La bonne étoile de Gianni Caggiula

Courses / 10.07.2021

La bonne étoile de Gianni Caggiula

LE PROPRIÉTAIRE DE LA SEMAINE

Par Adeline Gombaud

Gianni Caggiula est l’une des voix les plus connues d’Equidia. Il est aussi propriétaire, avec une certaine réussite. Dernière victoire en date : celle de la prometteuse 3ans Altesse du Berlais, lauréate pour ses débuts le 5 juillet à Clairefontaine.

Les débuts dans l’écurie du Club Galop

« Tout a commencé quand j’ai décidé de prendre une part dans l’écurie du Club Galop. À l’époque, j’étais étudiant en journalisme, et passionné depuis toujours par les courses, que j’avais découvertes grâce à mon grand-père et mon père, turfistes tous les deux. J’étais de l’autre côté de la barrière et je m’étais dit que cette écurie de groupe serait un bon moyen de faire des rencontres… C’était aller au-delà de mes espérances. Un jour, à Auteuil, j’assiste à une arrivée très disputée. J’en discute avec mon voisin : lui voyait le cheval à l’intérieur gagner, et moi celui de l’extérieur. Le lendemain, rassemblement du Club Galop pour aller voir les chevaux à l’entraînement chez Bernard Sécly. Je traverse la piste et je tombe sur cette personne, avec un micro. C’était Stéphane Mons. Je lui explique que mon rêve serait de travailler dans les courses, comme lui. Il a donné mon numéro à Bruno Diehl, qui m’a appelé ensuite. C’est ainsi que je suis entré d’abord à Geny Courses, puis à France Courses et enfin à Equidia… »

Le plat d’abord

« Les écuries de groupe ont été une bonne formation, mais j’en voulais plus… En 2000, je décide de passer un nouveau cap et de m’associer sur la propriété d’un cheval. Ronan Thomas m’avait présenté à Patrice Châtelain et j’ai pris des participations dans des chevaux… Il y a eu Joséphine, Eklektos, qui m’a offert ma première victoire, à domicile, puisque c’était à Saint-Cloud, d’où je suis originaire. J’ai eu ensuite des chevaux chez Matthieu Boutin, avec une certaine réussite grâce à Mister Moonlight, Counterbid, Zemiro… On a dû gagner une vingtaine de courses. J’ai aussi eu des chevaux chez Fabrice Chappet, avec Gilles Barbarin, et on s’est aussi beaucoup amusés avec un cheval comme Zadounévées. Fabrice Chappet m’a offert d’ailleurs une grande joie, celle d’organiser pour moi un dîner avec Bernard Sécly, mon idole. La première fois que je suis allé sur un hippodrome, c’était à Auteuil, en 1978. J’avais 7 ans et Mon Filleul avait gagné le Grand Steeple pour Bernard Sécly. J’ai toujours suivi ses chevaux ensuite… Enfin, j’ai eu des chevaux chez Julien Phelippon, jusqu’à ce qu’il arrête. »

Les couleurs, une histoire de cœur

« Je suis resté ainsi longtemps associé, sans prendre ma casaque. Il faut dire que j’ai une certaine phobie administrative, et remplir les papiers pour demander mes couleurs, c’était un effort trop grand ! J’avais gardé ça dans un coin de ma tête. En 2018, mon père et mon grand-père sont décédés dans un intervalle assez court. Pour leur rendre hommage, j’ai décidé de franchir le pas et de prendre ma casaque. Je voulais une casaque plutôt classique, épurée. J’adorais Stradivarius et j’ai choisi un dispositif assez proche de la casaque de son propriétaire : noir, manche mi-noire mi-jaune, toque jaune. »

L’épopée du Berlais

« Avec Guillaume Luyckx et Gilles Barbarin, nous avons eu une opportunité incroyable de pouvoir nous associer sur des pouliches du Berlais, avec de top origines. Guillaume avait croisé Guillaume Macaire à Dieppe en 2018. Il avait beaucoup de 3ans et cherchait des personnes pour s’associer avec lui. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec Athéna et Vanille du Berlais. Jean-Marc Lucas, leur éleveur, a pour habitude de vendre les mâles et de louer la carrière de courses des femelles. Nous avons connu de grandes joies avec, puisque Athéna a gagné un Gr1 à Merano et que Vanille, dans le Prix Pelat, avait dix longueurs d’avance sur L’Autonomie au saut de la dernière haie ! Elle a été battue, mais pas par n’importe qui comme nous l’avons compris ensuite ! Nous avons ensuite sympathisé avec Jean-Marc Lucas et, tous les ans, avec Guillaume, nous prenons notre voiture pour aller au Berlais. Cette année, nous avons vu Athéna et Vanille pleines. Moi qui ne suis ni réseaux sociaux, ni selfies, ni toutes ces choses, j’ai pris des photos des deux juments et elles sont toujours sur mon téléphone portable ! Jean-Marc Lucas nous a ainsi proposé l’an dernier deux pouliches de 2ans, Altesse, qui a gagné à Clairefontaine et avec qui on a le droit de rêver, et Daphnée, la sœur de Goliath du Berlais, qui s’est malheureusement accidentée à l’entraînement. »

Première victoire, premier Quinté… Pourquoi pas un premier Groupe ?

« C’est un cheval d’obstacle, Maximo Meridio, entraîné par Guillaume Macaire, qui a permis à ma casaque de s’imposer pour la première fois. Mais ma plus grande émotion, jusqu’à présent, c’est la victoire, dans un Quinté à Saint-Cloud, d’Attentionadventure, que nous avions repérée et achetée à réclamer avec Guillaume Luyckx et Julien Phelippon. Parce que c’était un Quinté et que, pour un petit propriétaire, c’est le premier Graal, parce que c’était à domicile et parce que c’était ma casaque. Je ne saurais comment l’exprimer, mais il y a une sorte de fierté de voir sa casaque s’imposer, une plénitude. Le prochain rêve ? Sans doute de gagner un Groupe. Altesse peut nous l’apporter, même si je sais que beaucoup de choses peuvent se passer, surtout en obstacle… Cependant, j’ai coché la date du Bournosienne sur mon calendrier… Sait-on jamais ! J’espère que ma bonne étoile ne va pas me lâcher. La première course que j’ai gagnée à l’époque du Club Galop, c’était le Prix de la Veine ! »

Du prêt à courir exclusivement

« J’ai acheté un seul yearling, en association avec Stéphane Costes. Elle s’appelait Zakaya et elle est devenue… championne du monde de horse-ball ! Les yearlings, ce n’est pas pour moi. Il faudrait avoir les moyens d’en acheter dix pour tomber sur deux ou trois qui sortent du lot. C’est assez paradoxal car j’ai une vision des courses très empreinte de classicisme et, quand je commente, j’aime autant parler de sport, de références historiques que de jeu. Néanmoins, j’estime que les handicaps sont un mal nécessaire. J’ai appris beaucoup de choses comme propriétaire de chevaux de handicap, j’ai mieux compris les courses grâce à cela… »