Yoeri Mathijs : « J’ai eu la chance de monter Amer »

18.05.2021

Yoeri Mathijs : « J’ai eu la chance de monter Amer »

Entraîneur depuis 2018, Yoeri Mathijs est installé à Lamorlaye avec une vingtaine de chevaux. Outre ses pur-sang, pour le plat et pour l’obstacle, l’entraîneur est le seul Cantilien à avoir des pur-sang arabes dans son effectif.

Tout plaquer pour vivre des chevaux. C’est la décision qu’a prise Yoeri Mathijs, alors âgé de 26 ans à l’époque. Originaire de Belgique, celui qui entraîne désormais des chevaux de course à Lamorlaye était étudiant aux Beaux-Arts et se destinait, dans un premier temps, à devenir architecte. Il nous a raconté : « Je suis passionné par l’art mais j’ai toujours voulu faire quelque chose avec les chevaux. Et je ne sais pas pourquoi car je n’ai jamais monté à cheval avant ! » Yoeri Mathijs a fait la rencontre d’un propriétaire de chevaux arabes destiné au show : « J’ai été fasciné par les pur-sang arabes ! J’ai donc commencé à monter à cheval pour le plaisir, puis j’ai acheté des jeunes chevaux arabes. » Plus tard, Yoeri s’est rendu aux courses sur l’hippodrome de Sterrebeek, en Belgique : « Cela m’a encore plus attiré. J’ai donc tenté ma chance et j’ai tapé aux portes. On m’a rapidement donné une chance. Au départ, j’étais bénévole car je n’avais aucune expérience. J’ai appris à monter des chevaux de course. Cela s’est très bien passé… C’était comme si j’étais fait pour ça. J’ai aussi monté un peu en course pendant un an, pour me faire plaisir. »

Les voyages comme formation. Après cette première expérience belge, Yoeri Mathijs a pris l’avion pour l’Angleterre : « Je voulais aller à Newmarket. Là-bas, j’ai travaillé pour Gillian Hay, l’entraîneur de Son Altesse le cheikh Abdullah bin Khalifa Al Thani. C’était une vraie chance de travailler pour eux. Être au service d’un cheikh permet de côtoyer les meilleurs chevaux. J’ai pu monter l’excellent Amer (Waki), qui est à l’origine d’un très grand nombre de pur-sang arabes… » En Angleterre, Yoeri Mathijs a aussi travaillé pour le cheikh Hamdan Al Maktoum. Il précise : « J’ai travaillé pour Shadwell avec les pur-sang arabes. J’y ai aussi fait du préentraînement et du débourrage. Et pendant plusieurs années, je passais six mois à Newmarket et six mois à Dubaï... J’étais l’assistant entraîneur de Gillian Duffield. »

Après Dubaï, l’entraîneur belge a aussi profité d’une expérience dans le domaine de l’obstacle : « Ce fut une expérience enrichissante. J’ai vraiment adoré cela. Mais je ne suis pas resté longtemps car c’était très difficile financièrement d’habiter dans la région de Brighton. »

Fort de ces différentes expériences, Yoeri Mathijs a tenté sa chance en France. Il a notamment travaillé pour André Fabre où il est resté environ cinq ans. Il raconte : « Dans cette écurie, j’ai aussi beaucoup voyagé ! J’ai notamment accompagné Byword (Peintre Célèbre) à la Breeders' Cup en 2011. Nous y étions allés avec Brigantin (Cozzene) et Announce (Selkirk). Avec Byword je suis aussi parti à Hongkong pour la Hong Kong Cup (Gr1). C’étaient deux très belles aventures. Après, je suis retourné en Angleterre chez Simon Crisford. »

Un grave accident. Quelques mois après son arrivée chez Simon Crisford, Yoeri Mathijs a été victime d’un accident qui a failli l’éloigner pour toujours des chevaux. Il nous a raconté : « Cet accident n’a pas de rapport avec les chevaux. J’ai eu la moelle épinière brisée et j’ai galéré deux ans et demi. J’étais paralysé jusqu’au cou. Je ne pouvais plus marcher… Mais comme j’ai un grand caractère, j’ai réussi à me relever. Je devais être en chaise roulante tout le reste de ma vie. Mais maintenant j’arrive même à monter à cheval. » Bien que l’entraîneur ait encore des séquelles de cet accident, il arrive à monter son poney et à suivre ses chevaux à l’entraînement : « Je préfère être à cheval pour voir les entraînements. Lorsqu’on est à pied, sur les pistes, ce n’est pas pareil. Avec mon poney, je peux suivre mes chevaux. J’essaye de monter trois ou quatre lots, quand il ne fait pas trop froid. » Malgré sa situation, Yoeri Mathijs ne s’est pas laissé abattre. En 2018, il passe sa licence d’entraîneur, qu’il obtient. Il nous a raconté : « J’ai été contacté par Marcel Muzy, qui m'a demandé si je voulais prendre ma licence. Je lui ai répondu favorablement. Il possède l’élevage de Bozouls, dans l’Aveyron. C’est un passionné de pur-sang arabes. »

De toutes les disciplines. Pour Firmin Covinhès, Yoeri Mathijs entraîne Isis de Linsou (Al Mamun Monlau), qui a débuté par une septième place le 17 avril à Bordeaux-Le Bouscat. Pour l’élevage de Bozouls, il peut compter sur Horus de Bozouls (Muguets de Pascade) et Ismée de Bozoul (Muguets de Pascade).  Il nous a confié : « À l’écurie, j’ai cinq pur-sang arabes. Deux ne sont pas encore dans ma liste car ils ne sont pas débourrés. Je compte le faire moi-même car j’ai tout ce qu’il me faut pour le faire. Je trouve cela intéressant de connaître les chevaux depuis le début. » Dans son effectif, Yoeri Mathijs peut aussi compter sur treize chevaux appartenant à Marc-Élie Uzan : « J’ai rencontré Marc-Élie Uzan car j’étais à la recherche d’une nouvelle écurie. Il m’a proposé la sienne, dans laquelle je suis actuellement, et m’a aussi proposé d’entraîner ses chevaux. J’aime la France. J’aime aussi l’Angleterre mais ici, à Chantilly, nous avons les meilleures infrastructures. J’adore cet endroit. Après avoir vu toutes les pistes, la forêt, je n’ai pas eu envie d’être ailleurs. C’est l’idéal pour entraîner les chevaux, aussi bien les chevaux arabes que les autres… »