Derby allemand (Gr1) : Sisfahan, au nom du père et de l’élevage français

International / 04.07.2021

Derby allemand (Gr1) : Sisfahan, au nom du père et de l’élevage français

Hambourg (DE), dimanche

Cinq ans après le succès d’Isfahan (Lord of England), la casaque de Darius Racing a de nouveau brillé dans le Deutsches Derby. Et après le père, c’est le fils qui lui offre la victoire !

Mais contrairement à son géniteur, le "FR" Sisfahan (Isfahan) n’aura pas besoin d’attendre le résultat de l’enquête, puis d’un interminable appel pour être sacré. En effet, cet élève de Guy Pariente a décroché un triomphe net et sans bavures. La course a roulé assez vite sous l’impulsion de Sky Out (Adlerflug), pressé par le favori, Alter Adler (Adlerflug). Andrasch Starke a attendu parmi les derniers en selle sur Sisfahan. C’est à la fin du dernier tournant, au moment de choisir son couloir, qu’Alter Adler a déposé l’animateur et donné l’impression de filer vers la gloire. Au même moment, Sisfahan avait pris le chemin du rail des tribunes. Le représentant de Darius Racing a parcouru quelques mètres en plus, mais le gazon était moins usé de ce côté-là. Et dans les 100 derniers mètres, nous avons tous compris ce qui allait se passer. Sisfahan l’a emporté d’une longueur, offrant un premier succès dans ce classique à un éleveur français. Alter Adler a remporté l’autre course, celle des poulains qui ont galopé à la corde. Imi (Tertullian), qui a fait le même choix que Sisfahan, a décroché la troisième place.

Andrasch Starke dans l’histoire. Avec cette huitième victoire, Andrasch Starke égale le record de Gerhard Streit. Il avait remporté le classique pour la dernière fois en 2015. Le pilote, qui connaît le parcours comme sa poche, a crié au retour aux balances : « Hambourg, le roi est de retour ! Avant la course, on se posait des questions : la place à la corde n’était pas trop favorable et je n’avais peut-être pas choisi le meilleur de l’écurie. Le poulain n’avait que très peu d’expérience et il n’avait pas couru une seule fois cette année. J’ai lui ai laissé le temps, j’ai un peu changé la façon de le monter par rapport à sa course de rentrée. Et il a terminé en boulet de canon… » Sisfahan, qui a ouvert son palmarès en terrain collant à Lyon-Parilly, a décroché la valeur suffisante pour participer au Derby en se classant deuxième d’une Listed, fin mai à Düsseldorf.

Une première pour Henk Grewe. L’entraîneur a déclaré à GaloppOnline, après son premier succès dans la grande course : « J’avais beaucoup de pression. Toute ma famille était ici et je dois avouer que je n’ai pas beaucoup vu de la course. Dans le tournant, j’ai compris qu’il allait bien. Ce grand cheval me permet d’accomplir un rêve ». Le docteur Stefan Oschman, propriétaire de Sisfahan, a dit à GaloppOnline : « Chaque propriétaire rêve de gagner le Derby. Le gagner avec un fils d’Isfahan est encore plus fort. Je n’arrive pas à réaliser. »

Le flair de Darius Racing pour Isfahan. En venant à Deauville pour la vente d’automne, Holger Faust n’a pas perdu son temps. Il était à la recherche de produits d’Isfahan (Lord of England), lequel avait gagné le Derby allemand en 2016 pour la casaque de Darius Racing. C’est pour 18.000 € qu’il a déniché un alezan élevé par Guy Pariente, premier produit de Kendalee (Kendargent). Cette dernière avait montré assez de précocité pour débuter au mois de mai de ses 2ans, avant de gagner à 3ans sur les haies d’Enghien et le steeple de Clairefontaine.

Un croisement prometteur avec les filles de Kendargent. Sisfahan est issu de la première génération de son père, qui compte sur une quarantaine de 3ans conçue au tarif de 4.000 €, lui qui est passé à 4.500 € cette année. Isfahan avait déjà donné une gagnante de Groupe à 2ans, la pouliche Isfahani, lauréate du Premio Guido Berardelli (Gr3) à la suite de la rétrogradation du lauréat. Il a également produit deux placés de Groupe, dont la pouliche Anoush, troisième des Oaks d’Italia (Gr2) et candidate au Preis de Diana (Gr1). Elle est aussi par une fille de Kendargent (Kendor) !

Une sœur de Beaumec de Houëlle. Dans le catalogue de vente, Sisfahan se trouvait au milieu des yearlings d’obstacle. Cela n’avait rien d’illogique. La deuxième mère, Zandalee (Trempolino), a gagné quatre courses en obstacle et avait pris deux places de Listed sur les haies d’Auteuil. Elle a produit le champion de la génération 2015 sur les haies, Beaumec de Houëlle (Martaline), qui est parti au haras avec cinq victoires en six sorties, après son succès dans le Prix Cambacérès (Gr1). Les éleveurs ont apprécié son profil et il a 71 yearlings issus de sa première saison au haras de Montaigu. En 2020, 144 poulinières lui ont été présentées. Cette année, il est offert à 6.000 €.

Zandalee a une yearling par Saint des Saints (Cadoudal) et, cette année, elle a rencontré Galiway (Galileo), la nouvelle vedette du haras de Colleville.