Nick Bradley, découvreur de talent, ancien parieur et ex-instituteur

International / 15.09.2021

Nick Bradley, découvreur de talent, ancien parieur et ex-instituteur

Lors de la première journée de la vente Osarus, Nick Bradley a acheté pas moins de trois yearlings. La réussite de son écurie de groupe fait sensation outre-Manche.

L'Anglais Nick Bradley connaît une réussite tout à fait remarquable avec les chevaux qu'il syndique. Il s'est spécialisé dans les pouliches et ses écuries de groupe ont notamment brillé grâce à Dandalla (Duchess of Cambridge Stakes, Gr2), Fev Rover (troisième des 1.000 Guinées, Gr1, Prix du Calvados, Gr2), Melesina (Prix des Réservoirs, Gr3), Commissioned (Queen Alexandra Stakes, Gr2), Little Kim (Prix du Bois, Gr3), Oscula (Prix Six Perfections, Gr3), Corazon (Prix d'Arenberg, Gr3)… Six de ces sept pouliches ont été acquises par ses soins pour 50.000 £ ou moins. Il nous a confié : « Contrairement à beaucoup de propriétaires, je ne laisse pas le soin à l’entraîneur de choisir les engagements. Je suis un ancien parieur professionnel : je sais évaluer les chances quand il s’agit de gagner des courses. Et je fais donc moi-même le programme des chevaux, même si, dans 90 % des cas, George Boughey a la même idée que moi. Je m’occupe aussi moi-même des déclarations de partants et des instructions données au jockey. Étant donné que nous avons beaucoup de chevaux précoces et vites, nous courons souvent en France où les entraîneurs et les éleveurs visent les distances intermédiaires à 3ans et plus. C’est aussi ce que fait Con Marnane avec des chevaux entraînés en France. J'ai désormais un cheval à l'entraînement en France, une fille d’Almanzor (Wootton Bassett), chez Laura Vanska, près de Deauville. C'est une personne ouverte d'esprit, elle n’a pas les préjugés de certaines personnes qui entrainent depuis longtemps. Elle m'a été recommandée par Nicolas de Chambure. »

Un ancien instituteur. Pourtant, être un parieur et choisir des yearlings sur le physique, ce n’est pas la même chose. Ce à quoi Nick Bradley répond : « Je n’ai aucun lien familial avec les courses. Mais je travaille avec ma femme et ma sœur. Pendant six années, j’ai été professeur des écoles. Et quand vous enseignez aux enfants, on apprend à faire progresser les autres… et soi-même. J’essaye d’appliquer ce processus d’apprentissage permanent à mon activité professionnelle dans les courses. Il n’y a d’autres alternatives que de progresser en permanence pour durer dans ce métier. Cette année, nous sommes deuxièmes au classement des propriétaires anglais de 2ans [en cumulant les différentes déclinaisons de Nick Bradley racing, ndlr] face aux plus grandes écuries internationales. Il y a 15 ans, j’ai commencé à inspecter beaucoup de chevaux, vraiment beaucoup, en prenant des notes, en suivant leur évolution. J’ai petit à petit appris de manière empirique ce qui fonctionnait souvent et ce qui marchait rarement. J’ai étudié les résultats de très nombreuses ventes en essayant de comprendre comment il était possible d’acheter un bon cheval à un prix raisonnable. La réussite dans les courses, c’est une succession de bonnes décisions. Et j’essaye donc d’agir de manière rationnelle et logique. »

Voler de ses propres ailes. « Pendant sept années, j’ai acheté tous les chevaux de Middleham Park Racing. Mais le syndicat a pris une direction qui ne me convenait pas. J’ai donc décidé de voler de mes propres ailes en créant Nick Bradley Racing. Heureusement, plusieurs personnes m’ont suivi dans ce projet. Depuis, le projet n’a fait que prendre de l’ampleur. J’essaye de rester en accord avec mes principes et de faire preuve de transparence dans mon activité. Et les gens apprécient cela. Pour trouver le bon cheval au bon prix, je travaille énormément. Cela commence par inspecter absolument toutes les femelles d’une vente. À La Teste, j’étais le premier arrivé pour inspecter cette semaine. J’ai de la réussite avec la production des étalons qui ne sont pas à la mode. C’est une question de pondération.

J’ai deux haras en Angleterre et un total de 50 poulinières regroupés sous l’entité Glebe Farm Stables. Nous vendons le maximum de notre production lorsque les chevaux sont foals. À cet âge, la cote du père est déterminante. Et si j’ai un poulain dont le père n’est pas à la mode, je le présente yearling. Cela représente 25 % de nos produits. »