Miguel Castro Megias : « J’ai tenu bon jusqu’à maintenant pour Tiger Tanaka, mais je suis conscient qu’il y a des offres qui ne se refusent pas »

Courses / 27.07.2021

Miguel Castro Megias : « J’ai tenu bon jusqu’à maintenant pour Tiger Tanaka, mais je suis conscient qu’il y a des offres qui ne se refusent pas »

Il aurait sans doute mérité le titre de propriétaire de l’année 2020, tant l’histoire de Tiger Tanaka a apporté aux courses. Toujours sur un petit nuage, Miguel Castro Megias nous a donné des nouvelles de sa championne.

Par Guillaume Boutillon

Jour de Galop. – Avec le recul, quel regard portez-vous sur ce qui vous est arrivé avec Tiger Tanaka ?

Miguel Castro Megias. - Le bonheur est toujours présent, et ce n’est pas forcément la victoire dans le Qatar Prix Marcel Boussac (Gr1) que je retiens d’ailleurs. C’est un tout. Je garde un excellent souvenir, par exemple, de ses trois succès préalables et de la troisième place dans le Robert Papin (Gr2), que je considère d’ailleurs un peu comme une victoire. J’ai compris ce jour-là que l’on avait une pouliche exceptionnelle. Je suis un petit propriétaire présent dans les courses depuis 2016 et je mesure l’immense chance que j’ai d’avoir vécu ça, surtout avec une pouliche achetée à réclamer.

Pouvez-vous nous rappeler justement dans quelles circonstances vous l’avez achetée ?

Nous étions confinés à l’époque. J’avais un cheval à l’entraînement chez Charley Rossi qui s’appelait Adelou (Elusive City). Nous n’avions pas de résultat avec lui, alors je cherchais à en avoir un autre. Ce jour-là, j’étais devant Equidia et j’ai appelé Charley et je lui ai dit : « Écoute, si tu vas à Lyon-Parilly, regarde dans le réclamer, il y en un qui me plaît, dis-moi ce que tu en penses. » Il m’a répondu que celui que j’avais repéré était trop vert, mais qu’un autre lui plaisait bien. Il s’agissait de Tiger Tanaka. Je lui ai laissé carte blanche [elle a finalement été achetée pour 23.789 €, ndlr].

Après l’Emirates Poule d’Essai des Pouliches, son entraîneur, Charley Rossi, a annoncé qu’on ne la reverrait plus en piste…

(Il coupe). Après tout ce qu’elle nous a offert, elle mérite de se reposer désormais. Elle est au haras de la Cour Blanche chez Jacques Rossi, à Bonnebosc (14). Elle n’est pas bien rentrée de sa première sortie cette année [le Prix La Camargo, ndlr] et on ne l’a jamais vraiment retrouvée.

Quelle est la suite pour elle ?

Elle passera en vente au mois de décembre. C’est ma jument de cœur, mais il y a une dimension commerciale qu’il ne faut pas négliger. J’ai tenu bon jusqu’à maintenant, mais je suis conscient qu’il y a des offres qui ne se refusent pas. Si elle atteint un certain montant, elle partira. C’est une pouliche exceptionnelle, elle mérite donc un étalon exceptionnel. Si elle n’est pas vendue, je solliciterai Frankel.

Le nom de Tiger Tanaka est indissociable de celui Jessica Marcialis, devenue la première femme jockey à remporter un Gr1 de plat en France…

C’est sans doute ce dont je suis le plus fier. Lorsque la question s’est posée de savoir si elle devait la monter également pour les Groupes, j’ai insisté pour que ce soit le cas. Elle était sa cavalière du matin et s’entendait très bien avec elle. Pour moi, c’était elle ou personne d’autre. Nous avons essuyé d’ailleurs beaucoup de critiques après sa troisième place dans le Papin, mais nous avons tenu bon. J’étais fou de joie pour elle après sa victoire dans le Boussac. Pour Charley, son compagnon, je l’étais aussi. J’ai fait sa connaissance lorsqu’il était à Chantilly, avant qu’il ne s’installe à Calas. Pour lui aussi, c’était une aventure incroyable.

Avez-vous investi sur d’autres chevaux depuis ?

J’ai acheté deux chevaux l’an dernier, dont un que j’ai perdu à réclamer depuis, Trust on Him (Elvstroem). L’autre, Standby for Chaos (Morpheus), à l’entraînement chez Charley, nous a fait plaisir vendredi dernier à Vichy en remportant un handicap pour 3ans. J’ai aussi acheté une jument inédite l’an dernier, Suggestive (Zoffany). Nous l’avons fait saillir par Birchwood (Dark Angel). C’est un achat que j’ai fait pour ma fille Sandra, qui elle aussi s’est prise de passion pour les chevaux.

À quand remonte la vôtre pour les courses ?

Ma passion des courses est récente, mais celle pour les chevaux remonte à l’enfance. Je suis originaire d’Espagne. Ce n’est que très jeune, dans les années 60, que je suis arrivé en France, dans l’Est, avec mes parents. Je suis né dans la banlieue de Grenade (Andalousie), là où les chevaux andalous occupent une place importante. Il y avait une dimension esthétique qui m’impressionnait énormément. C’est grâce à mon fils que j’ai pris mes couleurs, qui d’ailleurs sont un hommage à la Galice, dont est originaire ma femme.