Pradaro, un français qui met la Belgique à l’honneur

International / 09.06.2021

Pradaro, un français qui met la Belgique à l’honneur

Acquis à réclamer, Pradaro s’est imposé dans le Prix du Gros-Chêne (Gr2) dimanche à Chantilly. Il offre ainsi une première victoire de Groupe à l’entraîneur et propriétaire belge Sofie Lanslots.

Au nom de Rose. Moins de deux heures après l’Irlande et le sacre de St Mark’s Basilica (Siyouni) dans le Qatar Prix du Jockey Club (Gr1), c’est la Belgique qui a été mise à l’honneur, dimanche à Chantilly. Pour sa première tentative dans les Groupes, Pradaro (Penny’s Picnic) a créé une surprise dans le Prix du Gros Chêne (Gr2). Ce fils de Penny’s Picnic (Kheleyk), qui remporte par la même occasion son premier Gr2 en tant qu’étalon, porte la casaque de la Stal Vie en Rose, soit son entraîneur, Sofie Lanslots. Installée depuis quatre ans à Geel, en Belgique, avec son mari le footballeur William Mathijssen, l’entraîneur nous a parlé de son rapport avec les chevaux : « Les chevaux ont toujours fait partie de ma vie car je suis née dans une famille qui entraîne et possède des pur-sang. J’entraîne mes huit pensionnaires sous l’entité Stal Vie en Rose avec mon mari. Il n’est pas issu du monde des courses et a toujours joué au football. Quand je l’ai rencontré, il s’est plongé dans l’entraînement des chevaux. Depuis, il a développé un talent extraordinaire pour choisir les pur-sang et aussi pour l’entraînement. » Concernant Stal Vie en Rose, Sofie Lanslots précise : « Rose, notre fille, est née il y a cinq ans. C’est à peu près à ce moment-là que nous avons monté notre écurie. C’est donc pour cela que nous avons pris nos couleurs sous Stal Vie en Rose. »

Acheté 22.402 € à réclamer. Comme Polytain (Bikala), lauréat du Prix du Jockey Club (Gr1), Mandarino (Trempolino), vainqueur du Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1), Dicton (Lawman), gagnant du Prix de Fontainebleau (Gr3), où, dernièrement, Tiger Tanaka (Clodovil), lauréate du Prix Marcel Boussac (Gr1), Pradaro est aussi passé par la case "réclamer" avant de triompher dans un Groupe. Concernant cet achat, Sofie Lanslots nous a confié : « L’année dernière, Pradaro a battu deux fois de suite notre cheval Koutsounakos (Captain Gerrard). C’est comme cela que nous l’avons repéré. La deuxième fois, lors de l’Express, nous avons déposé un bulletin de réclamation à 22.402 €. Et nous sommes repartis avec un cheval en plus ! » Après un court séjour chez Matthieu Boutin (une seule sortie), qui l’avait lui-même réclamé à Christophe Ferland, Pradaro a quitté la France pour la Belgique. « Depuis qu’il est chez nous, le cheval a gagné en confiance. Il a quand même fait deux fois l’arrivée de Quintés avant de remporter le Prix du Gros-Chêne », ajoute l’entraîneur belge.

Il fallait le tenter. Plus petite valeur au départ de ce Gr2 réservé aux sprinters, Pradaro ne faisait pas partie des favoris. Il s’essayait même pour la première fois à ce niveau de compétition. Sofie Lanslots nous a expliqué pourquoi elle a choisi de courir : « Quand il est rentré après sa deuxième place à Fontainebleau le 5 mai, Pradaro était très bien. Le soleil lui a fait du bien : il avait très envie de sortir le matin. Nous avons donc tenté l’aventure dans le Prix du Gros-Chêne. Nous n’étions pas très confiants car c’était quand même un premier essai à ce niveau. Mais une fois sur l’hippodrome, le cheval était très vivant. Et en piste, il nous a offert notre premier Groupe. Mon père est décédé il y a quelques années. S’il avait été là dimanche, il aurait été la personne la plus fière ! Pradaro nous surprend vraiment. C’est un rêve ! » Pradaro effectuait sa cinquième sortie sur 1.000m. Et sur cette distance, ses statistiques sont impressionnantes : il a remporté trois courses et n’est jamais descendu du podium. Pour Sofie Lanslots, Pradaro est un vrai cheval de classe sur le kilomètre : « Il adore le sprint ! Sur 1.000m et même moins, il est fantastique. Au-dessus de 1.100m, cela commence à devenir un peu trop long. Lors de son avant-dernière sortie à Fontainebleau, il est battu tout à la fin. Mais il faut aussi dire que sur la ligne droite de Chantilly, il est dans son jardin. Aurélien Lemaître l’a très bien monté. C’est un jockey que nous aimons bien pour les courses de vitesse. »

Peut-être l’Angleterre avant l’Abbaye. Pradaro a désormais le droit de viser encore plus haut. Son entraîneur nous a éclairés sur son programme et ses objectifs de fin d’année : « Nous allons essayer de lui trouver des belles courses sur 1.000m. Nous ne sommes pas encore arrêtés sur une épreuve, mais nous allons regarder du côté de l’Angleterre ou de la France pour courir le mois prochain. Si tout se passe bien, il pourrait aller sur le Prix du Petit-Couvert (Gr3) à la rentrée, puis sur le Prix de l’Abbaye de Longchamp (Gr1). Cela sera son objectif de fin d’année. » Pour Sofie Lanslots, cette belle réussite est avant tout un excellent travail d’équipe : « Mon mari est la personne la plus talentueuse que j’ai rencontrée dans ma vie. Nous avons aussi deux très bons cavaliers depuis début 2021. Je tiens vraiment à tous les remercier. Notre travail a payé. »