Jean-Pierre Gauvin : « Irésine ouvre le champ des possibles »

Courses / 02.07.2021

Jean-Pierre Gauvin : « Irésine ouvre le champ des possibles »

Acteur incontournable du Centre-Est, Jean-Pierre Gauvin sera l’entraîneur vedette lors du prochaine Festival du Galop de Vichy avec Irésine (Manduro), candidat au Grand Prix (Gr3).

Par Thomas Guilmin

Jour de Galop. - Irésine sera au départ du Grand Prix de Vichy (Gr3). Comment se passe sa préparation ?

Jean-Pierre Gauvin. - Jusqu’ici, sa préparation se passe pour le mieux ! Mercredi, il a fait son premier galop depuis son dernier succès et tout s’est très bien passé. Irésine (Manduro) a remarquablement récupéré après sa victoire dans La Coupe (Gr3). Il est plus beau, plus calme et plus souple que jamais.

Cernez-vous ses limites ?

Concernant ses limites, ce sont les courses qui nous l’apprendront, mais la vraie question est de savoir s’il vaut un Gr1. Il est vraiment légitime de se la poser et l’avenir nous le dira. Nous allons tout faire pour ne pas arriver trop vite sur ce genre de courses. S’il avait été question de disputer un Gr1 directement, il aurait fallu courir le Grand Prix de Saint-Cloud, mais, pour cela, il aurait dû disputer avant le Grand Prix de Chantilly (Gr2). Dans son timing, ces courses-là arrivaient trop tôt et surtout le niveau était nettement plus relevé. Nous avons fait le choix de prendre un chemin plus facile, en évitant de sauter des marches. À cette période de l’année, il n’y a pas réellement d’autres choix pour lui. C’est pour cela qu’il sera au départ du Grand Prix de Vichy, même si c’est une course du même niveau que celui de La Coupe. C’est une course qui lui permettra de ne pas arriver trop frais sur le Grand Prix de Deauville (Gr2), qui pourrait être son objectif de l’été, à condition que la piste soit bonne. Ensuite, à l’automne, nous penserons au Qatar Prix Dollar (Gr2) ou aux Champions Stakes (Gr1), si on veut le garder sur 2.000m. Mais ces deux courses semblent un peu rapprochées. Comme il peut très bien faire 2.400m, le Qatar Prix Foy (Gr2) est aussi une possibilité. Irésine ouvre le champ des possibles. Il faudra voir ce que l’on privilégie, car il est important de respecter le temps de récupération entre chaque course.

Parmi les chevaux que vous avez entraînés, est-ce tout simplement le meilleur ?

C’est possible que ce soit le meilleur cheval que j’aie entraîné. Mais il n’est jamais simple de faire des comparaisons entre les chevaux. Si l’on se réfère à mes deux meilleurs chevaux jusqu’à présent, à savoir Saônois (Chichicastenango) et Siljan’s Saga (Sagamix), oui, c’est un cheval de cette envergure. D’autant plus qu’il fera certainement une carrière plus longue que Saônois. Une chose est sûre, c’est qu’il est en bonne voie pour finir dans le trio de tête des chevaux que j’ai entraînés. L’avenir nous dira ensuite s’il était meilleur que les deux autres.

Chaque année vous atteignez la barre des 70 victoires…

C’est un vrai travail d’équipe. Nous n’avons pas à proprement parler eu de crack depuis Siljan’s Saga, mais nous avons quand même remporté le Prix d’Hédouville (Gr3) avec Petit Fils (Makfi), en 2019. Il faut dire que j’essaie de privilégier ces belles courses désormais, même s’il n’est pas simple d’avoir des chevaux de cette trempe. Ce que je préfère, c’est de faire progresser et de faire vieillir mes chevaux. Autre atout majeur qui explique nos résultats, ce sont les travaux que nous avons réalisés sur notre piste. Ils se sont avérés nécessaires et, avec les pluies tombées ces derniers mois, nous n’aurions jamais pu avoir les mêmes résultats. Si vous voulez avoir de bons chevaux, il faut de bonnes pistes, c’est primordial. Pour être tout à fait honnête, je me sens mieux armé que jamais pour prétendre pouvoir entraîner de très bons chevaux.

Quel regard portez-vous sur le relatif manque de clients en région lyonnaise ?

Ce n’est pas d’aujourd’hui que ce problème existe à Lyon. Prenons l’exemple de Marseille : ils n’ont aucune concurrence, du fait de leur situation géographique. Lors des journées de courses, 80 % des partants sont des chevaux entraînés à Marseille. De plus, ils ont beaucoup de plus de courses qu’à Lyon. Eux aussi ont réalisé des travaux sur leurs pistes et les résultats ont pris un réel coup d’accélérateur. Leurs propriétaires ont forcément un retour sur investissement beaucoup plus important, face aux Lyonnais, qui eux sont dans une position plus centrale et qui subissent la concurrence de toute la France. Même les étrangers viennent à Lyon et à Vichy ! C’est pour cela que je trouvais judicieuse l’idée de Jean-Claude Seroul, qui souhaitait plus de courses à Lyon et à Vichy. Ce sont en plus d’excellentes pistes. L’idée de mettre toutes les courses à Deauville, où l’hippodrome est très excentré, c’est à mon sens une erreur. À l’époque de Jean-Luc Lagardère, le Prix Corrida (Gr2) se disputait à Lyon. Puis nous sommes revenus en arrière. À Deauville, en fin de meeting, tous les professionnels se plaignent d’avoir une piste impraticable. L’an passé, avec le Covid, nous avons récupéré de belles courses à Lyon et cela s’est très bien passé. À mon sens, on ne peut plus se dire que l’élite est uniquement à Chantilly. Les Lyonnais et les Marseillais savent très bien se défendre !

Samedi à Chantilly, Morton est annoncé au départ du Prix de Saint-Patrick (L). Cette course fera-t-elle office de test ?

C’est effectivement une course qui fera office de test. Nous avons eu la chance d’avoir un joli programme lyonnais, où nous avons pu le façonner sur 1.600m. À l’image d’Irésine, nous avons monté les échelons pas à pas. Dorénavant, il n’a pas d’autre choix que d’aller sur une Listed, mais je suis optimiste. Je serais très déçu s’il venait à ne pas prendre de black type.