David Cottin et ses bébés champions

Courses / 10.06.2021

David Cottin et ses bébés champions

David Cottin et ses bébés champions

Salomé Lellouche

C’est dans l’ancienne écurie de Jean de Roüalle, rue Charles Pratt à Lamorlaye, que David Cottin a posé ses valises en 2018. Particulièrement bien armé en 3ans, il sellera samedi à Auteuil Paradiso, Matilda du Berlais, La Boétie et Saintamarin, au départ du Prix Aguado (Gr3) et du Haras d’Étreham Prix Sagan (Gr3).

 Environ quatre-vingts chevaux sont présents dans cette écurie, dont la cour principale est en U. Outre les chevaux, elle abrite de gigantesques chênes et une piste de marche en copeaux de bois, qui contourne un gazon taillé au millimètre. Il est 6 h 45, et tout le monde s’active pour seller la vingtaine de chevaux du premier lot. Les jockeys Kevin Nabet et Félix de Giles sont présents. David Cottin, en bon maître des lieux, nous fait faire le tour du propriétaire. Paradiso (Kapgarde) occupe le box le plus près du bureau. Il est à l’affût du moindre commérage. Les femelles Matilda du Berlais (Martaline), La Boétie (Saint des Saints) et Saintamarin (Soave) ont quant à elles, une vue plus large sur la cour.

 Qui m’aime me suive. Casque et toque verte sur la tête, bottines Aigle et blouson bleu, David Cottin enjambe son poney. Il est 7 h. Il guide ses troupes jusqu’aux pistes d’obstacles, situées au cœur des Réservoirs, à quelques foulées de sa structure. Bientôt, il sera même encore plus proche du centre d’entraînement puisque l’entraîneur vient d’acquérir l’écurie de David Smaga, dont l’entrée est voisine de l’une des portes principales des Réservoirs, nommée en l’honneur du champion Katko (Camarthen). Après un tour et demi au galop de chasse, les chevaux viennent finir leur détente au trot dans un rond, au milieu des pistes.

 Les dames d’abord ! Matilda du Berlais, La Boétie et Saintamarin sont les premières à se mettre au boulot. Un tour sur les petites haies avant de faire un effort plus poussé sur les moyennes. Les pouliches effectuent un bon travail sous le regard attentif de l’entraîneur à cheval, avec mention très bien pour Saintamarin. Mais pour David Cottin, pas de doute concernant ses pensionnaires : « Des trois, ma préférence va à Matilda du Berlais. Nous attendons avec impatience le Prix Sagan. C’est une championne. » Une quinzaine de minutes plus tard, Paradiso s’élance, un peu fougueux, suivi de quatre de ses camarades pour faire exactement le même travail que les pouliches. Enfin, les autres chevaux sautent en file indienne les obstacles du steeple-chase avant de retourner aux écuries pour un moment de détente bien mérité. Après la douche, tout le monde broute de l’herbe. L’un d’entre eux profite même de l’herbe encore fraîche pour se rouler. Tout cela bien sûr encadré par son cavalier d’entraînement, du staffy affectueux nommé Owen et d’une jeune américaine staff très joueuse.

 Matilda la championne. Dans le Prix Wild Monarch des pouliches, Matilda du Berlais a réalisé une grande performance. Et la représentante de Magalen Bryant a su répéter cet exploit en mettant près de dix longueurs à sa compagne d’entraînement La Boétie dans le Haras d’Étreham Prix d’Iéna (L). David Cottin analyse : « C’est une pouliche qui n’est pas spécialement précoce. Mais elle progresse de course en course. Matilda du Berlais a fait une démonstration la dernière fois et elle est restée en grande forme. Elle prend de la force et de la maturité. C’est une championne et elle a des points communs avec sa mère Nikita du Berlais ! Déjà, l’équilibre. Et aussi de la facilité dans son galop. Elle saute vraiment super bien. »

 Vers un trio Cottin dans le Prix Sagan. David Cottin présentera les trois pouliches dans le Prix Sagan : « Santamarin est en belle forme. C’est une pouliche qui sera meilleure à l’automne car elle apprécie les pistes profondes. Mais elle est aussi performante sur une piste ferme. » La pouliche de Thierry Storme vient de se classer troisième du Haras d’Étreham Prix d’Iéna (L) derrière Matilda du Berlais et La Boétie. Concernant La Boétie, David Cottin nous a dit : « Elle a un peu moins de classe que Matilda du Berlais. Mais la pouliche est quand même très bien. Je pense qu’elle devrait une nouvelle fois bien courir. Cela étant, il y a toujours de bonnes pouliches dans ce genre de courses. Elles sont importantes pour leur carrière de poulinière. Les pouliches sont souvent bien préparées pour ce Gr3, donc il ne faudra négliger personne. En tout cas, les nôtres sont en très bonne forme et pourraient continuer sur leur lancée. » Quand nous demandons à David Cottin si ses trois pouliches peuvent prendre toutes les places du podium du Sagan, il nous répond avec un sourire qui en dit long !

La Ferrari Paradiso. Paradiso n’est pas très grand. Il ressemble même plus à un cheval de plat qu’à un cheval d’obstacle ! Mais en piste, il s’est montré irréprochable, notamment en survolant le Prix Stanley (L) lors de sa deuxième sortie. Invaincu, le représentant de Génétique Obstacle sera au départ du Prix Aguado (Gr3). David Cottin détaille : « C’est une Ferrari ! J’ai rarement vu un poulain qui accélère aussi vite. Il n’a pas de défaut et il sait suivre tous les trains. Nous espérons que tout va bien se passer dans le Prix Aguado. Nous allons préparer gentiment l’automne avec lui. J’ai adoré sa performance dans le Prix Stanley car le poulain avait bien progressé. Et il va encore progresser sur cette course. Paradiso avait vraiment sprinté pour finir. Il me paraît en très belle forme. Il n’est pas très grand mais est assez important. Là, il s’est affiné. Le poulain s’économise beaucoup durant le parcours et après, il a une action qui est incroyable. L’objectif de l’année est le Prix Cambacérès (Gr1). Après, il faut aussi lui faire passer un bon été. Mais il n’y a pas de raison que ça n’aille pas car Paradiso est sain. »