Le Magazine : Galileo face à Deep Impact, la bataille des géants

Élevage / 02.06.2021

Le Magazine : Galileo face à Deep Impact, la bataille des géants

Par Franco Raimondi

Il y a vingt ans, Galileo remportait le Derby d’Epsom. Samedi, il pourrait remporter pour la sixième fois le classique anglais en tant que père. Il ne serait alors plus qu’à une victoire de son grand rival japonais, Deep Impact, à qui Shahryar a offert dimanche dernier un septième succès dans le Tokyo Yushun. Il est ainsi passé devant son géniteur, le légendaire Sunday Silence (Halo).

Gagnants classiques : Galileo 41, Deep Impact 26. La comparaison entre les deux phénomènes de l’élevage est un jeu difficile. L’irlandais compte 16 générations de 3ans et plus, avec 2.337 produits en Europe plus 565 issus de ses cinq saisons en Australie qui ne rentrent pas dans les statistiques : quatre ont gagné au niveau classique mais aucun n’a brillé dans la pléthore de Derby là-bas. Le japonais a 11 générations de 3ans et plus pour 1.661 foals, c’est-à-dire 30 % de moins que son rival. La confrontation entre la réussite dans le terrain des gagnants classiques et des victoires est bien logiquement favorable à Galileo qui en aligne 41 (pour 51 succès), alors que Deep Impact est à 26 (pour 31 victoires) mais il faut prendre en considération un autre élément.

Deep Impact et sa réussite en Europe. Le nombre de classiques en Europe est beaucoup plus important : 23, si on tient compte du St Leger irlandais et du Prix Royal Oak qui sont aussi ouverts aux hongres et aux chevaux d’âge. Au Japon on a pris en repère les courses de la Triple couronne et de sa version au féminin, la Triple tiara. Le total s’élève à six épreuves. Les fils de Galileo ont donc eu le droit de courir dans 356 classiques alors que les Deep Impact en ont eu 64 à domicile. Galileo a gagné 14,3 % des classiques à disposition en Europe, Deep Impact affiche un monstrueux 42,1 % au Japon, et en sus de son score national, il a gagné les 2.000 Guinées avec Saxon Warrior, la Poule d’Essai des Pouliches avec Beauty Parlour, le Prix de Diane avec Fancy Blue et le Prix du Jockey Club avec Study of Man. Les produits de Deep Impact à l’entraînement en Europe ont été une petite cinquantaine alors que d’après le stud book japonais, les Galileo enregistrés sur l’île sont au nombre de 43, dont 22 ont gagné mais sans atteindre le niveau Groupe.

Galileo vs Deep Impact : les chiffres clés

Deep Impact Galileo
Générations 3ans et plus 11 16
Produits 1.661 2.337
Partants Derby 48 52
Gagnants Derby 7 5
Placés Derby (2-3) 6 9
Partantes Oaks 46 34
Gagnantes Oaks 4 4
Placées Oaks (2-3) 8 4
Gagnants classiques 26 41
Victoires classiques 31 51

De New Approach à Serpentine. On revient au Tokyo Yushun et au Derby, avec leurs annexes pour les femelles. En attendant la déclaration des partants de samedi à Epsom, Galileo est à 49 partants et il devrait arriver à 51 avec Bolshoi Ballet et l’outsider Lone Eagle. Il a eu au moins un partant dans le Derby à chaque édition mais le premier fut Sixties Icon, sixième en 2006 pour l’entraînement de Jeremy Noseda. Aidan O’Brien a figuré dans la colonne entraîneur de 41 partants, mais il a dû attendre 2010 pour une place dans les trois premiers, acquise par le leader At First Sight qui était à 100/1. Le premier Derby d’un Galileo entraîné à Ballydoyle est arrivé en 2013 avec Ruler of the World alors que Jim Bolger avait gagné en 2008 avec New Approach. Le record des partants de Galileo a été établi en 2019 avec six poulains : cinq de Ballydoyle et le Godolphin Line of Duty. Dans le quintet aligné en 2019 par Aidan O’Brien, en plus du gagnant Anthony van Dyck, il y avait trois autres futurs lauréats de Gr1 : Sovereign, Circus Maximus et Japan. Les pouliches par Galileo qui ont couru les Oaks sont au nombre de 33 et la première victoire est arrivée en 2012 avec Was. Les autres gagnantes sont Minding en 2016, Forever Together en 2018 et Love l’année dernière. Trois autres ont terminé dans le tiercé gagnant, toutes entraînées par Aidan O’Brien qui en a présenté 27 en tout.

Impacto, un tiercé dans le Tokyo Yushun. Au Japon, avec la limitation des chevaux sous la responsabilité des entraîneurs, il n’y a pas de concentration de la puissance de feu chez un petit cercle de professionnels. Les entraîneurs qui ont gagné le Tokyo Yushun avec un fils de Deep Impact sont au nombre de cinq. Le grand étalon Shadai a eu 48 partants et son record remonte à 2012 pour sa deuxième génération, quand il a eu sept candidats dont le gagnant Deep Brillante et le troisième Tosen Homareboshi. Deep Impact a enregistré le tiercé en 2016 avec Makahiki, Satono Diamond et Dee Majesty, un record auquel n'est jamais parvenu Galileo. Deep Impact a eu quatre gagnantes des Oaks et huit pouliches dans les trois premières, c’est-à-dire qu’il est responsable de douze femelles sur les 33 qui ont formé le tiercé dans les onze dernières années. C’est en 2020 qu’il a eu huit candidates mais la meilleure, Ria Amelia, s’était classée quatrième. Au total, dans le Derby et les Oaks au Japon, Deep Impact a eu 94 partants dont 25 dans les trois premiers et il faut toujours considérer que les classiques du pays font presque toujours le plein avec dix-huit partants.

Galileo peut arriver à neuf. Deep Impact n’a pas beaucoup de cartouches pour améliorer son score de sept victoires dans le Derby Japonais. Sa dernière génération complète compte sur 109 juniors, qui découvriront les courses ce week-end, et la dernière compte sept yearlings enregistrés par le stud book japonais, dont deux poulains, et une autre demi-douzaine en Europe. Vendredi, Impacto peut ajouter à son record une première gagnante classique à Epsom, la pouliche Snowfall.

C’est mieux pour Galileo. En attendant les résultats de sa vingtième saison, le chef de Coolmore a les deux favoris d'Epsom, suivis par 137 juniors, une centaine de yearlings et 30 foals déjà enregistrés. S’il réussit le carton plein, il peut arriver à neuf Derbies mais il a une grande concurrence, celle de ses fils. Sur les dix-neuf encore en lice pour le Derby 2021 Galileo en a quatre tout comme Frankel, alors que Teofilo, New Approach et Australia en ont un chacun.