Les carnets de Solène Hudbert : en immersion en Irlande

International / 04.05.2021

Les carnets de Solène Hudbert : en immersion en Irlande

GODOLPHIN FLYING START

Solène Hudbert est l’une des deux Françaises à suivre le Godolphin Flying Start. Elle raconte la fin de sa première année passée, Covid oblige, en Irlande.

« Nous voici en avril, notre première année touche presque à sa fin. Comme nous nous en doutions, la pandémie ne s’est pas arrêtée durant le printemps, et nous avons dû faire une croix sur notre départ aux États-Unis. Une fois la déception passée, nous avons tout de même utilisé notre temps à bon escient. Bien entendu, la direction du programme s’était préparée à cette éventualité et tout était prêt pour le cas où nous devions rester en Irlande.

Ce qui est incroyable, aujourd’hui, c’est que la technologie nous a permis de suivre tout le programme académique aux États-Unis, comme si nous y étions. Nous avons donc pu suivre comme prévu le module de nutrition équine dispensé à l’Université du Kentucky, et le Racing Officials Accreditation Program, qui n’est autre que le cours permettant de devenir commissaire en Amérique. Nous avons également eu l’opportunité de rencontrer virtuellement de nombreux leaders de la filière américaine : Jack Wolf, le fondateur de Starlight Racing, le syndicat américain propriétaire du champion Justify ; Michael Behrens, fondateur de MyRacehorse, le syndicat le plus abordable des États-Unis proposant des microshares et mis en lumière l’année dernière par le vainqueur du Kentucky Derby Authentic, qui n’avait pas moins de 5.314 propriétaires. Nous avons eu la chance de discuter avec un grand nombre d’entraîneurs, notamment Brendan Walsh ou Mark Casse, et de directeurs de grands haras comme ceux de Three Chimneys, Lane’s End ou Airdrie Stud. L’avantage avec ces rencontres virtuelles, c’est que nous ne nous limitons plus au Kentucky, comme ce serait le cas si nous étions sur place, et nous avons pu nous connecter avec des entraîneurs en Floride ou en Californie par exemple.

Des poulinages… Sur un point de vue plus "terrain", nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer. Nous étions tous en rotation pratique tous les matins dans différents endroits. Pour ma part, j’ai eu la chance de commencer à Baroda Stud, connu en Irlande pour ses très bons résultats aux ventes, et notamment naisseur du très bon Cloth of Stars. J’ai beaucoup appris au côté de David et Tamso Cox, qui m’ont vraiment permis d’expérimenter tous les différents aspects du haras.

J’ai ensuite enchaîné avec les nuits de poulinages à Kildangan Stud. Ce qui est incroyable avec Godolphin, c’est quand on réalise la qualité des chevaux avec lesquels on travaille. J’ai, par exemple, assisté au premier poulinage de la bonne Morgan le Faye, qui était entraînée par monsieur Fabre et que je me souviens avoir admirée à Longchamp, mais j’ai aussi vu naître les frères et sœurs de Masar, gagnant du derby d’Epsom, et de Sublimis entre autres.

… Aux pistes du Curragh. J’ai passé quelques semaines à travailler avec les juments et les poulains à Kildangan Stud et Ragusa Stud, l’une des annexes de Godolphin, ponctuées notamment de nombreuses inspections de foals avec les managers de Godolphin Ireland, Joe Osborne et Jimmy Hyland.

Enfin, après toute cette immersion du côté de l’élevage, j’ai été ravie de me rediriger vers mon premier amour : l’entraînement. J’ai passé près d’un mois chez Willie McCreery, qui entraîne environ 75 chevaux sur le Curragh. Willie est très connu en Irlande pour travailler pour les éleveurs, il entraîne donc majoritairement des pouliches pour des grandes casaques (Godolphin, Niarchos…) avec lesquelles il va essayer de décrocher du black type ou décider de directement les envoyer au haras. Ce fut une expérience très intéressante, avec un œil assez différent de ce que j’ai appris jusqu’ici. J’ai eu énormément de plaisir à monter sur les plaines du Curragh, et à faire canter en essayant d’éviter les moutons : c’était, pour le moins qu’on puisse dire, très éloigné du calme plat des pistes cantiliennes !

Nos rotations pratiques ont maintenant touché à leur fin, et certains des Flying Starts sont retournés dans leur pays d’origine, en vue de notre stage de fin d’année. Pour ma part, je suis encore en Irlande, où je monte tous les matins chez Johnny Murtagh. Nous avons encore quelques cours, et à la mi-mai je m’envolerai pour Newmarket, pour passer 7 semaines en stage chez William Haggas. Nous avons encore beaucoup de belles choses à venir, et nous sommes confiants sur le fait de pouvoir partir en Australie au mois d’août. Quant aux États-Unis, nous avons toujours espoir de nous y rendre au printemps 2022. Avec un peu de chance, d’ici là, la pandémie sera derrière nous, et Godolphin aura une nouvelle possibilité de gagner son premier Kentucky Derby, après le bel essai, malheureusement infructueux, d’Essential Quality le week-end dernier. »