Derek Lodge : « Kennella est le premier cheval que nous ayons élevé »

Élevage / 20.05.2021

Derek Lodge : « Kennella est le premier cheval que nous ayons élevé »

LE PROPRIÉTAIRE DE LA SEMAINE

Derek Lodge : « Kennella est le premier cheval que nous ayons élevé »

Avec Kennella, Derek Lodge a touché du doigt le rêve classique. Trois jours après la troisième place de sa pouliche dans l’Emirates Poule d’Essai des Pouliches (Gr1), le propriétaire anglais a répondu à nos questions.

Un propriétaire comblé

« C’est un sentiment incroyable. J’étais avec des amis devant la télévision. C’était l’effervescence ! J’ai acheté sa mère en 2015 et elle nous avait vraiment fait plaisir. Ella Diva (Heliostatic) a gagné cinq courses, dont le Prix des Jouvenceaux et des Jouvencelles (L). Malgré des offres importantes, nous avons choisi de la garder, pour élever. C’est la première fois que nous faisons cela… et Kennella est le premier cheval que nous ayons élevé ! Elle a vu le jour chez la famille Campos. Le fait que Kennella réussisse aussi bien, c’est un sentiment très fort. Cela donne des idées à mon fils. Il a une jument de course en Angleterre qu’il va envoyer chez les Campos l’an prochain pour devenir poulinière. »

Les premiers pas en France

« Il y a une douzaine d’années, j’ai acheté un cheval avec un ami et nous l’avions confié à Éric Danel, basé à Deauville. J’adore prendre part aux meetings français. Cela fait vingt ans que je vais à Deauville en compagnie de mes fils et de mes amis. Nous jouons le matin au golf avant d’aller aux courses l’après-midi. C’est l’occasion de faire la fête ! J’aime aussi beaucoup Vichy et j’apprécie d’ailleurs l’action de Philippe Bouchara. Cagnes-sur-Mer est aussi un meeting que nous ratons rarement. Si bien qu’un jour, nous avions acquis un cheval – en Angleterre – pour courir sur la Côte d’Azur. Et à la fin du meeting nous avons pris la décision de le laisser en France à l’entraînement. Le véritable tournant a été ma rencontre avec Nicolas Caullery et Marine Henry. Petit à petit, ils sont devenus mes principaux entraîneurs. Ils ont commencé avec une petite entreprise. Mais ils sont en croissance et nous faisons partie des propriétaires qui profitent de cette dynamique. Désormais, chez eux, nous avons plus de chevaux et de meilleure qualité. Nicolas a le même âge que mon fils et ils sont amis. Nous allons tous ensemble à Cheltenham par exemple. »

Les opportunités du système français

« Le Covid est un vrai problème car je ne peux pas voir mes chevaux en France. Mais en temps normal, c’est très facile. J’habite dans le sud de l’Angleterre et il me suffit de prendre le bateau entre Newhaven et Dieppe. Cela me permet de faire le voyage régulièrement. Malheureusement, tout cela n’est pas possible en 2021. Heureusement, je suis venu deux fois l’année dernière, à Deauville et Vichy. Le système français donne une chance à tous les propriétaires. Et pas seulement à une élite. J’ai pris beaucoup de plaisir avec mes chevaux à l’entraînement en France. Mon intérêt n’a cessé de grandir, même si nous restons une petite casaque. En Angleterre, j’ai eu un bon cheval, Beaubrav (Falbrav). Après sept victoires anglaises, je l’ai fait venir en France, où il a gagné une bonne course à conditions sur l’hippodrome de Chantilly. À présent, avec Kennella, nous allons probablement viser le Prix de Sandringham (Gr2). Peut-être qu’un jour, nous pourrons la rallonger, car cela lui donnera d’autres opportunités. Mais c’est trop tôt pour le faire. Nous aurions pu aller sur les Coronation Stakes (Gr1). Mais cela venait trop tôt. Peut-être courra-t-elle un jour en Angleterre. Ceci étant dit, nous sommes très heureux de la voir courir en France. »

Nicolas Caullery : « De vrais sportsmen ! »

« Derek Lodge, sa famille et ses amis sont des sportsmen. Ils aiment la compétition et tous les sports. Un lien d’amitié s’est noué et en dehors des périodes de Covid, nous nous voyons régulièrement. Cette année, nous essayons de compenser en communiquant beaucoup. Dès le premier jour, à l’écurie, Kennella a montré beaucoup de qualité. C’est une pouliche dure, avec de la vitesse. C’est formidable d’avoir deux chevaux pour les classiques la même année. Ils tirent l’écurie vers le haut. Cela récompense l’effort fait pour avoir plus de jeunes chevaux. Dans le Prix du Jockey Club (Gr1), j’espère que Fort Payne (Rio de la Plata) fera aussi – voire mieux – que Kennella ! »