Oaks (Gr1) : Santa Barbara favorite d’une édition énigmatique

International / 03.06.2021

Oaks (Gr1) : Santa Barbara favorite d’une édition énigmatique

Epsom (GB), vendredi

La moitié des 14 pouliches au départ des Oaks (Gr1) a un rating à deux chiffres. Il n’y rien d’alarmant à cela : quatre des 10 dernières lauréates étaient à moins de 100 avant de se mesurer aux 2.400m d’Epsom. Ce sont donc les préparatoires qui rendent cette édition si difficile à déchiffrer. Deux d’entre elles, les Chester et les Musidora (Grs3), se sont déroulées dans un faux train. Alors qu’à Lingfield, les pouliches ont dû galoper en terrain lourd. La favorite, Santa Barbara (Camelot), arrive tout droit des 1.000 Guinées (Gr1) et n’a été vue en piste qu’à deux reprises. C’est pour cette raison que l’élève d’Aidan et Anne-Marie O’Brien n’a pas encore de rating officiel. Mais les handicapeurs anglais ont crédité de 108 sa quatrième place à Newmarket. Encore très verte, Santa Barbara n’a pas beaucoup apprécié les ondulations de la piste. Et tout à la fin, par manque d’expérience, elle a perdu la deuxième place. Le vrai point d’interrogation la concernant est la tenue. Sa mère a donné deux gagnants de Gr1 : Iridessa (Ruler of the World) tenait 2.000m, si elle avait le vent dans le dos, alors qu’Order of Australia (Australia) a changé de vitesse quand Aidan O’Brien l’a raccourci sur le mile.

Snowfall et les ondulations. Le deuxième atout de Ballydoyle est Snowfall (Deep Impact). Elle a beaucoup couru (sept sorties) à 2ans. Avant de bondir de 18 livres pour atteindre un rating de 108 lors de sa rentrée gagnante dans les Musidora Stakes (Gr3). Le trial d'York s’est joué sur un long démarrage. Et elle a laissé sur place ses rivales. Pour autant, le doute subsiste au sujet de sa tenue sur le parcours d’Epsom. Dire que les produits de Deep Impact préfèrent les pistes plates est un cliché, car il n’existe pas suffisamment de preuves pour l’affirmer. De plus, la mère du crack japonais, Wind in her Hair (Alzao), aurait gagné les Oaks si elle n’était pas tombée sur la championne Balanchine (Storm Bird). Deux pouliches de Ballydoyle, Willow (American Pharoah) et La Joconde (Frankel), sont à 40/1 et plus chez les bookmakers. Concernant Divinely, la seule fille de Galileo (Sadler’s Wells) au départ, c’est encore autre chose. Elle a remporté un petit Gr3 à 2ans et n’a pas si mal couru dans le trial de Lingfield.

Des préparatoires peu concluantes. Dans les Guinées, la favorite, Santa Barbara, a été battue par Saffron Beach (New Bay), bonne deuxième. La pouliche de Ballydoyle est à 2,5/1, celle de Jane Chapple-Hyam est à 11/1. Elle est gagnante de Groupe à 2ans et a bien fini à Newmarket. Les 2.400m risquent de se transformer en un très (trop ?) long voyage. Si Dubai Fountain (Teofilo) a remporté les Cheshire Oaks (L), tout le monde a retenu la course de la Shadwell Zeyaadah (Tamayuz). Sherbet Lemon (Lemon Drop Kid) a affiché un progrès de quinze livres dans le trial de Lingfield. Mystery Angel (Kodi Bear), de son côté, a été supplémentée. Elle a entamé sa saison en février, nous a rendu visite deux fois et a gagné les Pretty Polly Stakes (L). La pensionnaire de George Boughey a terminé à plus de quatre longueurs de Snowfall dans les Musidora, battue pour la troisième place par Teona (Sea the Stars), douée mais difficile, et qui a trouvé beaucoup de soutien auprès des parieurs.

Epsom (GB), vendredi

Coronation Cup (Gr1)

Al Aasy, un Derby avec un an de retard

Le 4ans Al Aasy (Sea the Stars) est le meilleur symbole des dégâts causés par la Covid sur la génération 2017. Le bouleversement du calendrier lui a presque coûté sa saison. Après lui avoir fait gagner son Gr3, William Haggas a préféré lever le pied avec lui dès la fin du mois de juillet. Le représentant de Shadwell s’est baladé à deux reprises cette année. Il affronte son premier Gr1, la Coronation Cup, avec un rating de 119, auquel un grand "+" mériterait d’être accolé. Il est tout neuf et arrive sur son Derby avec un an de retard. La preuve que la carrière d’un cheval ne s’arrête pas au premier samedi de juin. Bien au contraire…

Les frères de Ballydoyle. Le représentant de Ballydoyle Mogul (Galileo) était le capitaine de l’équipe du Derby 2020, dont il avait pris une petite sixième place. Il a terminé sa saison de 3ans sur des succès dans le Grand Prix de Paris et le Hong Kong Vase (Grs1). Il n’a pas encore confirmé cette année et Ryan Moore a choisi de monter son frère aîné Japan qui, lui, avait couru une édition normale du Derby. Il aurait pu l’emporter, mais son jockey avait perdu sa cravache et avait dû se contenter de la troisième place. Japan a lui aussi remporté le Grand Prix de Paris et il avait confirmé dans les Juddmonte International (Gr1). Le 5ans a vécu une année 2020 compliquée: cinq courses et des petites places. Il a effectué une rentrée gagnante dans les Ormonde Stakes (Gr3), sur une distance trop longue, et il semble être sur la bonne voie.

La génération perdue. Deux autres candidats ont couru le terrible Derby de juillet 2020. Si Pyledriver (Harbour Watch) n’avait pas aimé Epsom, il a fourni de bonnes valeurs tout au long de la saison avec deux succès de Gr2 et une troisième place dans le St Leger (Gr1). Highland Chief (Gleneagles) a pris des places dans les Groupes. La pouliche Albaflora (Muhaarar) a débuté en gagnant une semaine après la traditionnelle date des Oaks. Elle vient de faire un truc, en terrain lourd, lors de sa rentrée.