Hugo Besnier : « André Fabre m’a tout appris depuis l’âge de 14 ans. Je lui dois énormément. »

Courses / 25.09.2021

Hugo Besnier : « André Fabre m’a tout appris depuis l’âge de 14 ans. Je lui dois énormément. »

Hugo Besnier : « André Fabre m’a tout appris depuis l’âge de 14 ans. Je lui dois énormément. »

Âgé d’à peine 20 ans, le pilote a récemment perdu sa décharge. Désormais salarié à part entière de l’écurie Fabre, Hugo Besnier s’est confié au moment où il passe professionnel…

Jour de Galop. - Le 18 septembre à Saint-Cloud, la victoire de Mr de Pourceaugnac vous a permis de perdre votre décharge. À froid, décrivez-nous ce passage chez les professionnels...

Hugo Besnier. - Ce samedi 18 septembre est une date que je n’oublierai jamais, car j’ai également réalisé un coup de deux en portant des casaques prestigieuses. Cette belle réunion avait bien débuté avec la victoire de Botanik (Golden Horn) et cela s’est enchaîné une heure plus tard, avec celle de Mr de Pourceaugnac (Camelot). Ces deux poulains sont entraînés par mon patron, André Fabre. C’est lui qui m’a tout appris depuis l’âge de 14 ans. Je lui dois énormément.

Comment avez-vous intégré son équipe ?

Après mon entrée au Moulin à Vent en septembre 2016, j’ai rédigé une lettre à M. Fabre, ayant l’ambition d’effectuer mon apprentissage au sein de son écurie. Dans un premier temps, je n’ai pas eu de réponse. Ensuite, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis présenté à lui.

Est-ce que vous appréhendiez ce passage chez les pros ?

Oui et non. Non, car je montais beaucoup sans décharge, grâce à la confiance de mon patron, lequel m’a mis à cheval dans de très belles courses. J’ai eu la chance de débuter Zeelie (Wootton Bassett) à Saint-Cloud, avant de terminer également troisième avec elle du Prix d’Aumale (Gr3). Lors de ses débuts, j’avais rapidement pensé qu’elle allait devenir très bonne. Il y a cependant tout de même une appréhension, car monter sans décharge peut devenir compliqué. Mais mon agent, Alexis Doussot, est présent pour remédier à ces aléas.

Comment est née cette collaboration ?

Officiellement, nous travaillons ensemble depuis mars 2019. Mais nous avons vraiment accentué cette collaboration l’année dernière. Au départ, il me trouvait des montes dans les courses réservées aux apprentis et j’ai ainsi pu me faire connaître. Aujourd’hui, j’arrive à monter presque tous les jours. Alexis a une grosse clientèle et il gère les intérêts de très grands jockeys depuis de longues années. C’est une grande aide. L’objectif est de fidéliser au maximum cette clientèle.

La décharge accordée aux femmes ne vous effraie pas ?

Elle ne m’inquiète absolument pas. Lorsque j’ai monté mes premières courses, la remise de poids était vraiment conséquente. Désormais, avec les années, elle a été ajustée. De plus, on remarque que lorsque les filles perdent leur décharge, cela devient également difficile pour elles, bien qu’elles bénéficient toujours d’une remise de poids par rapport aux hommes.

Les jockeys rencontrent fréquemment des problèmes de poids. Est-ce votre cas ?

J’ai connu quelques problèmes de poids dans le passé. Après avoir appris à connaître mon corps, c’est désormais beaucoup plus simple. Je suis suivi par un diététicien, mais également par un coach sportif lorsque j’en ressens le besoin. En m’entourant de cette façon, je peux garantir mes montes à 53 kg.

Comment est venue cette passion pour les courses ?

Mes parents ne sont pas issus du monde des chevaux. Mon père est chef cuisinier et ma mère est conseillère principale d’éducation dans un collège. Je dirais plutôt que ma passion est née grâce à mon grand-père. Il était joueur et j’ai regardé avec lui les courses sur Equidia dès mon plus jeune âge. Dès mes 3 ans, il m’emmenait également très souvent sur les différents hippodromes de l’Ouest. Ensuite, j’ai participé à des courses de poneys et j’ai également monté chez quelques entraîneurs à Senonnes. De fil en aiguille, la passion étant forte, je n’ai eu pas la moindre appréhension pour quitter mon domicile – très jeune – afin de pouvoir entrer à l’Afasec. Par la même occasion, j’ai rendu mes parents heureux en obtenant mon baccalauréat.

Désormais, quels sont vos prochains objectifs ?

Continuer à monter autant de courses qu’avec la décharge. J’aimerais également beaucoup remporter une course principale, à l’image d’une Listed ou d’une course de Groupe pour M. Fabre. Cela me toucherait énormément.

Avez-vous une course qui vous fait rêver ?

Je vais tenter d’être quelque peu original en ne citant pas le Prix de l’Arc de Triomphe, mais remporter en France un Prix de Diane ou un Prix du Jockey Club (Grs1), cela serait juste magique.

Enfin, quel est votre modèle chez les jockeys ?

J’apprécie énormément Mickaël Barzalona. Il me prodigue énormément de conseils sur mes différentes montes. Mais également Maxime Guyon. Nous venons quasiment du même village. C’est une belle personne.