Encore cinq jours, et cinq questions…

Courses / 27.09.2021

Encore cinq jours, et cinq questions…

  1. Pleuvra, pleuvra pas ?

À vos applis météos ! La nôtre annonce, après un lundi légèrement arrosé, un temps plutôt sec jusqu’à samedi. Dimanche, en revanche, sortez les bottes : il pourrait tomber entre 5 et 10 mm d’eau. Lundi, à 10 h, le pénétromètre a affiché un 3,4 (bon souple). Franco Galop annonce un bon souple également pour dimanche, tout au moins en début de réunion. Il est possible qu’on évolue au fil de la journée vers une piste souple (entre 3,5 et 3,7). Mais, à moins d’un déluge non prévu, on ne devrait pas atteindre les 4,6 de l’an passé, ni les 4,1 de 2019. Également à prendre en considération : une bande de 6m d’épaisseur à la corde a été préservée cette année pour la réunion du 3 octobre. Elle n’a pas été utilisée lors des Arc Trials, et pas depuis le 14 juillet. L’open-stretch sera mis en place le 3 octobre.

  1. Raabihah : courra, courra pas ?

Au papier, c’est la meilleure chance française dans cette 100e édition de l’Arc de Triomphe. Seulement, depuis plusieurs semaines, Jean-Claude Rouget parle du Qatar Prix Royallieu (Gr1) pour Raabihah (Sea the Stars), et son jockey, Cristian Demuro, s’est même engagé sur le japonais Deep Bond (Kizuna), avec cette réserve qu’il devra assurer sa monte sur la représentante Shadwell en cas de changement de cap… Pour le moment, aucune décision n’a été prise quant à la participation de la pouliche à l’Arc, comme nous l’ont confirmé Jean-Claude Rouget et Angus Gold. Le manager de l’écurie a précisé : « Mardi auront lieu les forfaits du Royallieu et nous y verrons plus clair. Je pense aussi que la pouliche va travailler mardi matin. Nous l’avons gardée à l’entraînement à 4ans dans l’objectif de lui faire gagner un Gr1. Il va sans dire que le lot du Royallieu sera plus faible que celui de l’Arc… Mais si mardi, Jean-Claude Rouget me dit que la pouliche est dans la forme de sa vie, et/ou que la cheikha Hissa a envie de la voir dans la plus grande course du monde, elle ira sur l’Arc. Nous avons de toute façon jusqu’à mercredi pour nous décider. »  

  1. L'Arc peut-il échapper à Godolphin ?

Godolphin présente deux des meilleures chances. Hurricane Lane (Frankel) et Adayar (Frankel), qui doit être supplémenté mercredi, ont tout simplement été exceptionnels depuis le début de la saison. Hurricane Lane prendra part à sa septième course de l’année. Ce n’est pas rien, certes ! Mais il n’a pas eu de combats trop durs. Et lors sa seule défaite, dans le Derby d’Epsom (3e), il avait perdu deux fers dans la phase finale.

Lors de sa sortie suivante, il a signé une incroyable fin de course (non sans pencher) pour venir remporter tout à la fin l’Irish Derby (Gr1). Grandissime favori du Grand Prix de Paris (Gr1), il a atomisé l’opposition, s’imposant avec six longueurs d’avance sur le deuxième, Wordsworth (Galileo). Revu ensuite le 11 septembre à Doncaster, Hurricane Lane a gagné avec beaucoup de facilité le St Leger (Gr1). Seul bémol, aucun gagnant du St Leger n’est parvenu à remporter l’Arc de Triomphe. Ceci étant dit, par le passé, le St Leger était bien plus relevé (et donc un vrai combat) et des 3ans comme Nijinsky (Northern Dancer) avaient beaucoup couru à 2ans avant de partir au combat dans les 2.000 Guinées (Gr1). Cela laisse des traces à l’automne.

Il faut cependant avouer que nous n’avons pas beaucoup de recul sur cette génération des 3ans. Le plus dur pour Hurricane Lane sera certainement de battre son compagnon de casaque Adayar qui, avec son 127 de rating, affiche la valeur la plus haute du lot ! Ce dernier l’a nettement dominé dans le Derby d’Epsom. Le point d’interrogation pour Adayar vient du fait qu’il effectuera sa rentrée dans l’Arc. En raison d’un léger contretemps, il a dû décliner la lutte dans le Qatar Prix Niel (Gr2). Lors de sa dernière sortie victorieuse, en juillet dernier, dans les King George VI And Queen Elizabeth Stakes (Gr1), Adayar s’est montré très brillant. Sera-t-il trop frais le jour J ? Pas simple d’y répondre. Les limites d’Adayar sont inconnues et Hurricane Lane connaît le parcours des 2.400m de ParisLonchamp. Concernant la météo, les deux représentants de Godolphin semblent en mesure de s’adapter à une piste souple. Charlie Appleby marche sur l’eau avec cinq victoires de Gr1 depuis début septembre. Cette série se poursuivra-t-elle le premier dimanche d’octobre ? Nous sommes tentés de dire oui et c’est à Adayar et à Hurricane Lane de nous montrer qu’ils sont des 3ans exceptionnels !

  1. Tarnawa est-elle la nouvelle Corrida ?

Tarnawa (Shamardal) est l’une des favorites de cette 100e édition. La jument de Son Altesse l’Aga Khan a désormais 5ans. Or, en 99 éditions, une seule jument de 5ans a gagné l’Arc : la star Corrida (Coronach) en 1937. Cinq autres ont terminé dans le quarté : Enable (Nathaniel) en 2019, Trêve (Motivator) en 2015, Tryptich (Riverman) en 1987, All Along (Targowice) en 1984 et Park Top (Kalydon) en 1968. Trois d’entre elles avaient gagné un ou deux Arc avant.

Tarnawa est un cas bien différent. Elle a été gardée à l’entraînement avec un seul objectif et son entraîneur l’a sortie du coton en août. Au cours de ses trois premières années de compétition, elle a couru quatorze fois et a atteint son top-niveau à la fin de ses 4ans. Cette année elle a eu deux sorties avant le jour J. Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe sera sa dix-septième course. Corrida avait gagné son deuxième Arc à sa trente-troisième sortie, avec plein de voyages et dans des conditions bien différentes. Tarnawa mérite bien son Arc, elle peut le gagner, mais il est impossible de comparer deux juments qui ont couru à des époques différentes…

  1. Est-il possible gagner après une longue absence ?

Au cours des vingt dernières éditions de l’Arc de Triomphe, un seul gagnant n’a pas eu de vraie course de rentrée. Il s’agit de Workforce (King’s Best) qui s’est imposé 71 jours après avoir terminé avant-dernier, en devançant son leader, des King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Gr1). Lammtarra (Nijinsky) avait suivi le même chemin en 1995. C’est positif pour Adayar (Frankel).

Depuis 1961, deux chevaux ont gagné l’Arc après une absence plus longue. Sea Bird (Dan Cupid) l’avait fait en 1965 quand Étienne Pollet avait décidé de le courir à 91 jours, ou treize semaines, de son succès dans le Grand Prix de Saint-Cloud. Deux ans avant, Geoffroy Watson avait tracé le chemin avec Exbury (Le Haar). Sealiway (Galiway) a couru la dernière fois le 6 juin dans le Qatar Prix du Jockey Club et fera sa rentrée après 119 jours d’absence. La japonaise Chrono Genesis (Bago) a gagné le Takarazuka Kinen (Gr1) le 27 juin et sera au départ après 98 jours d’absence. C’est dur.

A contrario, on a trouvé un champion qui a gagné l’Arc de Triomphe sept jours seulement après sa rentrée : Tony Bin (Kampala) avait gagné le Premio Federico Tesio (Gr3) le dimanche, il a passé quelques jours à San Siro et il a connu son jour de gloire à Longchamp. Il était entraîné par le Sor Luigi Camici.