Thomas Blangy : « Lorsqu’ils viennent en France, les O’Brien font l’aller-retour dans la journée »

Courses / 06.07.2021

Thomas Blangy : « Lorsqu’ils viennent en France, les O’Brien font l’aller-retour dans la journée »

À la tête de Sky Horse, une entreprise de transport équin, Thomas Blangy est devenu l’homme de confiance Ballydoyle pour l’acheminement des chevaux de l’Irlande jusqu’en France…

Jour de Galop. – Comment avez-vous mis le pied à l’étrier ?

Thomas Blangy. - Ma mère a fait carrière dans le monde aérien et j’ai eu la chance de beaucoup voyager grâce à elle. J’ai travaillé dans de nombreux aéroports et le transport international m’a toujours énormément intéressé. Ayant grandi à Chantilly, il était logique de s’intéresser aux chevaux. Après des études de commerce et de management d’entreprises, je suis entré au service de Robert Nataf, en tant que chargé du service import-export chez STC Horse France. Cette expérience a duré sept ans. Ensuite, en 2018, j’ai ouvert ma société spécialisée dans le transport équin : Sky Horse.

Comment votre collaboration avec Ballydoyle est-elle née ?

Par l’intermédiaire de Robert Nataf. Après avoir créé ma société, Ballydoyle a été la première entité à me faire confiance. C’est pour moi une immense fierté de prendre part au succès – à mon niveau – des partants de monsieur O’Brien. Lors de la venue de ses chevaux pour courir en France, je m’assure que tout se déroule bien. Il faut gérer toute la logistique, du début à la fin. Cela commence par le remplissage du laisser-passer pour les chauffeurs et les camions sur les aéroports. Ensuite, j’assure le transport en camion entre les aéroports et les différents hippodromes. Il y a également une grosse dimension administrative, avec toute une partie relative aux contrôles vétérinaires et à la réservation des boxes sur les hippodromes. Parfois, des documents vétérinaires supplémentaires peuvent venir s’ajouter à la liste. L’acheminement du matériel pour les jockeys (couleurs, pads, sangles…) qui est fourni par l’écurie O’Brien fait également partie de notre mission. J’ai gagné leur confiance avec les années de travail et c’est quelque chose d’indescriptible.

Broome, le gagnant du Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1), a voyagé sous votre responsabilité. Quel était son plan de transport ?

Que ce soit pour Broome (Australia) ou les autres partants de monsieur O’Brien, nous sommes prévenus une semaine en amont de la venue des chevaux. Ils font l’aller-retour dans la journée. En détail, les chevaux partent en général vers 8 h d’Irlande. Ensuite, ils arrivent à l’aéroport du Bourget, aux alentours de 9 h 40, heure française. Au vu de l’enjeu sportif, nous mettons toujours un camion roulant à vide. Ce dernier suit le premier camion qui transporte les chevaux, et cela jusqu’à leur arrivée à l’hippodrome. Pour ce qui est de leur retour à Ballydoyle, ils repartent le soir aux alentours de 19 h 30. Avec le décalage horaire d’une heure, ils atterrissent à 20 h 20, en Irlande. Ils ont ensuite deux heures de camion avant de retrouver leur boxe, vers 23 h. Cela représente une longue journée, mais nous avons toujours fait comme cela et les résultats sont au rendez-vous.

Qui sont vos autres clients ?

Ce sont principalement des étrangers. Je travaille en étroite collaboration avec différents courtiers anglais, ainsi qu’avec des entraîneurs comme David Ryan, pour lequel nous avons organisé le transport d’Atomic Force (Cotai Glory), lors de sa victoire du Prix du Bois Longines (Gr3).

Quel est l’impact de la Covid sur votre activité ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le transport équin n’est pas tant impacté que cela, par l’épidémie de Covid. Nous avons connu un fort ralentissement au début de la pandémie, avec de nombreux pays qui avaient fermé leurs frontières aux importations. Mais, petit à petit, tout cela est plus ou moins rentré dans l’ordre. Ce sont plutôt les hommes qui sont impactés, avec les problématiques de quarantaine et de tests que nous connaissons. Le matériel utile aux soins des chevaux fait également l’objet de contrôles renforcés.