Qatar Prix du Jockey Club (Gr1) : que vienne le jour et que vienne l’heure !

Courses / 06.06.2021

Qatar Prix du Jockey Club (Gr1) : que vienne le jour et que vienne l’heure !

Chantilly, dimanche

« Come the day and come the hour, come the power and the glory… » Ce sont les paroles de l’hymne Ireland Call, bien connue des fans de rugby… Le jour, l’heure et la gloire sont enfin arrivés pour Aidan O’Brien dans le Qatar Prix du Jockey Club (Gr1), dimanche à Chantilly. L’entraîneur irlandais, avec le splendide St Mark’s Basilica (Siyouni), décroche son premier French Derby… Et avec quel style !

Une monte parfaite. St Mark’s Basilica retrouvait Ioritz Mendizabal, qui lui a donné un parcours aux petits oignons. Le poulain partait de la stalle 2 et le jockey a vite pu prendre une bonne place le long de la corde, ne faisant pas un mètre de trop, en position de sniper. À 500m, il a pu passer entre le rail et l’animateur, Normandy Bridge ** (Le Havre), ne laissant pas filer l’occasion de prendre l’ouverture tant qu’elle était là. Mais il n’a pas lancé le poulain : la ligne droite aurait pu être très longue !

Non, Ioritz Mendizabal a patienté sur la ligne de tête avant de demander à St Mark’s Basilica d’accélérer à 300m. Nous n’avons vu que lui : le poulain a répondu, alors que Sealiway ** (Galiway) était lancé en pleine piste. À 200m, il a envoyé un uppercut à ses adversaires et s’impose d’une longueur trois quarts devant Sealiway, vaillant jusqu’au bout pour résister à Millebosc (Le Havre). Ce dernier, vu dans le sillage de St Mark’s Basilica, a été décalé en progression à 500m pour trouver l’ouverture, venant à l’extérieur de Sealiway et échouant à une tête pour la deuxième place.

Pour la quatrième et la cinquième place, cela s’est joué entre deux des trois pensionnaires de Jean-Claude Rouget. Saiydabad ** (Blame), avec le 11 dans les stalles, n’est pas un démarreur et s’est retrouvé parmi les derniers. Il a pu se faufiler au sein du peloton pour prendre la quatrième place, à une longueur un quart, finissant bien. Cheshire Academy ** (Flintshire), quant à lui, avait un horrible 19 sur 19 dans les stalles. Lui aussi n’est pas un débouleur et s’est retrouvé à l’arrière-garde et il a fini fort, en pleine piste, pour prendre la cinquième place à une longueur.

Le jour d’Aidan

En 2019, nous analysions les prétendants au Qatar Prix du Jockey Club (Gr1) d’Aidan O’Brien et avions écrit : « Quand Aidan le voudra… » L’entraîneur n’a jamais dit qu’il faisait passer le Jockey Club derrière le Derby d’Epsom (Gr1) mais la liste de ses partants dans les deux courses était révélatrice : Aidan O’Brien dirigeait quasiment toujours ses meilleurs éléments vers le classique britannique. Dans notre précédente édition, nous titrions « Le jour d’Aidan ? » Parce que, avec St Mark’s Basilica, le maître de Ballydoyle envoyait à Chantilly le poulain avec le profil le plus fort parmi tous ses anciens prétendants en vue du Jockey Club. Aidan O’Brien a visé le Jockey Club avec St Mark’s Basilica depuis de longs mois. Le résultat est là, net, sans bavure : le représentant de Coolmore s’est imposé de toute une classe et a offert son premier French Derby à Aidan O’Brien. St Mark’s Basilica remet l’église au centre du village : oui, Aidan O’Brien sait aussi entraîner des chevaux de Jockey Club !

Le Jockey Club était visé. St Mark’s Basilica aurait-il eu une première chance dans le Derby d’Epsom (Gr1) ? Probablement pas, il paraît difficile de le voir tenir les 2.400m (et ceux d’Epsom) à ce stade de sa carrière. Aidan O’Brien a toujours visé le Jockey Club avec lui. Il ne nous avait pas vraiment habitués à cela. L’entraîneur, en quarantaine chez lui en Irlande après son déplacement à Epsom, a expliqué : « Il faut un bon poulain pour gagner le Jockey Club, c’est une course très difficile à remporter. Le plan, avec lui, était de venir en France l’an dernier pour le Lagardère, mais cela n’a pas pu se faire pour les raisons que nous connaissons [la contamination des aliments Gain, ndlr]. Donc nous sommes allés vers les Dewhurst Stakes (Gr1). Le programme était ensuite de venir en France pour la Poule d’Essai des Poulains, puis le Jockey Club. St Mark’s Basilica avait toutes les qualités pour un Jockey Club : il a une vraie capacité d’accélération, il est détendu dans un parcours ce qui lui permet de faire parler sa pointe. Ce sont les qualités pour gagner un Prix du Jockey Club. J’avais confiance sur le fait qu’il tiendrait la distance. Il avait beaucoup progressé depuis la Poule. »

Si ce n’est le Derby…

Aidan O’Brien remporte son premier Jockey Club, au lendemain du Derby d’Epsom (Gr1) où il n’avait eu qu’un seul partant : Bolshoi Ballet (Galileo), pris en rating 117. St Mark’s Basilica, lui, a un rating officiel de 120. Ce n’est pas anodin, même si Boshoi Ballet n’a peut-être pas fait sa valeur, se blessant en début de course. Il y a les enseignements des années précédentes. Aidan O’Brien est passé, en 2015, tout près de sa victoire dans le Jockey Club quand Highland Reel (Galileo) a pris la deuxième place de New Bay (Dubawi), en 2015. Il était déjà un bon poulain sans être encore le champion globe-trotter qu’il allait devenir ! Mais nous avions fait le calcul moyen des ratings des partants Derby d’Epsom/Jockey Club d’Aidan cette année-là : le rating moyen était légèrement plus fort dans le Jockey Club que dans le Derby. Résultat : Highland Reel était battu d’une longueur et demie par New Bay, les partants dans le Derby n’avaient pas fini sur le podium. Aidan O’Brien avait eu 39 partants dans le Jockey Club. Ses meilleures performances ? Une deuxième place avec Highland Reel, et une troisième place avec Westphalia (Danehill Dancer), troisième.

Pas qu’un cheval de terrain souple. Les trois Grs1 de St Mark’s Basilica – Dewhurst, Poule et Jockey Club – ont été décrochés sur des pistes souples à très souples. Officiellement, le terrain était à 3,6 (souple) dimanche à Chantilly, mais la piste était en magnifique état. Pour Aidan O’Brien, il serait réducteur de voir en St Mark’s Basilica un poulain de terrain souple : « Je le crois très polyvalent. Quand vous voyez sa façon de galoper, il ne se comporte pas du tout comme un poulain de terrain souple. Je crois même qu’il sera encore mieux en bon terrain. »

Les 2.400m, pourquoi pas… Mais d’autres possibilités aussi. Quand on pose la question de savoir si St Mark’s Basilica tiendra les 2.400m, la réponse de Ioritz Mendizabal est claire : « Oui, sans hésitation ! » Aidan O’Brien est plus pondéré dans sa réponse : « C’est possible… Il a beaucoup de vitesse et nous ne le saurons pas avant d’avoir essayé. Mais comme il est très détendu dans un parcours, c’est possible. »

Dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, St Mark’s Basilica est proposé entre 8 et 10/1 par les bookmakers, ce qui en fait le cinquième favori derrière Snowfall (Deep Impact), Love (Galileo), Mishriff (Make Believe) et Tarnawa (Shamardal). Mais il y a d’autres courses pour lui avant une hypothétique participation à l’Arc, comme l’a expliqué Aidan O’Brien : « Nous verrons ce que les "lads" veulent faire. Cela dépendra de comment il revient de cette course mais je suppose qu’une course comme les Eclipse Stakes (Gr1) est possible, puis les Champion Stakes. » L’autre pensionnaire d’Aidan O’Brien, Van Gogh (American Pharoah), dixième, devrait quant à lui être dirigé sur plus long dans le futur.

La récompense d’un long travail

Hermine Bastide représentait Coolmore lors du Qatar Prix du Jockey Club. Elle nous a dit : « C’est fantastique de gagner un autre classique avec un poulain acheté aux ventes de Newmarket par M. V. Magnier. Il y a énormément de travail derrière tout cela : l’élevage, la prospection aux ventes, le travail de débourrage, l’entraînement…. Et nous avons son frère, Magna Grecia (Invincible Spirit), au haras. C’est une belle victoire. Nous sommes très heureux que St Mark’s Basilica gagne cette course et offre un premier Jockey Club à Aidan O’Brien et à son équipe. Cela conclut le week-end en beauté ! » Un week-end qui avait commencé avec la victoire impressionnante de Snowfall (Deep Impact) dans les Oaks d’Epsom (Gr1), vendredi.

Le facteur basque

On dit que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit. L’adage ne s’applique pas à Ioritz Mendizabal. L’an dernier, il s’est retrouvé en selle sur Mishriff (Make Believe), le pensionnaire de John Gosden, dans le Jockey Club, les jockeys britanniques ne pouvant faire le déplacement avec la Covid-19. Victoire ! En 2021, avec les différentes quarantaines, il était compliqué pour les jockeys anglais et, dans une moindre mesure, irlandais, de venir en France : Ioritz Mendizabal est donc resté associé à St Mark’s Basilica après la Poule pour le Jockey Club. Victoire !

Merci John, merci Aidan. « Si vous m’aviez dit, il y a plus d’un an, que tout cela arriverait, je vous aurais dit d’aller vous faire soigner ! », a dit Ioritz Mendizabal ! Comme après la Poule d’Essai, le jockey a souligné avoir conscience de sa chance : « Monter pour Aidan, être déclaré sur un de ses chevaux, c’est déjà incroyable… Gagner, c’est magique ! C’est indescriptible. Début 2020, je ne pensais pas que je retomberais sur un bon cheval… Et puis John Gosden m’a appelé pour monter Mishriff dans le Jockey Club et tout s’est enchaîné. Il faut le remercier et remercier Pierre-Alain Chereau, mon agent, qui fait un travail formidable… » Aidan O’Brien, de son côté, a souligné : « Ioritz avait monté pour nous à l’été 2020 à Deauville [Lope Y Fernandez dans le Jean Prat, ndlr] et cela s’était très bien passé. C’est un vrai cavalier, un vrai homme de cheval, il impressionne par sa façon de monter. C’est un homme intelligent. »

En avant, calme et droit. Ioritz Mendizabal était bien assis dans le Jockey Club. Aux ratings, il avait le meilleur poulain de la course. Ce n’était pas un penalty sans gardien puisqu’il fallait tenir la distance. Mais Ioritz Mendizabal a parfaitement monté le poulain, lequel possède un tempérament exceptionnel. Il fallait le voir au rond : il dormait ! Le défilé ? Il n’a pas bougé une oreille. En piste ? Incroyablement détendu.

Ioritz Mendizabal a analysé la course : « Le poulain était comme à ParisLongchamp : très calme. Nous sommes bien sortis des boîtes mais j’ai tout de même dû lui demander un effort car nous étions quatre ou cinq de front. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais été deux crans plus loin dans le parcours mais il aurait gagné quand même : il était au-dessus des autres. On ne peut pas demander cet effort à tous les chevaux car ils peuvent se tendre. Mais lui, il est tellement détendu… Il fait dodo. Au château, j’étais très confiant. Je prenais mon temps : j’avais eu Aidan ce matin et il m’avait dit de ne pas venir trop tôt. Mais je suis venu un peu tôt en réalité : quand l’ouverture s’est créée à l’intérieur de Normandy Bridge, je suis venu avant qu'éventuellement, le passage ne se referme. Je suis donc venu 150m trop tôt mais je l’ai juste amené sur la ligne de tête. Je lui ai laissé une chance, il a pu respirer. Et je lui ai demandé l’effort ensuite à 300m : il a fait la ligne droite en deux temps. »

Dans le clan des placés…

Dans le clan des placés, les sentiments étaient mitigés, entre joie de certains et déception.

Sealiway rassure. Nous ne savions pas trop sur quel pied danser cette année avec Sealiway. Impressionnant lauréat du Qatar Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1) l’an passé, il avait couru proprement pour sa rentrée dans le Prix de Fontainebleau (Gr3), se classant deuxième, mais venait de décevoir dans l’Emirates Poule d’Essai des Poulains (Gr1), dont il avait pris la huitième place. Le parcours avait été cauchemardesque mais nous demandions à le revoir et il rassure dans le Jockey Club. Pas d’excuse : le gagnant était meilleur !

Frédéric Rossi, entraîneur de Sealiway, nous a dit : « Cette deuxième place est une victoire pour nous ! Je suis très content pour Franck Blondel. Sealiway a été malchanceux depuis le début de l'année. Là, je l'avais mieux. Cela fait un moment que je pense à le rallonger. Quelle course ! Il a été super. Je suis très content. Quand il vient à mi-ligne droite, il faut vraiment être un bon cheval pour le battre. La dernière fois, il a eu un mauvais parcours, en épaisseur et le nez au vent. Sa performance est superbe. » Pauline Chehboub a ajouté au sujet de leur représentant (en association avec Guy Pariente) : « C'était le meilleur 2ans de sa génération en France. C'est devenu un formidable 3ans et nous sommes très contents. J'ai pu partager sa préparation et celle de Smile Makers sur les réseaux sociaux. C'est notre quotidien, notre passion. Cette deuxième place, c'est génial ! »

L’audace récompensée avec Stéphanie Nigge. Avec Millebosc (3e) et Normandy Bridge (11e), Stéphanie Nigge présentait ses premiers partants dans le Qatar Prix du Jockey Club (Gr1). Et elle monte sur le podium avec le représentant de Gérard Augustin-Normand, qui restait sur une très bonne deuxième place dans le Prix de Guiche (Gr3). Le pari est réussi : gagnant pour ses débuts à 2ans, Millebosc a pris deux deuxièmes places en 2021 et aurait pu trouver des engagements bien plus faciles. Mais Stéphanie Nigge nous avait dit il y a quelques semaines : « Des classiques, il n’y en a qu’au printemps, alors si les chevaux sont bien, il faut tenter ! » L’audace a payé.

L’entraîneur nous a dit : « J'ai crié de toutes mes forces. Millebosc a vraiment accéléré très fort. C'est un très bon cheval. J'y ai cru. Il confirme sa classe. Ce poulain avait eu de petits soucis en début d'année. Après une rentrée un peu retardée, il a beaucoup changé physiquement. Millebosc sera très bon à l'automne. Il est encore tout neuf, ce n'est que sa quatrième course. C'est magique d'avoir un tel cheval. Il sera peut-être rallongé à l'automne. Aujourd'hui, il a bien voyagé, étant détendu. Dans le Prix de Guiche (Gr3), il était un peu sur le mors. Et désormais il porte un noseband croisé. Cela l'a bien canalisé. Grégory Benoist a monté une magnifique course. Je remercie du fond du cœur toute mon équipe. On va voir comment il récupère. On le reverra peut-être en août à Deauville. Mais on va privilégier l'automne et le terrain souple. C’est dommage pour Normandy Bridge, il était détendu devant. Il va avoir un bon break et sera revu à l'automne. Nous allons réfléchir à froid. »

Les places à la corde ont condamné les Rouget. Saiydabad : 11 dans les stalles. Makaloun ** (Bated Breath) : 18 dans les boîtes. Cheshire Academy : 19 dans les stalles. Le sort n’a pas été favorable aux trois pensionnaires de Jean-Claude Rouget. En comparaison, St Mark’s Basilica partait de la stalle 2, Sealiway de la stalle 4 et Millebosc de la stalle 1 ! Saiydabad et Cheshire Academy n’ont pas démérité : ils seront probablement encore mieux sur 2.400m et il faudra les revoir dans le Grand Prix de Paris (Gr1), le 14 juillet prochain ! Jean-Claude Rouget était logiquement déçu, avec ses forces quasiment compromises avant même le départ de la course : « Mes trois chevaux étaient les trois derniers, c'était injouable. On finit quatrième et cinquième, c'est bien. Avec ces numéros-là, on ne pouvait pas faire mieux. » Makaloun, neuvième, n’a pas été aidé dans la ligne droite par Derab (Sea the Stars) qui a beaucoup flotté devant lui.

Côté élevage

Les étalons français en force. Les trois premiers de ce Jockey Club sont des produits d’étalons français. Ce n’était pas arrivé depuis… 1971 ! St Mark's Basilica est le cinquième lauréat classique de Siyouni (Pivotal). L’étalon du haras de Bonneval a déjà donné Dream and Do (Poule d'Essai des Pouliches, Gr1), Ervedya (Prix Poule d'Essai des Pouliches, Gr1), Laurens (Prix de Diane, Gr1) et Sottsass (Prix du Jockey Club, Gr1). Il donne donc deux gagnants du Derby français en l’espace de trois ans. Ce n’était pas arrivé depuis les années 1990 avec Sadler's Wells (Montjeu et Dream Well). Le croisement de Siyouni sur les filles de Galileo (Sadler’s Wells) est représenté par 22 partants seulement et déjà deux gagnants classiques en France… Sottsass et St Mark's Basilica.

PEDIGREE WEATHERBYS

https://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/Docutheque/2021/ST-Mark-s-Basilica.pdf

Le plus cher a gagné ! Acheté 1,3 million de Guinées lors du book 1 de Tattersalls, St Mark's Basilica était le plus cher des partants de ce classique… C’est un élève de l’Australien Robert Scarborough, notamment président de l’hippodrome de Moonee Valley. Après avoir élevé 14 gagnants de Gr1 dans l’hémisphère Sud, Cabaret (Galileo) lui a donné un premier classique européen en 2019 avec Magna Grecia (Invincible Spirit). St Mark's Basilica lui en offre deux autres deux ans après ! Ses cinq juments européennes sont basées en Irlande, à Norelands Stud.

L’éleveur a failli jeter l’éponge. John Magnier a signé le bon à 300.000 € pour Cabaret, à Goffs, alors qu’elle était yearling. En piste, elle a remporté les Silver Flash Stakes (Gr3), au mois de juillet de ses 2ans, avant d'échouer dans le Prix Marcel Boussac (Gr1), terminant onzième et dernière. À 3ans, en trois sorties, elle n'a jamais pu faire mieux que septième. Robert Scarborough l’a acheté 600.000 Gns en décembre 2011 à Newmarket. Aucun des quatre premiers produits de la jument n’a pu décrocher du caractère gras. Perdant patience, Robert Scarborough l’a fait inscrire à la vente de décembre 2018 à Tattersalls… avant de se raviser. Il nous a confié au mois de mai : « Les premiers produits ont déçu. J'ai failli jeter l'éponge. Elle était inscrite aux ventes. Mais j'ai attendu de voir Magna Grecia (Invincible Spirit) courir. Il est devenu black type et j'ai retiré la jument du catalogue… Il faut de la chance dans cette activité ! Peu après, il a remporté les Vertem Futurity Trophy (Gr1) et l'année suivante les Guinées. Remporter un classique européen, c'est la fierté de ma vie d'éleveur. » L’année suivante, Magna Grecia a gagné les 2.000 Guinées (Gr1) ! Il fait la monte à Coolmore.

La deuxième mère, Witch of Fife (Lear Fan), est une élève de Darley. Troisième des Solera Stakes (L) à 2ans, elle a donné neuf gagnants dont Drumfire (Danehill Dancer), gagnant des Solario Stakes (Gr3, 1.400m, 2ans) et qui a terminé sa carrière sur les obstacles. Ainsi qu’Ho Choi (Pivotal), lauréat de la Queen's Silver Jubilee Cup (aujourd’hui Gr1, 1.400m) à Sha Tin, mais également deuxième des Gimcrack Stakes (Gr2, 1.200m).

Un coup de folie payant. Pour un éleveur traditionnel, l'achat de Cabaret pour 600.000 Gns ressemblait à un geste inconsidéré. Certes, elle était la sœur de deux chevaux de Groupe "vite et précoces", mais elle n'appartenait pas à ce que l'on pouvait considérer comme une grande souche. Pour expliquer cet achat, Robert Scarborough détaille : « Son père, Galileo (Sadler's Wells), s'affirmait déjà comme un père de mère de premier plan. Plus important encore, Cabaret avait montré de la qualité en course. Statistiquement, les meilleures juments de course deviennent les meilleures poulinières. Certes, son pedigree maternel était moyennement solide. Mais les deux arguments précités compensaient cela. J'accorde une importance toute particulière aux performances à 2ans et 3ans pour les juments. Et je n'aime pas franchement les voir en piste après l'âge de 4ans. Enfin, elle était pleine de Danehill Dancer (Danehill), alors au sommet de sa popularité. Le jour où j'ai acheté Cabaret, j'ignorais que c'était Coolmore qui la vendait ! »

De parieur à éleveur. L'acte fondateur de l'activité hippique de Robert Scarborough est un pari. Dans les années 1960, il a gagné 1.000 AU$ grâce à un Daily Double, c'est-à-dire un pari complexe qui coûtait alors 4,5 dollars. Pour l'époque, le gain était substantiel, l'équivalent de 15.000 dollars australiens actuels. Au désespoir de son entourage, l'étudiant en droit décide alors de s'acheter… un yearling ! Or, il n'a ni les moyens de payer les frais d'entraînement, ni l'âge légal pour obtenir ses couleurs. Néanmoins, une fois en piste, Fairly Swift (Fairs Fair) a monté une certaine qualité, remportant son maiden à Yarra Glen. Et elle fut sa première poulinière, alors qu'il n'avait pas encore 25 ans ! Robert Scarborough a aussi élevé King Charlemagne (Nureyev), lauréat du Prix Maurice de Gheest (Gr1). Il a fait courir l’ex-française Mauralakana (Muhtathir), acquise à 3ans et lauréate des Beverly D. Stakes (Gr1)…

 

 

 

 

Polar Falcon

 

 

Pivotal

 

 

 

 

Fearless Revival

 

Siyouni

 

 

 

 

 

Danehill

 

 

Sichilla

 

 

 

 

Slipstream Queen

ST MARK'S BASILICA (M3)

 

 

 

 

 

 

Sadler’s Wells

 

 

Galileo

 

 

 

 

Urban Sea

 

Cabaret

 

 

 

 

 

Lear Fan

 

 

Witch of Fife

 

 

 

 

Fife


LES CHRONOS

TEMPS PARTIELS

Du départ à 1.000m : 1’04’’92

De 1.000m à 600m : 25’’60

De 600m à 400m : 12’’37

De 400m à 200m : 12’’05

De 200m à l’arrivée : 12’’37

Temps total : 2’07’’31