À  la Une :  Maggie, la grande dame des courses s’en est allée

Courses / 28.06.2021

À la Une : Maggie, la grande dame des courses s’en est allée

C’est une grande dame de l’obstacle français, une grande dame des courses, qui nous a quittés à l’âge de 92 ans. Magalen Bryant est morte paisiblement chez elle, aux États-Unis, dans la nuit de dimanche à lundi. Sa casaque bleu clair à losange gros bleu avec une toque rouge a marqué une époque. D’ailleurs, sa présence à Auteuil ou Pau ne passait pas inaperçue car elle et sa famille arboraient un chapeau rouge aux courses, clin d’œil à la toque de l’écurie familiale. Sa passion pour l’obstacle, elle l’a développée en montant elle-même à cheval, dans les fameuses timber races et en allant aux courses dans sa Virginie natale, fief de la discipline. C’est de son père qu’elle a hérité sa passion pour les courses d’obstacle : George Lewis Ohrstrom Sr. Ce dernier a d’ailleurs développé l’obstacle en Virginie. En France, elle a monté l’une des écuries d’obstacle les plus puissantes à partir des années 80. Une écurie qui a connu les plus grands succès en s’appuyant sur de nombreux professionnels. Sa famille va poursuivre son œuvre hippique.

La fidélité, son crédo. Maggie Bryant a fait son apparition à haut niveau dans les courses d’obstacle françaises avec Morespeed (Pharly). Ce dernier a notamment gagné sur les haies d’Auteuil sous l’entraînement de Jehan Bertran de Balanda. Avec le professionnel mansonnien, elle a brillé dans le Prix La Haye Jousselin (Gr1) grâce à Turgot (Turgeon). Turgot avait aussi gagné le Prix Ferdinand Dufaure (Gr1) 2001 avec un certain Dominique Bressou en selle. D’une grande fidélité, Magalen Bryant a toujours récompensé les jockeys qui ont gagné pour elle en leur mettant des chevaux à l’entraînement une fois qu’ils étaient passés de l’autre côté de la barrière. C’est ainsi qu’elle a envoyé des chevaux chez Dominique Bressou, lequel a eu son champion Milord Thomas (Kapgarde), lauréat du Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) et de trois Prix La Haye Jousselin, sous sa responsabilité. Le Grand Steeple justement, Magalen Bryant l’a remporté à trois reprises avec So French (Poliglote), double gagnant et donc Milord Thomas. Elle a aussi brillé avec Blue Dragon ** (Califet), vainqueur de huit Groupes dont les Prix Alain du Breil et Renaud du Vivier (Grs1) pour Guy Cherel, lequel a aussi entraîné pour elle les deux gagnants de Grs1 Extrême Cara (Hurricane Cat) et Salder Roque (Muhtathir). L’un des principaux jockeys de Blue Dragon a été David Cottin et là encore, elle l’a récompensé en lui envoyant nombre de chevaux avec lesquels elle a trusté les succès à Pau mais pas seulement. En effet, pour l’entraîneur cantilien, elle a connu le succès avec la prometteuse Matilda du Berlais ** (Martaline) cette année.

Une écurie qui a mis sur orbite de nombreux professionnels. Les entraîneurs ayant fait briller les couleurs Bryant ont été très nombreux. Outre les Guy Cherel, Guillaume Macaire, David Cottin, Dominique Bressou, elle a aussi collaboré longuement avec Marcel Rolland avec de grandes victoires à la clé grâce à la souche de la famille Besnouin, celle de Saint du Chenet (Poliglote), gagnant du Grand Prix d’Automne, Tanaïs du Chenet ** (Poliglote), lauréate du Prix Cambacérès (Grs1), ou encore Ma Royale (Garde Royale), deuxième du Grand Steeple-Chase de Paris, et Hôtesse du Chenet (Martaline), lauréate de quatre Groupes… Avec Hercule Noir (Rochesson), elle a permis à Yannick Fouin de remporter son premier Groupe dans le Prix des Drags (Gr2). Ce dernier a aussi enlevé le Prix Cambacérès (Gr1) pour la grande dame américaine avec Royal Honor (Highest Honor). Pour Guillaume Macaire, elle a vécu de grands moments grâce aux élèves de Benoît Gabeur, So French, Device (Poliglote), Whetstone ** (Saint des Saints) ou encore Want of a Nail (Kapgarde). Des succès qu’elle a bâtis avec l’aide de ses hommes de confiance, David et Richard Powell en tête. Mais si elle a tout gagné, ou presque, en obstacle en France, en haies, en steeple et en cross, elle a aussi atteint un haut niveau en plat.

Le plat ne lui était pas inconnu. Évidemment, quand on pense à Magalen Bryant, on pense à l’obstacle à cause de ses multiples Chevaux d’or dans la spécialité, de ses triomphes à Auteuil, mais elle s’est également distinguée en plat. Avec V.E. Day (English Channel), elle a remporté les Travers Stakes (Gr1) en 2014. En France, on l’a vu collaborer avec Alain de Royer Dupré, Stéphane Wattel, qui était l’entraîneur de Boris de Deauville (Soviet Star), triple vainqueur de Groupe, mais aussi François Rohaut, qui entraînait Sandy’s Charm, gagnante du Prix de Lieurey (Gr3). Et puis certains l’ont peut-être oublié, mais c’est elle qui a élevé le champion Pennekamp (Bering), gagnant des 2.000 Guinées (Gr1), du Prix de la Salamandre et des Dewhurst Stakes (Grs1). Magalen Bryant était une vraie femme de cheval, d’une infinie bonté et d’une grande fidélité. Elle va manquer aux courses.

À sa famille ainsi qu’à ses proches, Jour de Galop adresse ses condoléances les plus sincères.

Quelques dates-clés

  • Premier Groupe en France le 25 mars 2001 avec Saint Réalisé (Saint Preuil), vainqueur du Prix Fleuret (Gr3) sous la coupe de Marcel Rolland, puis du Prix Jean Stern (Gr2) un mois plus tard.
  • Le 27 mai 2001, Turgot (Turgeon), entraîné par Jehan Bertran de Balanda, offre un premier sacre au plus haut niveau sur notre sol à Magalen Bryant dans le Prix Ferdinand Dufaure (Gr1).
  • Trois ans et demi plus tard, Turgot lui offrira également un premier sacre dans le Prix La Haye Jousselin (Gr1) ; une course que Magalen Bryant a remportée à nouveau trois années de suite avec le même cheval, le champion Milord Thomas (Kapgarde). Ce pensionnaire de Dominique Bressou lui offrira d’ailleurs son premier Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1), en 2015.
  • Magalen Bryant gardera son titre dans le Grand Steeple en 2016 et 2017 grâce à So French (Poliglote), entraîné par Guillaume Macaire.
  • En 2021, la casaque de Magalen Bryant a brillé trois fois au niveau black type à Auteuil avec Matilda du Berlais ** (Martaline), gagnante des Prix Wild Monarch et Haras d’Étreham Prix d’Iéna (L) sous l’entraînement de David Cottin, et Air Commodore (Hunter’s Light), lauréat du Prix Général de Rougemont (L) sous la coupe de Daniela Mele.

Autres victoires de Groupe

- Ceux qui ont au moins gagné un Gr1

Royal Honor (Prix Cambacérès, Gr1)

Tanaïs du Chenet (Prix Cambacérès, Gr1 & Prix Orcada, Gr3)

So French (Prix Maurice Gillois, Gr1, Prix Murat, Gr2 & Prix Morgex, Gr3)

Saint du Chenet (Prix Ferdinand Dufaure et Grand Prix d’Automne, Grs1, Prix Jean Stern, Gr2 & Prix Fleuret et Carmarthen, Grs3)

Salder Roque (Prix Alain du Breil, Gr1 & Prix de Longchamp, Gr3)

Extrême Cara (Prix Cambacérès, Gr1 & Prix Georges de Talhouët-Roy, Gr2)

Milord Thomas (Prix Maurice Gillois, Gr1, Prix Héros XII à deux reprises et Ingré, Grs3), Gustavian (Lonesome Glory Hurdle, Gr1)

Whetstone ** (Prix Ferdinand Dufaure, Gr1, Prix Jean Stern, Gr2, Prix Duc d’Anjou, Fleuret et Bournosienne, Grs3).

- Ceux qui ont au moins gagné un Gr2

Device (Prix Georges de Talhouët-Roy et Amadou, Grs2, Prix Général de Saint-Didier, d’Indy, de Pépinvast, de Maisons-Laffitte, Pierre de Lassus, Juigné, Hypothèse, de Compiègne et Carmarthen, Grs3)

Hercule Noir (Prix des Drags, Gr2), Laterano (Prix Jean Stern, Gr2 & Prix Duc d’Anjou, Gr3)

Personal Start (David Semmes Memorial Stakes, Gr2),

- Ceux qui ont au moins gagné un Gr3 

Ma Royale (Prix Ingré, Gr3)

Dica de Thaix (Prix La Périchole, Gr3)

Gaelic Océan (Prix de Pépinvast, Gr3)

Viviane Royale (Prix Bournosienne, Gr3)

Westonne (Prix Fleuret, Gr3)

Royale François (Prix La Périchole, Gr3)

Taikun Tino (Prix Général de Saint-Didier, Gr3)

Off by Heart (Prix La Périchole & Prix Edmond Barrachin, Grs3)

Forthing (Grand Prix de Pau, Gr3 à deux reprises)

Mister Gyor (Grande Course de Haies de Printemps, Gr3)

Want of a Nail (Prix Bournosienne, Gr2, Prix Haras d’Étreham - Prix Magne, Gr3)

Hôtesse du Chenet (Prix Bournosienne, Gr2, Prix Général de Saint-Didier, de Chambly et Magne, Grs3).