Light of Darkness, une championne turque à l’épreuve de Deauville

Courses / 30.07.2021

Light of Darkness, une championne turque à l’épreuve de Deauville

Light of Darkness, une championne turque à l’épreuve de Deauville

Lauréate de sept courses dont les 1.000 Guinées locales, Light of Darkness est la meilleure 3ans turque. Le 3 août à Deauville, elle sera au départ du Prix de Psyché (Gr3). Un challenge sportif à la hauteur de l’enthousiasme de son entourage.

Par Adrien Cugnasse

Ne vous y trompez pas. La Turquie est un vrai pays de courses, avec des allocations élevées (grâce au PMU local) et près de 2.000 naissances annuelles de pur-sang anglais. D’ailleurs, plusieurs chevaux turcs ont bien fait lors du meeting de Dubaï, comme Ribella (gagnante des Cape Verdi et deuxième des Balanchine Stakes, aujourd’hui labellisés Groupe), Pan River (deuxième du Dubai City Of Gold, Gr2), Kaneko (deuxième de l’Al Makoutm Challenge Round 1, Gr3). Ce qui est plus inattendu, c’est le fait de venir courir en Europe de l’Ouest, alors que les allocations turques incitent à rester à domicile à ce stade de la saison. Light of Darkness sera d’ailleurs le premier cheval entraîné en Turquie à se produire sur un hippodrome français à ce niveau.

Un achat très inspiré. Light of Darkness (Red Rocks) est une représentante de Cem Sevim qui l’a achetée foal à la vente de novembre de Keeneland pour seulement 1.000 dollars (845 €) ! La pouliche, qui a déjà aligné sept victoires en treize sorties, a pris plus de 163.000 € dans son pays. Son père Red Rocks (Galileo) a gagné la Breeders' Cup Turf (Gr1). Il a eu une carrière d’étalon correcte en Italie avant de partir pour Calumet Farm au Kentucky. La mère, Charming Legacy (Danehill), est placée de Gr2 aux États-Unis et a produit six autres gagnants. La deuxième mère, Olympic Charmer (Olympio), est gagnante de Gr2 et a donné aussi la lauréate de Gr3 Charm the Giant (Giant's Causeway). Light of Darkness appartient à Cem Sevim et il nous a confié depuis Deauville : « Le marché américain offre beaucoup d’opportunités pour les acheteurs de chevaux de gazon. Les mêmes chevaux de turf sont bien plus chers en Europe à niveau de pedigree équivalent. Et le choix est absolument colossal à Keeneland. »

Le choix de l’engagement. Cem Sevim explique : « Le profil et le rythme des courses françaises sont finalement assez proches de ce que nous connaissons en Turquie. Et c’est l’une des raisons qui ont motivé notre venue à Deauville. Un Gr3 sur 2.000m face aux seules pouliches de 3ans nous semble être un bon engagement. Elle ira plus tard à Meydan, mais pas immédiatement. Light of Darkness est une vraie pouliche de gazon. Elle préfère un terrain standard : pas trop souple et pas trop ferme. De jour en jour, elle nous surprend positivement. Dimanche à Deauville, elle va avoir un dernier travail avant le grand jour. Ozcan Yildirim fait le déplacement depuis la Turquie, où il fait partie des meilleurs, pour la monter. » Cem Sevim a joué en première ligue turque mais aussi à Portland aux États-Unis. Concernant le nombre de footballeurs (et d’entraîneurs de foot) actifs dans les courses au galop, il explique : « C’est la passion de la compétition, avec l’entraînement, la diététique, la recherche de la performance, le recrutement, la tactique… Les chevaux de course sont des athlètes. Et les parallèles avec le football sont nombreux. »

Le sport avant tout. Cem Sevim poursuit : « J’ai cinq chevaux à l’entraînement en Turquie, mais j’élève aussi. Les Turcs achètent beaucoup de juments et d’étalons à l’étranger [comme Myboycharlie, Authorized, Daredevil… ndlr]. À présent, il faut que nous fassions confiance à nos chevaux et que nous allions les courir plus souvent à l’étranger. Mais quand je viens courir à Deauville, ce n’est pas pour l’argent, c’est pour le sport. Car ma pouliche fait une croix sur une partie de la saison turque avec les allocations associées. Et c’est un déplacement très onéreux. C’est un choix purement sportif. De toute manière, Light of Darkness n’est pas à vendre. C’est mon meilleur cheval et elle reviendra au haras chez moi en Turquie. Ce qu’elle m’a offert en termes d’émotions n’a pas de valeur. Je viens d’une famille où l’on aime le cheval et les courses. » Cem Sevim conclut : « À titre personnel, je pense qu’il faut courir à l’étranger chaque cheval qui en montre les capacités. Et si Light of Darkness se comporte bien, cela peut débloquer pas mal de choses. Et donner des ambitions aux bons chevaux turcs. À titre personnel, c’est ma motivation. Je suis un ancien footballer professionnel et j’envisage les courses sous ce prisme : professionnalisme et ambition sportive. Light of Darkness a gagné beaucoup de bonnes courses en Turquie. Maintenant, je veux aller plus haut et plus loin. Si vous faites du sport, vous vivez pour les challenges. »