Lordofthehorizon, à la conquête de la France

International / 31.07.2021

Lordofthehorizon, à la conquête de la France

Lordofthehorizon, à la conquête de la France

Par Christopher Galmiche

Le meeting de Deauville va s’ouvrir ce mardi 3 août avec de nombreuses belles courses. Comme d’habitude, la cité balnéaire a attiré des concurrents d’Angleterre, d’Irlande, d’Allemagne ou encore d’Espagne. En effet, dans le Prix du Carrousel (L), Lordofthehorizon (Dansili) sera au départ avec une belle chance à défendre, sous les couleurs du joueur professionnel de football Jota Peleterio. Lauréat du Premio Corpa puis du Gran Premio de Madrid (A), c’est le meilleur cheval d’âge en Espagne, où il n’a plus rien à prouver. Déjà doué à 3ans puisqu’il est monté sur le podium du Derby et du St Leger à Madrid, il ne fait que progresser. Son entraîneur, basé à Madrid, Patrik Olave, nous en a dit : « Lordofthehorizon a eu une bonne préparation, tout s’est bien passé. Le cheval vient de gagner le Gran Premio de Madrid, qui était son objectif principal en Espagne. Il a beaucoup de tenue et il n’y a pas beaucoup de courses là-bas pour des chevaux comme lui. Suite à son succès madrilène, nous étions obligés de regarder à l’étranger, soit en France, soit ailleurs. En termes de programme, on dirait que la course de mardi à Deauville était la plus logique. Nous sommes conscients que le niveau sera plus élevé que ce qu’il a l’habitude de courir en Espagne, mais chez nous, il a fait ce qu’il avait à faire. Là, ce sera un bonus, mais nous aimons le challenge. Nous aurions pu rester en Espagne pour courir à San Sebastian qui est une piste un peu particulière. Tous les chevaux ne font pas cette piste. Dans le cas de Lordofthehorizon, il a une grande action et nous avons toujours eu l’impression que ce n’était pas une piste pour lui. Il s’est beaucoup amélioré avec l’âge, surtout cet hiver. Il a pris du physique, de la taille. En voyant ses performances 2021, il y avait une certaine logique d’essayer de venir en France et de décrocher du black type. Ça reste une Listed à Deauville, il aurait été plus simple d’en trouver une en province, mais il n’y avait rien dans le calendrier. Ce n’est pas le même cheval qu’en 2020, il est mieux et nous pensons que ça vaut le coup d’y aller»

Un ancien Gosden. Le marché britannique est prolifique en chevaux pouvant bien faire, voire retrouver une seconde jeunesse en Espagne. De nombreux chevaux passés par Tattersalls et sa vente de chevaux à l’entraînement ont ensuite brillé à un bon niveau en Espagne. Les acheteurs ibériques viennent aussi chez Arqana pour trouver leur bonheur avec ce profil de chevaux. Dans le cas de Lordofthehorizon, c’est une histoire un peu différente qui s’est jouée. De fait, il a été acquis à l’amiable après deux sorties correctes pour un certain John Gosden. « J’avais un client tout nouveau qui cherchait un cheval et Lordofthehorizon a été son tout premier. C’est un joueur de football en Espagne et nous n’allions pas commencer avec un yearling avec lequel il aurait fallu attendre. J’ai contacté un courtier espagnol avec lequel je travaille beaucoup [Stamina Turf, ndlr] et j’ai échangé avec lui, il a pu faire une recherche de chevaux qui avaient déjà pu courir. Nous avons eu ainsi l’opportunité de trouver un cheval déjà mis en route. Lordofthehorizon avait un profil tardif, il avait couru deux fois pour M. Gosden. Stamina Turf travaille beaucoup avec Gary Woods et ils ont fait le travail. Ils ont contacté l’écurie Gosden et nous avons réussi à avoir le cheval. Nous nous attendions à ce qu’il progresse en piste car il était tardif. L’an dernier, le Covid a presque été un avantage pour lui car je l’ai laissé tranquille et je n’ai pas commencé à le travailler de bonne heure. Il s’est placé du Derby et du St Leger en Espagne. J’ai fait deux voyages en France avec lui, mais à Vichy, nous n’avons pas eu de chance dans le parcours, et à Toulouse, je pense que j’ai fait l'erreur d’avoir couru cette course. Ce n’était pas le moment. Cet hiver, le cheval s’est éclaté, il a pris du physique, de la taille. Ce n’est plus le même cheval. Cette saison, nous avons vu qu’il était au-dessus de ses valeurs 2020. »

Un parcours de Chantilly à Pau. Le nom d’Olave vous dit sans doute quelque chose. Au-delà du fait qu’il est désormais entraîneur, il a eu une longue expérience française puisqu’il a été notamment assistant de François Rohaut… Mais pas que ! « J’ai commencé chez M. Delzangles à Chantilly. J’ai eu la chance qu’il m’ouvre sa porte et qu’il ait pris un jeune qui n’avait pas beaucoup d’expérience dans le métier. J’avais fini mes études universitaires et j’avais envie de démarrer une carrière dans ce milieu. J’étais passionné. Mon père était un petit propriétaire qui avait eu des chevaux avec Yann Barberot entre autres. J’ai toujours été sportif et le côté entraîneur m’attirait beaucoup. M. Delzangles m’a fait apprendre les bases sur l’organisation de l’écurie et toutes les choses à faire au jour le jour. Ensuite, j’ai contacté M. Rohaut, qui m’a offert la possibilité de travailler chez Shadwell en Angleterre. Puis je suis rentré chez M. Rohaut pour lequel j’ai été assistant. Il m’a appris beaucoup de choses en termes de mise à point du cheval. Je me suis façonné à sa manière par rapport à la construction du programme des chevaux. J’ai eu la chance ensuite de connaître Nicolas de Watrigant avec lequel j’ai passé un moment. Il m’a appris le côté courtage, l’étude des pedigrees, l’observation des chevaux aux ventes... Ensuite, je voulais me lancer. Ce n’était pas évident de le faire en France. Je trouvais que revenir en Espagne était le plus logique pour moi. Je me suis installé à Madrid en 2017 avec ma femme Julia que j’ai connue en France, puisqu’elle travaillait chez M. Rohaut aussi. Nous avons maintenant une vingtaine de chevaux en ayant démarré avec trois. À force de travail et de résultats, nous avons eu de plus en plus de propriétaires qui nous ont appelés. Ça reste une petite structure, mais nous avons des propriétaires qui investissent et renouvellent l’écurie. Ils sont fidèles et passionnés. »