavalière d’entraînement ».  Elle « dénonçait aux services de police de Cagnes-sur-Mer » les faits.

Entre lundi matin et mercredi matin, Pierre-Charles Boudot et Pierre Bazire avaient été placés en garde à vue à la gendarmerie de Chantilly, à l’issue d’une « enquête préliminaire ouverte du chef de viol » qui avait donné lieu à « un très grand nombre d’auditions ». Concernant Pierre-Charles Boudot, cette affaire fait écho à une plainte précédemment déposée pour des faits similaires, remontant à 2015.

Hier, le président de France Galop a déclaré qu’il souhaitait que la société-mère se porte partie civile dans les deux dossiers, celui de 2021 et celui de 2015, pour avoir accès à toutes les informations. Et à l'heure où nous bouclons ces lignes, le juridictionnel de France Galop finissait de se réunir pour décider d'éventuelles sanctions à l'encontre des deux pilotes. Nous vous tiendrons informés très rapidement si de nouvelles informations nous parvenaient. 

Le texte du Procureur de la République

« Le 19 février 2021, une jeune femme majeure exerçant la profession de cavalière d’entraînement dénonçait aux services de police de Cagnes-sur-Mer des faits de viol susceptibles d’avoir été commis dans la nuit du 17 au 18 février 2021 par un jockey dont l’identité a été révélée par la presse s’agissant de Pierre-Charles Boudot.

À la suite d’un dessaisissement du parquet de Grasse (06) au bénéfice de celui de Senlis (60) à raison de la domiciliation habituelle du mis en cause et de la plaignante, une enquête préliminaire, ouverte du chef de viol, était confiée à la brigade de recherche de la compagnie de Gendarmerie de Chantilly (60).

À l’issue d’un très grand nombre d’auditions, les enquêteurs procédaient, le 10 mai 2021, au placement en garde à vue de M. Pierre-Charles Boudot et d’un autre jockey, là encore identifié par la presse, en la personne de Pierre Bazire.

Ce jour, 12 mai 2021, le parquet de Senlis a requis l’ouverture d’une information judiciaire :

- Contre Pierre-Charles Boudot, des chefs de viol et subornation de témoin ;

- Contre Pierre Bazire, des chefs de non-empêchement de crime et non-dénonciation de crime - Contre X, des chefs de menaces ou actes d’intimidation visant la victime d’un crime.

Le magistrat instructeur a arrêté les décisions suivantes :

- À l’encontre de Pierre-Charles Boudot : mise en examen du chef de viol et placement sous le statut de témoin-assisté du chef de subornation de témoin

- À l’encontre de Pierre Bazire : mise en examen du chef de non-dénonciation de crime et placement sous le statut de témoin-assisté du chef de non-empêchement de crime.

Conformément aux réquisitions du parquet, Pierre Bazire – sur décision du juge d’instruction – et Pierre-Charles Boudot – sur décision du juge des libertés et de la détention – ont été placés sous contrôle judiciaire. Ainsi que cela avait été requis par le parquet, cette dernière mesure implique notamment, pour Pierre-Charles Boudot, l’obligation de ne pas paraître dans le département de l’Oise et l’obligation de verser un cautionnement d’un montant de 50.000 €.

L’information judiciaire se poursuit. À ce jour, Il n’est pas possible d’en préciser le terme.

Il est rappelé qu’aux termes des dispositions du Code de procédure pénale, peut être mise en examen, toute personne à l’encontre de laquelle il existe “des indices graves et concordants” d’avoir participé à la commission d’une infraction pénale. Une mise en examen ne permet pas de préjuger de la décision finale à intervenir au terme de la procédure. Les personnes mises en examen demeurent présumées innocentes jusqu’à leur éventuelle condamnation définitive. La diffusion “par quelque moyen que ce soit ou quel qu’en soit le support (…) de renseignements concernant l’identité ou l’image identifiable” d’une victime d’une infraction sexuelle, “sans son consentement” constitue un délit puni et réprimé par la loi du 29 juillet 1881. »