LE PROPRIÉTAIRE DE LA SEMAINE  Olivier Lafon : « Il y a peu de domaines comme celui des courses où tout peut arriver »

Courses / 25.09.2021

LE PROPRIÉTAIRE DE LA SEMAINE Olivier Lafon : « Il y a peu de domaines comme celui des courses où tout peut arriver »

LE PROPRIÉTAIRE DE LA SEMAINE

Olivier Lafon : « Il y a peu de domaines comme celui des courses où tout peut arriver »

L’écurie Mill Reef connaît une réussite insolente depuis sa création en 2015. Cela a commencé avec une victoire de Groupe dès son premier achat… et se poursuit avec le 2ans Loubeisien (Kheleyf) mercredi à Saint-Cloud.

Au micro de JDG Radio, Olivier Lafon nous a raconté l’aventure de six amis qui se connaissaient depuis toujours et qui avaient fini par faire le même métier du côté de La Teste. Voici quelques extraits de cet entretien. Pour retrouver l’intégralité de cette interview, cliquez ici https://www.jourdegalop.com/podcasts

Mill Reef, le choix du nom et des couleurs

« Nous sommes six associés : dans l’écurie comme dans la vie professionnelle. Nous avons choisi ce nom-là, car la plupart d’entre nous sont nés en 1971, l’année de la victoire de Mill Reef (Never Bend) dans l’Arc. Pour nos couleurs, c’est un choix régional. Elles rappellent à la fois le club de football des Girondins de Bordeaux et celui de rugby de l’Union Bègles-Bordeaux, nos deux autres partenariats sportifs et nos deux autres passions»

Une écurie de Groupe, oui, mais fermée

« Contrairement à d’autres, notre écurie est totalement fermée. Nous n’avons été rejoints que par une septième personne qui avait simplement raté le lancement mais nous a rejoints au bout d’un an. Le capital n’a donc jamais évolué et, normalement, n’évoluera pas. Nous avons toujours fait comme ça : nous confions la destinée de notre cheptel à Christophe Ferland. »

La rencontre avec Christophe Ferland.

« Cela s’est fait dans le cadre de notre cabinet d’expertise comptable. Il nous a sollicités lors de son installation, le cabinet étant juste à côté de l’hippodrome. Petit à petit, nous avons tissé des liens amicaux. Nous avons parlé de chevaux et je me suis intéressé à ce milieu-là. D’abord pour comprendre l’ergonomie économique. Sur le ton de la boutade, on a évoqué la possibilité d’avoir un cheval chez lui et puis un jour, il m’a appelé. Je m’en souviendrai toujours, c’était en novembre 2015. C’est quelqu’un qui a toute notre confiance. Il a toujours acheté nos chevaux, les a entraînés et vendus. Nous ne mettons jamais le nez dans son travail et cela nous a plutôt bien réussi jusqu’ici»

Cavale Dorée, une première pouliche exceptionnelle

« Pour l’anecdote, Christophe n’avait pas acheté cette pouliche pour nous. Il restait des parts à prendre et c’est là qu’il a pensé à nous. Nous n’avions pas encore créé l’écurie à ce moment-là. Ce n’est qu’en février 2016 que nous avons réellement acheté la pouliche. Cavale Dorée (Sunday Break) a débuté par une deuxième place au mois de juin à La Teste avant de gagner son Maiden à Deauville puis de remporter le Prix du Calvados (Gr3). Nous l’avons vendue ensuite à Martin Schwartz, car l’offre ne se refusait pas. C’est très rare de débuter de cette manière dans le milieu des courses. »

Loubeisien, une nouvelle belle histoire

« Nous sommes très satisfaits de sa victoire. Christophe nous avait dit qu’il n’avait jamais eu un cheval qui avait débuté aussi proprement. Malheureusement pour lui, il affrontait deux très bons sujets lors de ses deux premières courses. D’abord Vadeni (Churchill), gagnant de Listed lors de sa sortie suivante, puis Rocia Nera (Dream Ahead), troisième du Critérium de Lyon (L), jeudi. Loubeisien est un super cheval, il est maniable, il sort bien des boîtes, il fait tous les terrains… C’est le rêve de tout propriétaire. On pense qu’il a beaucoup de moyens. On va laisser faire Christophe pour la suite, comme d’habitude. »

Les courses, une activité à part

« Il y a peu de domaines comme celui des courses où tout peut arriver. L’autre jour, nous avons dominé un cheval du prince de Dubaï, quand même ! Où est-ce que cela arrive ? C’est une activité un peu hors du temps et en dehors de la rationalité. Il faut le prendre comme ça, avec le recul. Quand on a du recul et des sommes très raisonnables en jeu, il n’y a que du plaisir derrière. »

L’élevage dans un coin de la tête

« On y pense. C’est la suite logique en réalité, quand on commence à bien prendre les courses. Si un jour nous avons une pouliche attachante et que nous n’avons pas l’occasion de la céder, alors pourquoi la faire saillir. Ce sera toujours du sans sol, car il n’est bien sûr pas question d’acheter un haras. »