Les pur-sang arabes offrent un autre titre à Al Nabooda et O’Shea aux Émirats

19.05.2021

Les pur-sang arabes offrent un autre titre à Al Nabooda et O’Shea aux Émirats

Cela fait un moment que l’on connaît l’issue du classement émirati. Khalid Khalifa Al Nabooda galope vers la victoire chez les propriétaires. Et Tadgh O’Shea chez les jockeys. Ils confirment ainsi leur domination sur les courses locales. Le championnat des entraîneurs, en revanche, a longtemps été indécis, avec deux anciens lauréats en lice : Doug Watson et Ernst Oertel. Le dernier meeting de la saison, à Al Ain le 9 avril, a été décisif. Ernst Oertel n’a pas pu refaire son retard sur Doug Watson. Ce dernier s’impose avec une victoire d’avance.

Les Émirats Arabes Unis ont la particularité de mélanger courses de pur-sang arabes et de pur-sang anglais dans leurs classements. Cela rend les performances des trois lauréats encore plus impressionnantes. Par ailleurs, on notera à quel point les chevaux arabes ont été importants dans l’accession au titre, Al Nabooda et Oertel dominant la scène locale de longue date avec cette race.


Avec 39 victoires, Khalid Khalifa Al Nabooda décroche un quatrième titre en cinq ans. C’est 12 succès de mieux que Godolphin et 15 de plus qu’Al Adjban Stables. La majorité de ses succès ont été acquis avec des chevaux élevés aux Émirats Arabes Unis. C’est un autre motif de satisfaction, dans ce pays autrefois considéré comme impropre à l’élevage des chevaux de course. Khalid Khalifa Al Nabooda a reçu son trophée à Meydan le 8 avril. Il l’a dédié à la mémoire de Son Altesse le cheikh Hamdan bin Rashid Al Maktoum, ancien ministre des finances des Émirats Arabes Unis et vice-président de Dubai. Il a dit : « Le cheikh Hamdan a fait beaucoup pour les courses aux Émirats. Il a énormément soutenu l’élevage du pur-sang arabe, avec Son Altesse le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, un autre grand soutien du pur-sang arabe aux Émirats Arabes Unis et dans le monde. Je leur dédie cette récompense, ainsi qu’à toute l’équipe qui œuvre en coulisse : l’entraîneur, les jockeys et le personnel d’écurie. »

Comme lors de la saison précédente, son meilleur cheval fut le 6ans AF Alwajel (AF Al Buraq). Il n’a pas quitté le podium lors de ses tentatives au niveau Groupe de la saison. Et il a gagné la H.H. Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan National Day Cup (Gr3PA) ainsi que l’Al Ruwais (Gr3PA), deux épreuves d’Abu Dhabi. Le cheval semblait pouvoir rester invaincu cette saison dans la Dubai Kahayla Classic (Gr1 PA). Mais dans les 200 derniers mètres, Deryan (Mahabb) a pris le meilleur. Néanmoins, AF Alwajel a prouvé qu’il était bien plus qu’un sprinter. Sa saison à venir sera orientée sur cet objectif.

Autre élément clé de cette réussite : Tadgh O’Shea. Il a enregistré son neuvième titre chez les jockeys, surpassant le record de sept championnats détenus par Ted Durcan. Il a atteint le cap des 600 victoires émiraties cette saison et devient donc de loin le jockey ayant connu le plus de réussite. Son coup de deux à Abu Dhabi, pour le dernier meeting de la saison, le 4 avril, a été décisif. La victoire d’AF Alajaj (AF Albahar) pour le tandem Al Nabooda & Oertel a créé la différence. Le pilote, parmi ses 47 succès, compte celui en selle sur Secret Ambition (Exceed and Excel) dans le Godolphin Mile (Gr2), lors de la réunion de la Dubai World Cup. Il a déclaré : « Six cents, c’est incroyable ! Comme je le dis toujours, j’ai le travail le plus facile : je n’ai qu’à faire le tour de la piste. C’est toute l’équipe en coulisse, avec les chevaux, qui fait le plus dur. »

Ernst Oertel a raté de peu son quatrième titre chez les entraîneurs. Doug Watson a pris l’ascendant après la cinquième course à Al Ain. S’il a surtout entraîné des pur-sang anglais à Red Stables, il a aussi quelques pur-sang arabes sous sa responsabilité. Et Sauternes Al Maury (Mahabb) a apporté sa pierre à l’édifice. Doug Watson est désormais le leader aux Émirats et ce septième titre lui donne une avance sur les six sacres de Satish Seemar.

L’entraîneur a dit : « Nous avons une équipe et des propriétaires exceptionnels. Ils ont été fantastiques. Tout le monde travaille sept jours sur sept. Nous avons réussi à surmonter les contraintes de la Covid. Heureusement, tout le monde va bien. Et les chevaux vont dans le bon sens. Mais ce fut parfois difficile. »

Le meilleur cheval – selon les gains – est Messi (Dahess), lauréat de la H.H. Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown (Gr1 PA). Chez les locaux, la palme revient au quadruple lauréat Somoud (Munjiz), sous l’entraînement de Jean de Roüalle pour Yas Racing. Vu uniquement à Abu Dhabi, il n’a été battu que lors de la grande course de cet hippodrome. Il a gagné deux Grs1 PA, conservant son titre dans l’Emirates Championship sur 2.200m. Par Munjiz (Kesberoy), sa mère, Wadya (Akbar), a gagné en débutant en France. Elle s’est imposée à quatre reprises aux Émirats Arabes Unis, toujours sur 2.200m à Abu Dhabi.

L’étalon tête de liste – par le nombre de victoires – est AF Al Buraq (Amer). C’est son quatrième titre. Élevé par Al Nabooda, il n’a couru qu’une fois, finissant troisième de l’Abu Dhabi Classic sur le mile. L’étalon est disponible en Europe et ces trois dernières saisons, il officiait au haras de Saint-Faust sous la bannière de Shadwell. Pour 2021, il est basé en Angleterre…