À LA UNE  Isabelle Gallorini, sans concession

Courses / 27.06.2021

À LA UNE Isabelle Gallorini, sans concession

Mercredi dernier, Isabelle Gallorini a remporté son premier Groupe avec Belle Promesse (Fuissé), lauréate à Auteuil du Prix Christian de Tredern (Gr3). Un moment attendu depuis longtemps par la Royannaise qui n’a jamais lâché prise, malgré un parcours semé d’embûches.

Par Alice Baudrelle

Isabelle Gallorini aura dû attendre 17 ans pour gagner son premier Groupe, elle qui a sellé son premier partant en 2004. Elle avait bien failli y parvenir en 2017 avec Saint Call (Saint des Saints), battu d’une courte encolure par le champion Device (Poliglote) dans le Prix Hypothèse (Gr3). Mais pour elle, sa véritable carrière d’entraîneur a débuté il y a quatre ans : « J’ai passé ma licence en 1998, mais je ne me suis pas installée tout de suite. Après, j’ai fait du pré-entraînement, je n’avais qu’un cheval. Ensuite j’en ai eu deux, puis trois… J’ai construit ma carrière très progressivement. Ma vraie installation a débuté il y a quatre ans dans ma nouvelle écurie, à La Palmyre. Désormais, je peux travailler normalement, au lieu d’être toujours un peu itinérante avec mes chevaux. Avant, il fallait que je les emmène en camion à l’hippodrome pour pouvoir les monter ! Je suis très contente de ma petite écurie qui est en cours d’agrandissement, dans le but d’avoir 34 boxes. Pour moi, c’est le maximum : je n’ai pas du tout envie d’avoir 60 chevaux ou plus. Pour le moment, j’en ai 20 à l’entraînement, mais j’attends quelques poulains qui vont revenir du pré. »

Belle Promesse, une jolie vitrine pour les écuries de groupe. Avant mercredi, Isabelle Gallorini avait déjà placé plusieurs de ses pensionnaires sur le podium à ce niveau : outre Saint Call, deuxième du Prix Hypothèse (Gr3), il y a eu Bénie des Dieux (Great Pretender), troisième du Prix André Michel (Gr3), ou encore El Gringo (Kamsin), deuxième du Grand Prix de Pau (Gr3). Cette première au niveau Groupe aurait d’ailleurs dû arriver plus tôt, car Isabelle a entraîné plusieurs futurs lauréats de Gr1 qui ont été exportés : Gaillard du Mesnil (Saint des Saints), Klassical Dream (Dream Well) et Bénie des Dieux, qui ont performé au niveau Groupe en France avant d’être vendus à l’étranger et de continuer à progresser, puisqu’ils ont remporté 11 Groupes à eux trois !

Elle nous a dit : « Cette première au niveau Groupe m’apporte beaucoup de satisfaction, évidemment ; même si j’avais déjà récolté plusieurs accessits à ce niveau, que ce soit en obstacle ou dans les Groupes AQPS. Vu la réussite de mes anciens pensionnaires qui ont été exportés, à l’image de Bénie des Dieux, Gaillard du Mesnil ou encore Klassical Dream, je pense que j’aurais pu gagner un Groupe avant. Ce sont des chevaux dont je connaissais le potentiel et qui confirment ce que je pensais d’eux, donc ça me fait très plaisir. »

La satisfaction d’Isabelle Gallorini est d’autant plus grande que Belle Promesse est à l’entraînement chez elle depuis le début : « Quand on façonne un cheval depuis le départ, c’est encore plus gratifiant. Au-delà de cette victoire de Groupe, c’est surtout la continuité du travail qui me plaît. Belle Promesse gravit les échelons et va toujours vers le haut : c’est pour ça que je fais ce métier. Pour avoir des chevaux qui progressent tout le temps. Cela me fait plaisir pour tout le monde, pour l’écurie d’Obstacle XXL qui remporte son premier Groupe également. Cette autre forme de propriétariat est tout à fait complémentaire avec le propriétariat "classique". Il faut attirer différents types d’acquéreurs, et ce type d’écuries ont toute leur légitimité dans le paysage actuel des courses. C’est une manière de faire entrer un maximum de novices sans pression dans un milieu très fermé, et de leur donner envie, peut-être, de prendre leur propre casaque dans le futur s’ils le souhaitent. Cette victoire de Gr3 prouve que les écuries comme celles-ci peuvent avoir de très bons chevaux à haut niveau : c’est une belle vitrine pour les écuries de groupe. Je suis contente de travailler avec Jean-Marc Baudrelle, qui est copropriétaire et éleveur de la jument. Il a davantage l’habitude de gagner en tant qu’entraîneur également, c’est une autre perspective ! » Outre Belle Promesse, Isabelle s’est également illustrée à bon niveau cette année avec True Tiger (Jukebox Jury), troisième du Prix Questarabad (Gr3) et quatrième des Prix Alain du Breil (Gr1) et Amadou (Gr2).

Vingt ans de ténacité. Isabelle Gallorini a dû attendre 20 ans pour prendre possession de sa nouvelle écurie. Elle a pensé une fois partir, mais son attachement à la région et son opiniâtreté ont été plus forts : « À la base, je n’étais pas venue à Royan pour son centre d’entraînement. Je suis partie en vacances là-bas, et j’ai eu un coup de foudre ! La région est très agréable, le climat est top : on est au bord de l’océan, on a un très bon air… Il m’a fallu attendre 20 ans pour obtenir des boxes à La Palmyre. J’ai fait plusieurs demandes qui n’ont pas abouti, mais je n’ai pas lâché le morceau. Une seule fois, il y a 13 ans, j’ai pensé aller m’installer à Saint-Paul-lès-Dax dans les Landes, une région que j’aime beaucoup également. Mais à la base, je n’avais pas envie de partir, d’autant que ma fille avait seulement deux ans à l’époque. En fin de compte, je me suis dit que j’allais faire ce que je voulais, donc rester à Royan. Et maintenant, j’ai mon écurie ! »

Royan, une réussite qui n’est pas due au hasard. Isabelle Gallorini cohabite donc sur les pistes avec Hector de Lageneste et Guillaume Macaire, Arnaud Chaillé-Chaillé et Thomas Fourcy. Entre eux, il existe un vrai respect mutuel : « Nous essayons de sortir nos lots un peu en décalage, afin de pouvoir travailler comme chacun le souhaite. Nous sommes quatre mais nous ne pourrions pas être cinq, car l’utilisation des pistes est maximale. Cela fait presque 25 ans qu’on se connaît, puisque j’ai travaillé avec eux par le passé. Nous sommes concurrents désormais, mais il y a quand même un respect mutuel entre nous. Guillaume Macaire et Arnaud Chaillé-Chaillé, chez qui j’ai travaillé, ont suivi mon évolution et savent que ça n’a pas été du "tout cuit" pour moi. Je n’ai pas de complexe par rapport à mes collègues ; j’essaye d’entraîner mes chevaux au mieux, de faire le moins d’erreurs possible et de m’entourer de la meilleure équipe. Je préfère être entourée de gens performants que le contraire. Franchement, cette concurrence me plaît bien ! »

Pour Isabelle, la réussite des entraîneurs de Royan s’explique en partie par la sélectivité de leur piste : « Je pense que notre piste est très sélective car elle est naturelle. Mais il faut bien la connaître pour travailler les chevaux de manière adaptée ; sinon, on risque le surentraînement. Cette piste est tellement exigeante et technique qu’elle amène les chevaux en condition d’elle-même. Il faut des années pour la connaître. Et puis nous avons un bon air, celui de l’océan, qui est à dix minutes en vélo. C’est un air sain, ce qui est important pour les sportifs de haut niveau que sont les chevaux de course. »

L’observation, un sens transmis de père en fille. Quand on a un père qui s’appelle Jean-Paul Gallorini, il n’est pas facile de se faire sa propre place dans le milieu, surtout en tant que femme. Isabelle y est pourtant parvenue, malgré des débuts difficiles : « Au début, mon père n’était pas très chaud pour que je fasse ce métier, car il en connaissait évidemment bien les difficultés. Mais il m’a vue galérer et m’accrocher pendant des années, car je n’ai pas eu de bons chevaux tout de suite. Il m’a aidée au début en me donnant d’anciens bons chevaux en fin de carrière comme Icarro (Mansonnien), qui m’ont permis de me faire la main et qui ont rattrapé mes erreurs. Après, j’ai eu des chevaux plus jeunes, mais limités. Je les voyais meilleurs qu’ils ne l’étaient, car je n’avais pas trop de recul. Un jour, mon père m’a dit quelque chose qui m’a marquée : "Tu es un bon entraîneur, tu arrives à gagner des courses avec des chevaux de selle ! Quand tu auras de vrais chevaux de course, ce sera beaucoup plus facile." Ensuite, j’ai eu des chevaux à la fois plus jeunes et meilleurs, et je me suis rendu compte qu’il avait raison. J’ai eu la chance aussi d’entraîner à la fin de sa carrière Coralhasi (Kahyasi), qui m’a offert ma première victoire premium à Enghien en 2013. Et quelques années plus tard, Chinco Star (Malinas), avec lequel j’ai remporté, entre autres, le Grand Steeple-Chase de Bordeaux (L), Ami Sol (Solon), qui m’a offert mon premier Quinté à Enghien, et Solonder (Solon), qui m’a fait gagner deux courses à Auteuil. »

Même si Jean-Paul Gallorini suit de près les résultats de sa fille, il intervient très peu dans sa carrière professionnelle : « De temps à autre, en debriefing de course, il m’envoie un petit texto avec des remarques qui prêtent à réflexion. Évidemment, je me rends compte qu’il a raison ! Pour moi, le métier d’entraîneur s’apprend au fil des années et de l’expérience. C’est un métier de compétition, et la compétition, c’est la sélection ! Il faut certes de bons chevaux pour réussir, mais aussi des propriétaires qui vous font confiance et une bonne équipe avec soi. Ce que j’ai retenu le plus au contact de mon père, c’est l’observation et la rigueur. L’entraînement est un métier d’observation, où il n’y a pas de place pour l’aléatoire. Dès qu’on se laisse un peu aller, tout va tout de suite moins bien. Il faut être hyper rigoureux, en commençant par soi-même avant de l’exiger des autres. Au fil des années, je suis devenue quasiment aussi perfectionniste que mon père. Parfois, je m’écoute parler le matin et je me dis : "On dirait mon père" ! C’est le travail quotidien qui paye, il ne faut jamais se relâcher. Surtout dans la discipline de l’obstacle, où l’on est vite remis à sa place. Il faut tellement de choses qui aillent dans le même sens pour gagner une course, alors qu’il suffit d’un grain de sable dans l’engrenage pour que tout s’écroule. Il faut donc être exigeant avec soi-même et régulier dans son travail, et ne jamais rien lâcher. »

Les vertus des médecines holistiques. Isabelle Gallorini a conscience d’entraîner des athlètes de haut niveau et fait régulièrement appel aux médecines holistiques pour les préparer : ostéopathie, shiatsu, hydrothérapie… : « Mon but est de faire faire une vraie carrière sportive à mes chevaux, en les faisant évoluer sur la durée. Les footballeurs ou les rugbymen, par exemple, ont un staff autour d’eux à leur service pour les préparer physiquement et mentalement. Ils ont un ostéopathe, des massages sportifs … Les chevaux sont eux aussi des athlètes de haut niveau ; un muscle est un muscle ! J’ai moi-même fait beaucoup d’athlétisme, donc j’essaye de m’inspirer aussi de ma propre expérience. Les chevaux n’ont pas demandé à intégrer une écurie de course, donc c’est à nous de tout faire pour les mettre en confiance et les rassurer. J’essaye de m’adapter à chaque cheval. Après, on peut faire tout ce qu’on veut, tout le monde n’est pas fait pour être un sportif de haut niveau. Comme je dis souvent : "Tout le monde peut taper dans un ballon, mais tout le monde n’est pas Zidane !". »

Malgré tout, Isabelle n’hésite pas à faire de la sélection dans son effectif : « Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je fais de la sélection également, et peut-être même plus que certaines grosses écuries ! Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir de bons chevaux, d’autant que je n’en veux pas beaucoup. Si je vois que malgré tous mes efforts, un cheval ne progresse pas, je ne vais pas m’acharner indéfiniment. J’essaye de leur trouver une bonne famille par mes propres moyens ou par le soutien du réseau d’Au-delà des Pistes, pour leur offrir une nouvelle vie. La sélection se fait également sur l’équipe : j’essaye de m’entourer de cavaliers et de jockeys qui montent comme je le souhaite, qui sont à l’écoute, qui ont un bon esprit et qui s’investissent dans l’écurie. J’ai des profils différents de propriétaires : certains qui ont des chevaux depuis 40 ans, mais aussi des nouveaux, une écurie de Groupe… Ils sont tous sensibilisés à ma manière de travailler, et nous collaborons en totale transparence. »

Les cinq chevaux les plus marquants de sa carrière

En l’espace de 17 ans, Isabelle Gallorini a entraîné de nombreux très bons chevaux. Alors forcément, quand on lui demande de n’en choisir que cinq, le choix est cornélien ! Après réflexion, voici sa sélection…

BEHASNI

« La plupart des gens ne se souviennent pas de lui, mais Behasni (Kahyasi) fut mon tout premier cheval. Je l’avais acheté à l’écurie Zingaro. C’était un cheval très compliqué, qui n’a couru qu’en plat. J’ai gagné deux courses avec lui, à ParisLongchamp et à Angers. Ensuite, il a conclu troisième du Prix du Carrousel (L), et j’ai même couru le Prix du Cadran (Gr1) avec lui. Behasni avait de la qualité, mais il était rétif : ç’a été un travail énorme pour le faire gagner. Il ne voulait rien donner, et j’ai dû négocier avec lui. Il a fallu qu’il me fasse confiance, car il n’était pas trop copain avec l’homme. Il y a eu un gros travail de fusion entre lui et moi pour qu’il ait envie de se livrer, et le résultat m’a encouragée dans ma manière de travailler. Les chevaux sont des animaux généreux, ils ne demandent qu’à bien faire, mais il ne faut pas leur demander ce qu’ils sont incapables d’offrir. Behasni ne m’a pas tout donné, mais quand même assez pour qu’on soit contents tous les deux ! »

BÉNIE DES DIEUX

« Bénie des Dieux, c’est ma première championne. Comme je le disais souvent à l’époque, c’était moi qui étais bénie des dieux de l’avoir dans mes boxes ! Au début, elle était très compliquée. Elle avait un physique hors normes, elle pesait environ 550 kilos. C’était une pouliche très tardive : j’ai dû lui prodiguer beaucoup de soins naturels pour l’aider à supporter l’entraînement. Elle avait beaucoup de force et d’immaturité ; très gentille, tout en étant très brutale dans ses réactions… Elle a gagné dès sa troisième sortie en plat, à Clairefontaine, avant de débuter victorieusement en obstacle à Auteuil de bout en bout deux mois plus tard. Ce jour-là, c’était ma première victoire à Auteuil, un moment extraordinaire ! Vu son physique, je ne pouvais pas l’entraîner comme je l’aurais voulu ; or, un cheval "normal" n’aurait jamais pu boucler un tour à Auteuil avec l’entraînement qu’elle avait. Elle a confirmé ensuite, avant d’être vendue en fin d’année de 4ans. Quand elle est partie en Irlande, ç’a été très dur pour moi : le garçon de voyage de Willie Mullins s’en souvient encore ! J’étais très attachée à elle, d’autant que je n’avais que six chevaux à l’époque. Bartabas a quand même été sympa car il avait eu des offres pour Bénie des Dieux quand elle avait 3ans, et il me l’avait laissée une année avant de la vendre. Quand je vois tous les Grs1 qu’elle a gagnés, je ne suis pas étonnée. Je savais que c’était une championne ! »

EL GRINGO

« Quand El Gringo est arrivé à l’écurie, c’était un tout petit cheval. Il était un peu fainéant et faisait ce qu’il voulait : il fallait le bluffer tout le temps car il faisait le minimum le matin, et du coup, il était un peu compliqué à préparer. Il n’avait heureusement pas un grand modèle, mais il lui fallait toujours une course ou deux pour arriver au top. Il a gagné pour moi en plat, en haies et en steeple, s’imposant notamment dans le Prix Camille Duboscq (L), sans oublier sa deuxième place dans le Grand Prix de Pau (Gr3). El Gringo a beaucoup compté pour moi, car je l’ai eu à l’entraînement pendant plusieurs années. Il a énormément évolué et a gravi les échelons au fur et à mesure, jusqu’au niveau Groupe. Nous avions des sueurs froides en regardant ses courses car parfois, en face, il était archi battu ! Heureusement, Thomas Beaurain le connaissait par cœur et ne lâchait pas le morceau ; à un moment, il enclenchait et il gagnait, mais un autre jockey l’aurait arrêté ! C’est un cheval polyvalent, et une vraie petite balle de ping-pong sur les obstacles. »

SOL BLADE

« Sol Blade est un très, très bon cheval, mais il est très difficile à gérer. À 3ans, il était incontrôlable ; là, à 7ans, ça va beaucoup mieux, même s’il est resté difficile. Il a eu de gros problèmes de santé, mais sans cela, il serait devenu un cheval de Groupe. Il a gagné six courses, dont cinq de suite en plat, haies et steeple. Son propriétaire a un esprit sportif et aime les challenges. Je le fais courir en plat pour l’économiser, car il est extrêmement fragile. Sol Blade a droit à un entraînement sur mesure et a beaucoup de soins naturels : de l’hydrothérapie tous les deux jours, des massages et du solarium tous les jours, beaucoup d’ostéopathie… Je l’entraîne pour lui, j’avise au jour le jour. C’est un cheval qui a un gros moteur et qui est très généreux. D’un côté, il est très dur, mais de l’autre, il est très émotif. Quand on gagne avec des chevaux comme lui, c’est tout le travail de l’équipe qui paye. »

BELLE PROMESSE

« Quand Belle Promesse est arrivée à l’écurie, elle n’était pas facile du tout. Elle a un caractère très affirmé, c’est elle qui décide de tout ! Si quelque chose ne lui plaît pas, elle peut vite se contracter. Mais plus le temps passe, plus elle progresse. Elle est incroyable : à chaque fois, elle fait quelque chose de mieux que lors de sa course précédente. Pour moi, elle a encore une belle marge de progression, que ce soit au niveau du physique ou du reste. Elle sera encore meilleure à l’automne, et même l’année prochaine. Sa grande force, c’est son mental : dès son arrivée, j’ai vu qu’elle avait un mental hors normes. Même si Belle Promesse gérait mal son influx en étant dans la précipitation, elle n’avait déjà besoin de personne. Elle allait devant, elle travaillait toute seule… Mis à part le physique, elle me fait penser à Bénie des Dieux. Avec elles, c’est noir ou blanc, mais pas gris ! Elles font comme elles ont décidé et prennent leurs responsabilités. D’ailleurs, Bénie des Dieux allait aussi devant en course, et qui m’aime me suive ! »