La retraite des chevaux : un sujet qui progresse bien

Autres informations / 14.08.2021

La retraite des chevaux : un sujet qui progresse bien

La retraite des chevaux : un sujet qui progresse bien

Hier, dans nos colonnes, le Syndicat des propriétaires a suggéré la création d’un plan d’épargne retraite pour chaque cheval. L’idée avait déjà été avancée il y a quelques mois par Au-delà des pistes (ADDP), ce qui montre qu’elle devient de plus en plus évidente.

Le premier scénario imaginé par ADDP proposait à chaque propriétaire de bloquer 500 € sur son compte France Galop pendant toute la carrière du cheval. S’il ne quitte pas les courses sain et net, et a besoin de soins et/ou de temps avant de pouvoir être donné, les 500 € sont débloqués pour payer la structure de reconversion. En revanche, si le cheval peut être donné directement grâce à ADDP et à la structure locale de reconversion*, ou bien s’il décède, ou s’il est vendu à l’étranger, les 500 € sont remis à la disposition du propriétaire. Cela fonctionne comme une sorte de caution. Ou comme la célèbre écotaxe – à cette grosse différence près que celle-ci est définitivement perdue pour l’acheteur.

C’est une solution intéressante. Elle a cependant l’inconvénient de taxer une fois de plus les propriétaires qui sont déjà beaucoup mis à contribution. D’où le second scénario sur lequel ADDP travaille. Mettre à contribution des acteurs qui ne sont pas concernés par les allocations : courtiers, consignataires, vétérinaires… L’idée serait de créer, avec l’accord de tous, un mécanisme de financement basé sur les enchères, mais avec un micropourcentage, en faisant participer le maximum de personnes qui vivent des chevaux de course. Le Syndicat des propriétaires a proposé 2 %. Ce qui se pratique aux États-Unis, où ce système existe depuis quelques années, est plutôt de l’ordre du 3 pour… 10.000 ! Sur la base du volontariat, le vendeur, l’acheteur et l’agence de ventes peuvent abonder à hauteur d’un dollar chacun par tranche de 10.000 $ d’enchères.

La reconversion est vraiment l’affaire de tous et il serait formidable que tous les acteurs puissent y participer. D’autant que, contrairement à certaines idées reçues, elle ne coûte pas si cher. En moyenne : 500 à 1.000 € par cheval ayant besoin de soins/temps.

Rappelons d’abord que ceux qui sortent sains et nets des courses ne déclenchent aucuns frais pour personne : ni pour le propriétaire, ni pour ADDP, puisque le cheval est directement donné à la structure de reconversion qui peut commencer immédiatement son travail sans avoir elle-même à engager de frais.

Donc les seuls qui ont besoin d’argent, ce sont les chevaux qui quittent les courses sur blessure. Ce qui coûte, dans leur cas, c’est le traitement et le temps de rétablissement – tout ce qui occasionne l’immobilisation du cheval. Voilà qui suscite des frais pour la structure, en attendant que le cheval soit apte à être placé. Et c’est à ce stade que les chevaux peuvent exiger des frais différents, dont la moyenne constatée est comprise entre 500 et 1.000 €. Or cette somme n’est pas couverte à 100 % par le partenariat signé entre ADDP et France Galop. En effet, la société mère verse 150 € par mois (300 € tous les deux mois) jusqu’au rétablissement du cheval – et la convalescence dure généralement entre trois et six mois… et peut parfois prendre un an.

* ADDP n’est pas une structure de reconversion. ADDP centralise les demandes, oriente les chevaux, recueille les fonds et labellise les centres de reconversion.