Le Tour des Haras : vente Osarus : Jean-Paul Challet : « Je regrette que nous n’ayons pas assez syndiqué d’étalons par le passé »

Institution / Ventes / 13.09.2021

Le Tour des Haras : vente Osarus : Jean-Paul Challet : « Je regrette que nous n’ayons pas assez syndiqué d’étalons par le passé »

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings à la vente de yearlings Osarus. Jean-Paul Challet nous a ouvert les portes du haras de Précolette.

Jour de Galop. – Quel a été votre pari gagnant de l’année ?

Jean-Paul Challet. – J’ai toujours réalisé des paris en prenant des parts d’étalons. J’achète également quelques juments pleines, à l’image de Star of Doha (Lawman), qui verra son premier yearling passer à la vente de yearlings Osarus. J’apprécie tout particulièrement l’achat de juments qui ont couru en obstacle.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de Graignes ?

Graignes est une belle histoire. Nous avions acheté sa mère, Grey Anatomy (Slickly), qui était pleine de Zoffany (Dansili). À l’époque je cherchais absolument une jument grise et j’aimais beaucoup Zoffany. J’ai donc acheté Grey Anatomy sur un coup de tête et sans véritable réflexion. Ensuite, le premier produit de la jument a été Graignes. À l’époque, son ancien entraîneur, Yann Barberot, est tombé amoureux de lui. Il ne payait pas trop de mine et était un peu léger, mais il avait beaucoup d’influx. Après une carrière irréprochable à 2ans, lors de sa rentrée à 3ans, il est battu d’un pixel dans le Prix Djebel (Gr3). S’il n’y avait pas eu les photos numériques, il y aurait eu dead-heat (rires) !

Troisième du Prix des Chênes et ensuite exporté au Qatar, Zyzzyva est également l’un de vos élèves...

La mère, Zanatiya (Siyouni), était une jument de Son Altesse l’Aga Khan. Même si elle n’avait pas couru, j’ai été séduit par son modèle. Il m’arrive souvent d’acheter des juments inédites, car elles ne sont pas marquées par les courses. Après, c’est à chacun sa théorie ! Tout est une question de patience.

Qu’avez-vous appris dans votre métier en 2021 ? Qu’avez-vous amélioré ?

En 2020, nous avons beaucoup souffert de la Covid. J’apprends juste qu’il est de plus en plus difficile de vendre nos produits. Lorsque nous ne sommes pas dans les gros prix aux ventes, on souffre beaucoup plus. Je regrette également que nous n’ayons pas assez syndiqué d’étalons par le passé. Avec plus de 45 ans de métier, on s’améliore forcément en permanence. Nous avons la chance d’être bien placés dans le marais poitevin, ce qui nous permet d’avoir un très bon taux d’ensoleillement toute l’année. De ce fait, au sevrage, les poulains progressent énormément. Il y a très peu de chevaux nés et élevés au haras de Précolette qui n’ont pas couru à 2ans.

Quelle est la performance qui vous a le plus marqué en 2021 ?

J’ai toujours énormément de mal à m’enthousiasmer pour une quelconque performance. Dans ma jeunesse, j’ai pu assister à de très belles prestations, mais avec l’âge, je rêve peut-être un peu moins (rires). Il n’empêche que les performances de St Mark’s Basilica (Siyouni) sont juste incroyables.

Votre yearling coup de cœur ?

Le lot 163 au catalogue de la vente Osarus est juste magique. C’est une pouliche magnifique qui se déplace très bien. Nous n’arrivons pas à lui trouver un défaut et son pedigree est également très bon. Le croisement de Kendargent (Kendor) sur Montjeu (Sadler’s Wells) a fait ses preuves, car il a sorti pas moins de sept chevaux black types. J’apprécie également beaucoup le lot 152, qui est un mâle par Dariyan (Shamardal). Sa famille n’a pas encore sortie de chevaux black type, mais cela a toujours sorti des gagnants.

LES YEARLINGS DE LA VENTE OSARUS

Lot Sexe Père Mère
23 F. Penny’s Picnic Genzya
119 M. George Vancouver Prycia
152 M. Dariyan Skalya
163 F. Kendargent Star of Doha