Chez Roussel

Magazine / 18.09.2021

Chez Roussel

(Roulements de tambours) Samedi 2 octobre, le Cristal Vignon sera ouvert pour le déjeuner et pour le dîner. C’est un petit événement parce que ce bistro parisien de tradition, aux plats canaille et à la cave généreuse, est habituellement fermé le week-end. Mais que se passe-t-il de si important à Paris le premier week-end d’octobre pour que le gastos soit subitement ouvert ? Le Prix de l’Arc de Triomphe, bien sûr !

En reprenant ce resto, l’ami Manu Roussel a réalisé un vieux rêve, lui qui a passé des années dans la peau du client : « J’ai été un consommateur intensif ; j’avais envie de passer de l’autre côté pour servir ce que j’aimais moi-même boire et manger. Je remercie Franck Miquel – dont le père avait des chevaux chez Raymond Touflan – d’avoir relevé le pari de confier l’une de ses enseignes à un bleu ! » Et, pour l’ouverture du 2 octobre, c’est à peu de choses près la même histoire : « Quand j’étais journaliste hippique, cela me manquait beaucoup qu’il n’existe pas, à Paris, un restaurant où tous les gens qui aiment les courses auraient pu se retrouver la veille des grandes épreuves… Pour l’Arc de Triomphe, en particulier, plein d’amis anglais et irlandais venaient à Paris. On pouvait passer une soirée sympa à droite ou à gauche. Mais nulle part nous n’avions le sentiment d’être chez nous, entre passionnés. »

Le manque est donc comblé au 27, rue Vignon, une petite rue calme à cheval entre le VIIIe et le IXe arrondissement de Paris et à mi-chemin entre la Madeleine et les Grands Magasins. La salle peut accueillir trente couverts et la terrasse autant. Au mur, les chevaux du roi d’Angleterre viennent de chez Guy Henrot, des sportsmen à Longchamp ont été immortalisés par Robert Capa, les images d’Épinal étaient à Erick Chombart de Lauwe, les Roussel posent au grand complet… et une photo de W.C. Fields offerte par Bernard de Croix, que Manu a voulue avec lui (en hommage à son ancienne vie) parce qu’elle était le seul ornement de la salle de presse de Belmont Park !

Dans l’assiette, on se régale. En entrée, nous recommandons particulièrement l’artichaut (énorme) vinaigrette (savoureuse) et la terrine dite « La Régalade » (avec une majuscule s’il vous plaît), mitonnée par Bruno Doucet, rue Saint-Honoré. En plat, outre les classiques andouillettes et le tartare, impeccables, on peut se damner pour les calamars à la soubressade (chair de chorizo) – une création du chef Frédéric. Même si le seul inconvénient de ce plat, c’est qu’il n’y a pas de frites servies avec, alors que les frites du Cristal font partie des meilleures que nous ayons mangées, ever

Enfin, pour ne rien gâcher, le patron a dégoté une glace à la pistache supérieure à celle de Bertillon, à la fois gourmande (on a l’impression de manger le fruit) et très digeste puisque sans crème ni lait. Quant aux vins, ils ont été choisis par Hervé d’Armaillé et ils ne sont pas sans connotation hippique, notamment le Sainte-Philomène (famille Brac de La Perrière) et le Tariquet (Maïté Dubuc-Grassa). On y ajoutera un vin blanc naturel déniché par Manu en Sicile, qui est juste parfait.

Si vous êtes à Paris pour l’Arc, foncez-y ! Nous y serons aussi…

Entrées : 6/8 €. Plats : 15/18 €. Réservations (pour le samedi 2 octobre ou une autre date) : 01.47.42.46.53 ou par mail : emmanuel@lecristal.paris