Qatar Prix du Jockey Club - J-4 : Fort Payne et le temps des premières

Courses / 01.06.2021

Qatar Prix du Jockey Club - J-4 : Fort Payne et le temps des premières

Le rendez-vous est donné à 5 h 40 à l’écurie. Le soleil est déjà bien levé, il fait une petite dizaine de degrés. Nicolas Caullery nous indique où se trouve le box de Fort Payne (Rio de la Plata). Sébastien Fleurie finit de préparer le poulain qui, dimanche, sera au départ du Qatar Prix du Jockey Club (Gr1). Vers 6 h, tout le monde se met en marche. Rendez-vous aux Réservoirs !

Par Anne-Louise Échevin

Un poulain à la cool. Thomas Trullier, accompagné de Thomas Huet, est arrivé pour travailler le poulain. Ce sera un grand moment pour le jockey dimanche ! Quelques minutes plus tard, c’est Steve Obry, agent de Christophe Soumillon, qui vient observer Fort Payne. Le jockey était, lui, à Deauville pour travailler Makaloun (Bated Breath), lauréat du Prix de Guiche (Gr3) devant le pensionnaire de Nicolas Caullery... Fort Payne, bandes "rose Elitloppet" sur les antérieurs, a fait un galop en compagnie de deux autres chevaux, dont Kennella (Kendargent), qui va courir dimanche le Prix de Sandringham (Gr2). Kennella a "gagné" le galop mais pas d’inquiétude du côté de Nicolas Caullery : « Ils ont fait 1.600m. Un travail régulier, sans que ce soit trop dur, avec un peu plus de vitesse que d’habitude. Il a bien bossé, étant un peu pris de vitesse sur le démarrage mais Thomas a eu des bonnes sensations. Il a trouvé son action presque au moment de s’arrêter. Visuellement, on attend toujours mieux mais ce n’est pas un poulain qui va leur mettre cinq longueurs le matin. La seule fois où il a fait cela, c’était dans le Maurice Caillault (L), mais le matin, on ne l’a jamais vu s’envoler ! Je suis content du galop, je fais confiance à mon jockey et à ce qu’il m’a dit. Après, il ne soufflait pas plus que cela, nous serons prêts pour dimanche. » Kennella et Fort Payne, c’est un peu le feu et la glace ! Autant la pouliche était bondissante et pimpante, autant Fort Payne est toujours resté dans son attitude très cool. Détendu, relax, pas de stress…

Pas à 100 % dans le Guiche. Après sa victoire désinvolte dans le Maurice Caillault, Fort Payne a pris une encourageante troisième place dans le Prix de Guiche. Nicolas Caullery analyse : « Il ne fait que le minimum le matin et il n’était donc pas à 100 % dans le Gr3. Dans les travaux sur le gazon avec un autre cheval, il est un peu plus réveillé mais lors d’un canter seul, c’est vraiment le fainéant ! Il fait le minimum et s’il ne pouvait faire que des petits galops de chasse, il le ferait. Il s’écoute vraiment, donc il en avait vraiment besoin. Nous avions relâché la pression après sa victoire dans le Caillault et, depuis le Guiche, on ne l’a pas lâché. Il est allé au gazon régulièrement, il est monté là-dessus, c’est certain. La météo ne nous a pas embêtés : les gazons étaient souples mais à cette période-là, cela reste souple, nous n’avons pas travaillé dans un terrain très lourd. Je n’ai pas été dérangé dans sa préparation. »

De Deauville en hiver à Chantilly au printemps. Fort Payne a débuté au mois de décembre sur les 1.900m P.S.F. de Deauville. C’est dans une épreuve similaire qu’un certain Saônois (Chichicastenango) avait ouvert son palmarès, avant de prendre la direction de Cagnes-sur-Mer. Fort Payne est aussi allé passer l’hiver au soleil et, à Cagnes, il ne s’est pas imposé mais a fait impression. Dans le Prix Louis Gautier Vignal (Classe 2), il était deuxième de l’estimé Bobbymurphy ** (Intello), qui aurait pu viser les classiques mais est sur la touche. Or, Bobbymurphy a déroulé devant, là où Fort Payne a attendu, et revenir de l’arrière sur la fibrée de Cagnes est compliqué. Il n’avait pas démérité ensuite en se classant deuxième de King Shalaa (Shalaa) dans le Prix de la Californie (L), dans une course sans rythme qui n’est pas son sport. Impressionnant dans le Maurice Caillault, il a bien couru dans le Guiche ensuite. Le Qatar Prix du Jockey Club 2021 s’annonce très ouvert, comme l’est aussi le Derby d’Epsom la veille (où ils seront aussi nombreux !) et Fort Payne a totalement son mot à dire pour la victoire.

Nicolas Caullery nous a dit : « Il avait montré un peu de moyens et, avant de débuter, j’étais confiant. C’était un lot plutôt correct et beaucoup ont gagné depuis, parfois à bon niveau. Nous savions que nous avions un bon cheval mais de là à imaginer aller aussi haut, comme il n’est pas démonstratif… C’est le cas actuellement donc il faut imaginer l’an dernier ! Il était vraiment lymphatique. Il y a eu une vraie évolution. Il a fait un truc en débutant et certains entraîneurs sont venus me voir pour me demander ce que j’en pensais car ils étaient un peu déçus d’être battus, ce qui est plutôt bon signe. J’avais mon objectif à Cagnes, celui de préparer la saison sous le soleil du Sud-Est sur la fibrée de Cagnes et tout s’est bien passé. Nous avons monté les marches petit à petit et voilà où nous en sommes ! »

Une première pour l’entraîneur et le jockey… et sans pression ! Il y a trois semaines, Nicolas Caullery a déjà vécu un grand moment quand Kennella a pris la troisième place de l’Emirates Poule d’Essai des Pouliches (Gr1). Dimanche, il aura son premier partant dans le Jockey Club avec ce poulain dont il est aussi copropriétaire, avec Alain Jathière et Philippe Demercastel. Ce sera aussi une première dans le Jockey Club pour Thomas Trullier, et une première dans un Gr1 tout court pour le jeune jockey.

Le mot d’ordre est : pas de pression ! Nicolas Caullery reste détendu : « C’est mon premier partant dans le Jockey Club, et avec des ambitions ! Il n’y a pas un poulain qui se détache particulièrement et nous avons tous une chance de pouvoir l’emporter. J’y vais sans pression ! J’ai confiance en mon poulain et en mon jockey, et s’il est meilleur que les autres, nous espèrerons qu’il gagnera, et s’il est battu par meilleur… nous espérions ne pas avoir de regrets, un bon parcours… Avec le nombre de partants, il y aura des contents et des mécontents après le tirage au sort des places à la corde. Nous avons tout bien fait, toute la préparation s’est bien passée, il n’y aura pas de météo exécrable avant la course… Nous n’aurons pas d’excuses a priori. Thomas va le monter avec toute ma confiance : il connaît le cheval par cœur et il le connaît bien mieux que moi car il a les sensations du cavalier. Moi, j’ai mon visuel. Il a mon entière confiance. »

Kennella est prête

Nicolas Caullery nous a dit au sujet de Kennella, prétendante au Prix de Sandringham (Gr2) et récente deuxième de l’Emirates Poule d’Essai des Pouliches (Gr1) : « Elle est impressionnante : plus elle travaille, plus elle est contente ! Elle a bien travaillé en compagnie de Fort Payne. Elle a plus de vitesse. Elle m’a un peu épaté : elle peut avoir un passage à vide parfois, mais elle a été très tonique avec un poulain comme Fort Payne. Je suis très content d’elle et, sauf incident, il n’y a pas de raison pour que cela se passe mal. Elle aime les courses sélectives. Dans un terrain souple, elle ferait peut-être plus la différence par rapport aux autres mais un terrain bon souple ne devrait pas la déranger. »