Iresine, le premier gagnant de Groupe du haras de Grandouet

Élevage / 14.06.2021

Iresine, le premier gagnant de Groupe du haras de Grandouet

Iresine, le premier gagnant de Groupe du haras de Grandouet

Dimanche à ParisLongchamp, Iresine (Manduro) a fait forte impression lors de sa victoire dans La Coupe (Gr3). Le cheval a offert un premier succès de Groupe par la même occasion à ses éleveurs, Pierre Joyaux et la baronne Marie-Louise Van Dedem, du haras de Grandouet.

Paysagiste de renommée internationale, Pierre Joyaux a acheté avec Marie-Louise Van Dedem le haras de Grandouet il y a cinq ans, à Cambremer. C’est là qu’est né Iresine, acheté 6.000 € yearling à Arqana par Jean-Pierre Gauvin et désormais lauréat de Gr3 ! Pierre Joyaux avait d’ailleurs acquis la mère d’Iresine, Inanga (Oasis Dream), à Arqana : « Je l’avais achetée 22.000 € à la vente d’élevage alors qu’elle était pleine pour la première fois de Tin Horse (Sakhee), lors de la réduction d’effectif de la marquise de Moratalla. Elle n’avait pas montré grand-chose en compétition, mais c’était la propre sœur d’un double placé de Gr3, In Chambers. Son premier produit n’a pas couru, et le deuxième est donc Iresine. Quand il était petit, on nous avait dit qu’il ne serait jamais un bon cheval ! Nous avions envoyé Inanga à la saillie de Manduro (Monsun), car le simulateur de croisement leur était favorable, et que l’étalon était stationné près de chez nous. Inanga a une 2ans par Joshua Tree (Montjeu), qui est elle aussi à l’entraînement chez Jean-Pierre Gauvin, ainsi qu’un foal par Chemical Charge (Sea the Stars). Nous ne l’avons pas fait saillir cette année, afin de la laisser un peu tranquille. »

Le déclic avec Haya Landa. Pierre Joyaux est un passionné de longue date, qui a toujours monté à cheval. Il y a quelques années, il a découvert les courses grâce à Odette Fau et son mari : « Je les ai rencontrés par le biais de mon travail, à l’époque où ils avaient Haya Landa (Lando). Ils m’ont proposé de venir avec eux à Chantilly pour la suivre. La jument a terminé quatrième du Prix de Diane (Gr1), et nous avons fêté cela ensemble le soir même. C’est ce soir-là qu’on m’a donné ma première poulinière, Dioblues (Touch of the Blues). Odette Fau et son mari nous ont conseillé d’aller à Deauville pour acheter des juments. Au début, nous avons commencé à élever dans le centre de la France, puis nous avons trouvé ces terres extraordinaires en Normandie et nous nous sommes installés à Cambremer. J’ai acheté cinq ou six juments dont une grande sœur de Trêve (Motivator), Tocqueville (Numerous), qui n’a malheureusement pas bien produit. Je n’ai jamais investi de très grosses sommes dans mes achats, car je n’avais pas les moyens. Mais j’ai acheté des juments issues de très grandes maisons comme la marquise de Moratalla, Wertheimer & Frère, la famille Head… Je suis très intéressé par les pères de mère. Nous avons des mères par Siyouni (Pivotal), Kendargent (Kendor), Dalakhani (Darshaan)… Le père de mère d’Iresine, Oasis Dream (Green Desert), est l’un des meilleurs. »

Un véritable loisir. Pierre Joyaux et Marie-Louise Van Dedem n’ont pas l’intention pour autant d’agrandir considérablement leur élevage. Pour eux, c’est un vrai loisir : « Nous ne cherchons pas à avoir un élevage classique ni à battre tous les records. Nous attendions le bon cheval, et c’est Iresine qui est sorti. Nous sommes très heureux comme ça, nous nous amusons ! C’est surtout Marie-Louise qui s’occupe de l’élevage. Quand nous n’arrivons pas à vendre nos poulains, nous les faisons courir. Mais le propriétariat n’est pas ce qui nous passionne, nous sommes éleveurs avant tout. Nous ne sommes pas là pour faire fortune avec les chevaux : certains peuvent dépenser beaucoup d’argent, mais ce n’est pas notre cas. Nous sommes déjà très heureux d’avoir élevé un cheval de Groupe ! »