Un nouveau chapitre s’ouvre pour Adrien Lacombe

Courses / 21.07.2021

Un nouveau chapitre s’ouvre pour Adrien Lacombe

Par Christopher Galmiche

Adrien Lacombe a annoncé mardi sa décision d’arrêter sa carrière d’entraîneur. Au lendemain de cette annonce, l’entraîneur de Senonnes est revenu avec nous sur sa carrière avec sincérité et lucidité.

C’est un nouveau chapitre de sa vie qu’Adrien Lacombe s’apprête à écrire. Après être passé par les cases de gentleman-rider, jockey et entraîneur, il a décidé de raccrocher les jumelles et de voguer vers de nouveaux projets professionnels. Il nous a expliqué : « J’arrête pour des raisons privées, familiales et aussi professionnelles. J’ai toujours eu envie de déménager près de l’océan. Je ne me suis jamais imaginé terminer ma carrière d’entraîneur à Senonnes-Pouancé. J’ai eu une grosse baisse de régime avec des soucis sanitaires depuis bientôt un an. Et il y a également une difficulté à recruter du personnel très confirmé et motivé. Mes emprunts professionnels étaient remboursés... J’ai 49 ans, donc je me suis dit que si je voulais avoir une nouvelle orientation professionnelle et bouger, c’était maintenant ou jamais ! J’ai l’impression d’avoir fait le tour de la question avec ma petite structure. Je n’ai jamais voulu m’agrandir. J’ai quand même eu la chance de gagner au niveau Gr2 avec Bon Augure, en plat et en obstacle. Si je jette un coup d’œil dans mon rétro sur ma carrière, je n’ai pas à me plaindre. Pour avoir une plus grande réussite, il aurait fallu que je m’agrandisse. Parce que lorsque vous avez des soucis, des blessures ou des problèmes sanitaires, en très peu de temps, vous êtes déséquilibrésJe peux partir la tête haute, avec un bilan positif, pour préparer un nouveau projet. » Le courtage de chevaux de course, l’immobilier ou le tourisme font partie des éventuelles orientations d’Adrien Lacombe. Il nous a avoué : « J’ai toujours aimé aller voir les éleveurs pour repérer des chevaux bien équilibrés et bien faits dans leur pré, puis les faire acheter. J’ai toujours aimé cette démarche "dialogue-échanges-coup d’œil". Ce sont des métiers tellement prenants et passionnants que tourner la page… n’est pas une décision facile à prendre car on a l’impression de s’engager à vie. »

Bon Augure et beaucoup d’autres… Adrien Lacombe est bien sûr associé à la formidable histoire du champion Bon Augure (My Risk), lequel avait réussi un comeback fantastique pour gagner le Prix des Drags (Gr2). Mais il a eu beaucoup d’autres bons chevaux sous sa responsabilité. En jetant un œil en arrière, il nous a expliqué : « Bon Augure, Bise de Mer, Dame de Compagnie, Bête à Bon Dieu ont été mes meilleurs chevaux. Je les avais repérés dans la région Centre. Bien sûr, Bon Augure a été mon meilleur souvenir, d’autant plus avec son histoire que tout le monde connaît. Grâce à lui, j’ai fait un jumelé gagnant dans le Bourbonnais, et puis il m’a permis de gagner les Drags après son grave accident. Au moment où je vous parle, il est là, sous mes yeux. Angus et Lynne MacLennan [ses propriétaires, ndlr] me l’ont donné pour qu’il passe sa retraite chez moi. Je le monte de temps en temps en promenade. Il est gras comme un cochon, il a un pote avec lui et il est heureux ! Mais il n’y a pas eu que lui. Nous avons réussi, avec notre petite structure, à gagner plusieurs courses à Auteuil avec des chevaux différents. Nous sommes aussi allés à Waregem une seule fois et nous avons gagné la course de haies avec Édouard Monfort grâce à Uno de Thaix. Ce sont des souvenirs indélébiles car il y a beaucoup d’ambiance et de monde. J’ai un autre grand souvenir : quand nous sommes allés courir à Chepstow avec Arverne. Nous étions troisièmes de Gr1 sous les couleurs McManus. C’était un excellent souvenir : il y avait beaucoup de monde, une belle ambiance. J’ai eu beaucoup de bons souvenirs. Pour une petite structure comme la mienne, je ne suis pas mécontent. »

Au nom du père. Propriétaire-éleveur bien connu, notamment avec Bucéfal (Pistolero) et Exupery (Désir d’un Soir), Georges Lacombe a transmis sa passion des chevaux et des courses à son fils. « Quand j’avais une quinzaine d’années, sous l’influence de mon père, j’ai eu envie d’entraîner. Mon père m’avait préparé pour un projet familial puis il a vu que j’étais passionné par les chevaux. Il voulait faire une piste à la maison et que je devienne l’entraîneur de son élevage. C’était son rêve à lui. Mais il a réussi à m’imprégner avec cela et je pense que ça m’a guidé. Après une courte carrière de jockey d’obstacle chez Guillaume Macaire, j’ai gardé cela en mémoire. Cela a dû me motiver. Je ne peux que remercier mon père. Chez Guillaume Macaire, j’ai cultivé mon goût pour l’entraînement avec des chevaux bien mis, bien réglés, une grande rigueur dans le travail, beaucoup d’exigence. Pour moi, ç’a été un parcours capital pour la suite avec ma petite structure. Guillaume Macaire a été l’élément déclencheur dans ma carrière. C’est un grand formateur de chevaux, mais d’hommes également. »

Bon Augure, la grande histoire

Bon Augure (My Risk) aura marqué l’histoire des courses d’obstacle en France. C’est une publicité vivante pour le dépassement de soi et la force mentale. En juin 2017, après le succès de Bon Augure dans les Drags, Adrien Lacombe nous avait raconté les moments forts de la vie de son champion.

Une longue rééducation avant de retrouver la gloire des pistes. « Bon Augure a été sauvé après une grosse infection qui s’est développée dans le ligament et la gaine. Il était à la clinique de Grosbois et ils m’ont fait comprendre qu’ils étaient inquiets. On était à deux doigts de le perdre, tellement l’infection était importante. Suite à cela, ils ont fait un plâtre avec une ouverture pour soigner la plaie. Le tendon était impossible à recoudre car il était explosé à 100 %. Son tendon s’est reconstruit naturellement, tout seul, sans adhérence, ce qui est assez incroyable. Lors de la rééducation, déferré derrière, dans le champ à côté de la maison, je le montais et il n’avait pas de gêne. À partir de là, on commençait à être un peu optimiste. Début janvier, on l’a entraîné sur les pistes en sable et il n’était pas gêné non plus. Puis on l’a entraîné sérieusement au mois de février, il n’a pas eu de gêne. On a sauté à l’entraînement, il n’y avait aucun souci. Tout était nickel. »

Les concours d’AQPS, lieux de rencontre. « C’est à Paray-le-Monial que j’ai vu Bon Augure pour la première fois. Par la suite, à Decize, j’ai réussi à le faire acheter à Richard Hobson, un courtier, qui a trouvé des clients que je ne connaissais pas, Lynne et Angus Maclennan, via Peter Scudamore et Lucinda Russel. Ensuite, il est venu chez moi et il est resté chez moi. Parce qu’à la base, Bon Augure devait courir un peu en plat, peut-être démarrer en obstacle en France et ensuite partir en Angleterre. Mais vu que ça se passait bien en France, ses propriétaires ont décidé de le laisser chez moi, du fait que c’est un cheval compliqué, très allant. Une confiance s’est désormais bien installée entre les propriétaires et moi. »