Prix Rothschild (Gr1) : et à la fin, c’est Aidan qui gagne !

Courses / 03.08.2021

Prix Rothschild (Gr1) : et à la fin, c’est Aidan qui gagne !

Deauville, mardi

Il y a cette impression que les Grs1 français se suivent et se ressemblent : à la fin, c’est Aidan O’Brien et les lads qui gagnent ! Le premier Gr1 du meeting de Deauville, le Prix Rothschild, n’a pas échappé aux Irlandais avec le succès de Mother Earth (Zoffany). C’est la cinquième victoire de Gr1 en France cette année pour le maître de Ballydoyle : ses pensionnaires en ont couru sept en tout, soit un pourcentage de réussite de 71,4 % ! Si vous élargissez encore le spectre, Aidan O’Brien a remporté cinq des onze Grs1 couru en France cette année (45,45 %).

Oui, mais vous nous direz qu’Aidan O’Brien et Coolmore alignent souvent des armadas dans nos courses : ce n’est pas vrai en 2021. L’entraîneur a eu trois partants dans le Grand Prix de Paris (Gr1), deux dans le Jockey Club et deux dans le Haras d’Étreham Prix Jean Prat, mais un seul dans le Grand Prix de Saint-Cloud, le Ganay et les Emirates Poules d’Essai. En tout, le nom de l’entraîneur est apparu à treize reprises dans les programmes français – uniquement au niveau Gr1 – cette année : treize partants, pour cinq victoires, soit 38,4 % de réussite, et la réussite dans les trois premiers est de 61,5 % (8 chevaux sur 13 sur le podium).

Il aura fallu batailler. Ryan Moore a fait le choix de patienter avec Mother Earth, qui a facilement suivi dans une course emmenée à un rythme régulier par Parent’s Prayer (Kingman). À 550m, Ryan Moore a commencé à décaler sa pouliche vers les tribunes, où Queen of Love (Kingman) a évolué toute seule durant la course. Ce choix lui a permis d’obtenir l’appui du rail extérieur lorsque Queen of Love, qui s’était cabrée dans sa stalle, a cédé. Mother Earth a bien répondu aux sollicitations, résistant jusqu’au bout à Sagamiyra (Sea the Moon), vue dans le sillage de l’animatrice et excellente deuxième, à une tête. L’arrivée a été très serrée entre les quatre premières. C’est Speak of the Devil (Wootton Bassett) qui, après avoir été montée dernière et avec beaucoup de sang froid par Stéphane Pasquier, est venue arracher la troisième place, à une courte tête. Elle devance d’une courte tête une autre marseillaise, Rougir (Territories), vue en embuscade derrière les premières. Belle Image (Kodi Bear) est cinquième à une longueur un quart, Cœursamba (The Wow Signal) traçant une fin de course correcte pour être sixième à un nez.

Un deuxième Gr1. Mother Earth décroche, avec le Rothschild, un deuxième Gr1, elle qui avait remporté les 1.000 Guinées de Newmarket (Gr1). À 3ans, la pouliche de Coolmore est irréprochable : cinq sorties, deux victoires, deux deuxièmes places et une troisième place. Un pourcentage de réussite de 100 % sur le podium, et cela peu importe le terrain : elle a performé sur des pistes légères comme sur des terrains très souple (deuxième de la Poule d’Essai des Pouliches) et très lourd (troisième des Coronation Stakes). Une pouliche de rêve !

Aidan O’Brien était présent à Deauville, lui qui n’avait pas pu venir auparavant en France avec toutes les restrictions de déplacement autour de la Covid-19, tout comme beaucoup de professionnels irlandais que l’on a revus avec plaisir sur nos hippodromes. Il nous a dit : « Elle est très dure et régulière. Ryan Moore l’a très bien montée et elle est professionnelle. Nous avons eu beaucoup de chance en France cette année : Ioritz [Mendizabal, ndlr] a très bien monté nos chevaux, comme Ryan aujourd’hui, et nous avons la chance de travailler avec des chevaux aux magnifiques origines. Mother Earth a un excellent tempérament, elle est posée dans un parcours et a une belle accélération. Je crois que le mile est la distance parfaite pour elle, elle suit facilement dans un parcours. Une fois en tête, elle peut se reprendre un peu et attendre les autres mais la distance est, à ce stade, très bien pour elle. Pour la suite, je ne pense pas qu’elle ait besoin d’un break dans l’immédiat car elle prend très bien ses courses, qui ont été parfaitement espacées jusque-là, et elle récupère bien. Les Matron ou le Moulin peuvent être des options, tout comme le Jacques Le Marois qui est aussi une possibilité. Nous allons voir comment elle revient de Deauville avant de décider de la suite. Côté terrain, elle s’adapte à tout, donc les États-Unis pourraient aussi être une option, d’autant plus qu’elle y a pris une deuxième place l’an passé. » Le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois, dans douze jours, serait un nouveau défi pour Mother Earth : ce serait une première pour elle face aux mâles.

Sagamiyra franchit une nouvelle marche. Sagamiyra ne cesse de progresser depuis ses débuts. Battue lors de ses deux premières sorties, elle a ouvert son palmarès à Niort en septembre 2020, avant de confirmer à Angers puis, dans la foulée, de remporter un Quinté à Compiègne. Pour sa rentrée en 2021, c’est de nouveau dans une course support d’événements qu’elle s’est imposée et il a fallu logiquement monter de catégorie. Saamiyra a prouvé qu’elle valait beaucoup plus que les handicaps : elle avait été très plaisante lors de son succès dans le Prix Maurice Zilber (L), pour sa première tentative au niveau black type, et dans le Prix Bertrand du Breuil (Gr3) face aux mâles, elle n’avait trouvé qu’Écrivain ** (Lope de Vega) pour la battre. La représentante de Son Altesse l’Aga Khan devait montrer, mardi, qu’elle était digne d’un Gr1 : elle l’a prouvé !

Son entraîneur, Mikel Delzangles, nous a dit : « Nous ne sommes jamais ravis d'être deuxièmes, nous préférons être premiers (rires). La pouliche a répondu pleinement à nos attentes et s'est montrée courageuse. C’est une vraie pouliche de 1.600m et elle pourrait même aller sur un peu plus court. Il y avait un vrai lot et elle a vraiment lutté jusqu'à la fin. Il est évident qu'à Deauville, nous préférons être le long du rail, mais avec son numéro 8 dans les stalles, la tâche s'annonçait délicate. Pour la suite, rien n'est décidé. Il y a cependant beaucoup d'options possibles, même s’il n'est pas simple de voyager cette année. »

Speak of the Devil, Deauville lui plaît tant. Montée "off" par Stéphane Pasquier, Speak of the Devil a tracé une belle fin de course pour prendre une proche troisième place. La ligne droite de Deauville, elle adore ! La 4ans restait sur une victoire dans le Prix de la Calonne (L) sur ce tracé, où elle avait échoué d’un nez dans l’Emirates Poule d’Essai des Pouliches (Gr1) l’an passé. Frédéric Rossi, son entraîneur, nous a dit : « C'est formidable. Stéphane Pasquier a monté la jument aux petits oignons. Quand elle est venue à 200m du but, j'ai cru qu'elle allait gagner car elle a un gros finish. Après, il n'y a pas grand-chose à l'arrivée. Cela montre bien qu'elle peut gagner son Gr1 d'ici la fin de l'année. Je ne sais pas encore quel Gr1 cela sera. Déjà, être présent au départ du Prix Rothschild était quelque chose d'assez osé, mais waouh ! Je suis super heureux. Surtout pour une casaque que j'apprécie et qui est en train d'investir chez moi. J'espère que nous aurons de belles années et de beaux succès ensemble. »

PEDIGREE WEATHERBYS :

https://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/MOTHEREARTH.pdf

Une Coolmore d’origine Godolphin. Mother Earth a été achetée 150.000 € par Coolmore à la Goffs Orby Sale. C’est une fille de Zoffany (Dansili), qui est décédé cette année. La mère, Many Colours (Green Desert), avait fait carrière pour la casaque du cheikh Mohammed Al Maktoum en remportant les Dance Design Stakes (L, 1.800m) au Curragh, sous l’entraînement de Jim Bolger, avant de passer chez Godolphin. Elle avait comme objectif la belle course pour les femelles du Carnival. Mais malheureusement, elle y avait buté sur la pensionnaire de Mike de Kock Sun Classique (Fuji Kiseki), une gagnante de Gr1 en Afrique du Sud, qui a enlevé les Cape Verdi et les Balanchine avant de remporter la Sheema Classic (Gr1).

Horse France, agissant pour un client irlandais, a achetée Many Colours à la vente d’élevage de Goffs en novembre 2016, pour 50.000 €. Elle était pleine de Night of Thunder (Dubawi). Le fruit de ce croisement, la pouliche Night Colours, a gagné le Premio Dormello (Gr2), la version italienne du Prix Marcel Boussac. Many Colours avait déjà donné deux gagnants avant la vente.

C’est une famille qui a de la vitesse. Sous la troisième mère, Star Profile (Saddler’s Wells), on trouve Patience Alexander (Kodiac), gagnante des Marygate Stakes (L) et troisième des Albany Stakes (Gr3). La souche a encore été à l’honneur cette année à Royal Ascot puisque Star Profile est l’aïeule de la "FR" Cheerupsleepyjean (Starspangledbanner), troisième des Queen Mary Stakes (Gr2). Si l’on remonte plus loin dans la famille, sous la quatrième mère, on trouve le nom de deux excellents sprinters : Dandy Man (Mozart) et Anthem Alexander (Starspangledbanner).

 

 

 

Danehill

 

 

Dansili

 

 

 

 

Hasili

 

Zoffany

 

 

 

 

 

Machiavellian

 

 

Tyranny

 

 

 

 

Dust Dancer

MOTHER EARTH (F3)

 

 

 

 

 

 

Danzig

 

 

Green Desert

 

 

 

 

Foreign Courier

 

Many Colours

 

 

 

 

 

Darshaan

 

 

First of Many

 

 

 

 

Star Profile

LES CHRONOS

TEMPS PARTIELS

Du départ à 1.000m : 36’’91

De 1.000m à 600m : 23’’05

De 600m à 400m : 11’’72

De 400m à 200m : 11’’75

De 200m à l’arrivée : 12’’42

Temps total : 1’35’’85