Qatar Prix du Jockey Club J+1 : Stéphanie Nigge, déjà placée classique

Courses / 07.06.2021

Qatar Prix du Jockey Club J+1 : Stéphanie Nigge, déjà placée classique

Au lendemain du Qatar Prix du Jockey Club (Gr1), Stéphanie Nigge est revenue avec nous sur le classique dans lequel son pensionnaire Millebosc (Le Havre) s’est classé troisième. Elle présentait aussi Normandy Bridge ** (Le Havre), onzième après avoir animé.

La patience et l’audace récompensées avec Millebosc. Millebosc avait laissé une jolie impression dans le Prix de Guiche (Gr3), dont il a pris la deuxième place. Dimanche, il a très bien couru pour se classer troisième du Jockey Club, à une courte tête de Sealiway ** (Galiway). « Millebosc est un poulain que j’ai toujours estimé, que nous avons préservé, que nous avons amené au point pour cette course. Je remercie Gérald Mossé qui a fait du super travail avec lui lors de ses deux précédentes courses : il a fait attention à lui, il ne lui a pas fait mal et ne l’a pas fait puiser dans ses réserves en vue de cette course-là. C’est un beau travail d’équipe. »

Millebosc a couru le Guiche après une deuxième place dans le Prix de Montgeroult (Classe 1) pour sa rentrée. Il aurait pu trouver des engagements plus faciles mais Stéphanie Nigge explique : « Nous ne l’aurions pas couru dans de telles courses [le Guiche et le Jockey Club, ndlr] si nous ne le pensions pas capable de bien faire. Il a beaucoup de qualité et je crois qu’il va encore beaucoup progresser, même physiquement. Nous n’y serions pas allés si tout n’était pas parfait avant la course et je dois dire que c’est surtout son propriétaire qui m’a poussée à le courir et il avait raison. »

Ecoutez Le Talk, épisode 35, de JDG Radio

Lendemain de Jockey Club, lendemain de week-end classique d’Epsom à Chantilly ! La rédaction de Jour de Galop analyse un somptueux week-end de courses dans l’épisode 35 du Talk de JDG Radio. Pour écouter, cliquez ici (lien https://www.jourdegalop.com/podcasts )

Rendez-vous à Deauville ? Sur la suite du programme de Millebosc, Stéphane Nigge nous a dit : « Tout va se décider dans la semaine, nous allons en parler avec son entourage. Le poulain, ce matin [lire lundi, ndlr], va très bien, il a perdu cinq kilos après sa course hier, il a mangé et a bon œil. Nous verrons tranquillement dans la semaine quel programme nous allons suivre. Le Grand Prix de Paris ? Je ne pense pas. Il sera mieux dans les pistes plus souples. Le Prix du Jockey Club, c’est une course ! Nous avons osé l’y courir sans avoir une préparation forcément très conséquente et je crois qu’il faut lui donner du temps et le revoir peut-être au mois d’août à Deauville, ou en septembre à ParisLongchamp. Peut-être une course comme le Prix Daphnis ? Je ne suis pas certaine que les 2.400m soient pour tout de suite. Dimanche, avant la course, nous n’étions pas certains qu’il puisse faire la distance : mais c’est un bon poulain, il s’adapte. »

Normandy Bridge ne démérite pas. Malheureux dans l’Emirates Poule d’Essai des Poulains (Gr1), Normandy Bridge est onzième du Jockey Club après avoir mené. Stéphanie Nigge analyse : « Je ne pense pas que la distance ait posé un problème à Normandy Bridge. Il n’est pas simple à monter et, avec sa grande action, il n’est pas à l’aise quand il est enveloppé. Pour moi, il a beaucoup de qualité. Il a peut-être pris une course dure à 2ans dans le Critérium International mais, d’un autre côté, Van Gogh est juste devant lui dimanche. Les lignes se répètent. Il a couru dans le Djebel, où cela a été un peu dur sur 1.400m, avec une piste rapide et nez au vent. Puis, dans la Poule d’Essai, cela ne s’était pas très bien passé. Les ordres n’étaient pas d’aller devant mais on sait qu’il ne faut pas trop le contrarier. Naturellement, de lui-même, il se retrouve devant. Il n’est pas allé trop vite, il était assez détendu et Gérald, sorti de tournant, y a probablement cru. Il cède dans les 200 derniers mètres et Gérald fait attention à lui. Il est vraiment grand, il fait presque 500 kilos alors qu’il semble assez léger. Je pense qu’il va se remplir. Il faudrait qu’il s’épaississe un peu. Il va avoir un bon break et nous le reverrons en septembre. Cela va lui faire du bien de s’aérer la tête : physiquement, il est très bien mais, mentalement, je crois qu’il est en train de saturer un peu. Je pense qu’il sera mieux à l’automne dans les terrains assouplis. Il ne baisse jamais de pied, il va jusqu’au bout, il a envie de bien faire. Il est un peu moins bien sur une piste rapide ou en bon terrain. Mais je trouve qu’il ne démérite pas. »

Et le gagnant ? St Mark’s Basilica (Siyouni) est-il un beau gagnant de Jockey Club, selon Stéphanie Nigge ? « Je pense que c’est un super poulain et Aidan O’Brien a dit en début d’année que son but était de courir le Jockey Club avec ce cheval : bravo à lui ! C’est du super travail. Le poulain est bon : il gagne sur toutes les distances. Je ne sais pas s’il va être allongé mais j’ai l’impression qu’il est tellement facile qu’il peut tout faire. Il a déjà bien gagné la Poule : je pense que Ioritz, ce jour-là, n’a pas demandé 100 % au poulain. Il est venu facilement et il n’a peut-être utilisé que 80 % de ses moyens à ParisLongchamp. »

Peu de 2ans en 2020… Stéphanie Nigge s’est installée en 2020, après avoir travaillé avec son père. Elle nous parle de sa méthode : « L’an dernier, je n’avais pas beaucoup de 2ans : j’en avais moins de quinze. Normandy Bridge, Vrigny et Millebosc n’étaient pas des 2ans mais ils ont couru et performé. Pour moi, c’est du cas par cas. J’admire beaucoup Alain de Royer Dupré : quand j’étais chez lui, il avait l’écurie du prince Aga Khan et son écurie à lui et, malgré cela, il arrivait à faire du cas par cas. Nous avons 32 chevaux à l’entraînement : évidemment, nous faisons du cas par cas. Il faut être bien entouré : tout seul, on n’y arrive pas. Tout est une question de management et d’avoir les bonnes personnes avec lesquelles vous pouvez faire cela. Sinon, ce n’est pas possible de faire du cas par cas, même avec vingt chevaux. Cette année, nous avons plus de 2ans, mais j’ai l’impression qu’ils sont un peu moins précoces. Parfois, ils peuvent se déclencher : par exemple, si vous aviez vu Millebosc et Vrigny en juillet 2020, vous ne vous seriez pas dit qu’ils allaient courir cette année. On peut tous les courir à 2ans mais le but est de les faire progresser et durer. On peut parfois confondre précocité et qualité et là, vous leur faites du mal, vous les courez sur une mauvaise distance et, en résultat, vous avez une carrière courte. »

Mais une majorité de 2ans en 2021 ! En 2021, Stéphanie Nigge a une majorité de 2ans dans son effectif, ce qui a un impact sur ses statistiques : « J’ai renvoyé quelques 2ans au pré mais j’ai vingt 2ans. C’est un peu risqué : j’avais un peu peur de cela. C’est super de rentrer des 2ans car c’est l’avenir, mais pour l’écurie, ce n’est pas idéal : nous avons de ce fait peu de partants. Comme nous essayons de vraiment faire de la sélection, nous nous retrouvons avec de bons 3ans qui courent les bonnes courses et ce n’est donc pas évident de gagner. Je n’ai pas beaucoup de partants : les chevaux sont à l’arrivée mais j’ai finalement peu de victoires. Je crois que la seconde partie de saison sera meilleure car nous avons des 2ans qui vont courir, dont des éléments de qualité. L’idéal est d’avoir un tiers de 2ans, un tiers de 3ans et un tiers de vieux, pour être compétitif. »