Coronation Cup (Gr1) : Pyledriver et William Muir, la patience récompensée

International / 04.06.2021

Coronation Cup (Gr1) : Pyledriver et William Muir, la patience récompensée

Epsom (GB), vendredi

C’est après 31 ans de carrière que l’entraîneur William Muir a enfin touché son cheval de Gr1. Pyledriver (Harbour Watch) a saisi sa chance quand Al Aasy (Sea the Stars) est venu l’attaquer à 400m du but. Le favori a pris l’avantage pendant un court instant au poteau des derniers 200m, mais il n’a pas pu donner un second coup de reins, car Pyledriver, calé le long du rail, a réagi en vrai battant. C’est par une encolure que Pyledriver a permis à Martin Dwyer, le beau-fils de William Muir, de compléter le coup de trois dans les Grs1 d’Epsom après les Oaks de Casual Look (Red Ransom) en 2003 et le Derby de Sir Percy (Mark of Esteem) en 2006. Son dernier succès au top niveau remontait à 2011, lorsqu’il avait gagné le Gran Criterium à San Siro associé à la pouliche Nayarra (Cape Cross). Martin Dwyer a monté une course offensive, attaquant à mi-parcours la pouliche Albaflora (Muhaarar), très jouée suite à l’assouplissement de la piste. Le terrain n’a pas aidé Japan (Galileo), qui a fait illusion l’espace d’un instant, mais s’est avoué battu aux derniers 400m, tandis que son frère, Mogul, n’a jamais quitté les derniers rangs. Pyledriver n’a pas volé la course. L’année dernière, il avait gagné les King Edward VII et les Great Voltigeur (Grs2) avant de se classer troisième dans le St Leger (Gr1). Il avait mal couru dans le Derby, mais il avait contre lui le fait d’avoir couru à Royal Ascot.

Changement payant. William Muir a expliqué : « J’ai pris ma licence en 1990 et je suis passé près d’une victoire de Gr1 à quelques reprises. C’est désormais chose faite. J’ai une pensée pour Cris Grassick, mon associé, qui est dans la profession depuis cinq minutes et a déjà gagné son Gr1. Bravo à lui ! Il devait se rendre à Bath, où nous avions un partant aujourd’hui. Jeudi, j’ai rencontré les propriétaires à la station-service et c’est là que nous avons décidé de changer la tactique et le mors. Pyledriver est un cheval courageux et très dur. Son programme était déjà décidé en début de saison, après sa rentrée dans les Jockey Club Stakes (Gr2), il avait la Coronation Cup (Gr2), ensuite les Hardwicke Stakes (Gr2) à Royal Ascot et les King George (Gr1). Il faudra penser aussi au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1), si le Covid nous laisse voyager. » Quelques bookmakers proposent une cote de 33/1 pour la course phare de ParisLongchamp.

Le Havre, un premier Gr1 en tant que père de mère. Pyledriver offre un premier Gr1 à Le Havre (Noverre), étalon au haras de Montfort & Préaux… en tant que père de mère ! Les éleveurs de Pyledriver (Knox & Wells Limited, R. Devlin) n’ont trouvé personne pour l’acheter 10.000 Gns en décembre 2017 chez Tattersalls… et ils l’ont donc envoyé à l’entraînement ! Sa mère, La Pyle (Le Havre), est connue en France pour avoir gagné en valeur 35. Elle tenait 2.400m et a été exportée outre-Manche pour l’obstacle. Pyledriver est son premier produit.

La deuxième mère, Lidana (King’s Best), a gagné une fois à 2ans pour la casaque Aga Khan. C’est pour 140.000 Gns (171.000 €) qu’elle a été dénichée par Sylvain Vidal chez Tattersalls en décembre 2009. Pour Gérard Augustin-Normand, elle a produit Mont Ormel (Air Chief Marshal), lauréat du Grand Prix de Paris (Gr1) avant de partir pour Hongkong, et Normandel (Le Havre), achetée par Ballylinch Stakes, et gagnante ensuite des Park Express Stakes (Gr3, 1.600m).

Le 2ans de La Pyle, un poulain par Oasis Dream (Green Desert), a connu le même sort. L’année dernière, il n’a pas trouvé preneur dans le book 2 de Tattersalls en octobre, où il n’a pas atteint son prix de réserve de 120.000 Gns (146.500 €). La Pyle a une yearling par Frankel (Galileo).