Olivier Trigodet, un entraîneur sur la montante

27.09.2021

Olivier Trigodet, un entraîneur sur la montante

Installé depuis 2017 comme entraîneur public, Olivier Trigodet a une première chance dans la Qatar Arabian World Cup (Gr1) 2021 avec Soko (Nieshan). Avant de passer sa licence, il a longtemps été un jockey très connu dans le Sud-Ouest.

Comme tous les pilotes de la région, il a exercé son talent sur tous types de chevaux, y compris les pur-sang arabes. En 2018, il nous confiait : « La première très bonne jument arabe que j’ai montée s’appelait Kerra (Kesberoy). C’est avec elle que j’ai voyagé à l’étranger pour la première fois. Nous avions battu Amer (Wafi) à Kempton, lors des Dubai Stakes. Ce n’est pas rien. J’ai également monté Al Sakbe (Kesberoy), qui était un crack et qui a été acheté plus tard par le cheikh Hamdan bin Rashid Al Maktoum. J’ai gagné un Gr1 PA avec lui le jour du Jockey Club, le Prix du Président des Émirats Arabes Unis - Challenge Derby et un autre à Newbury, les Dubai International Stakes. C’est l’un des meilleurs que j’aie montés. J’en ai eu aussi sous l’entraînement de Robert Litt, avec qui j’ai travaillé pendant 15 ans. Je pense notamment à Daffah (Sire d’Albret) mais aussi Vitella (Njewman) avec laquelle j’ai gagné un Gr1 PA à Newmarket et qui appartenait à monsieur Plantin. »

Formé à bonne école. Sa carrière d’entraîneur, il l’a préparée aux côtés du regretté Jean-François Bernard : « C’est une personne que j’appréciais beaucoup et qui a toujours été un modèle. D’ailleurs, j’ai toujours été fier, en tant que jockey, d’avoir ma selle sur un de ses chevaux, car j’avais le plus beau cheval du rond de présentation ! Il les mettait en valeur, ce que continue à faire son épouse et c’était un grand connaisseur. J’avais une complicité de travail avec lui. Cela m’a ouvert l’esprit pour être entraîneur plus tard. Après son décès, je suis resté un an aux côtés de son épouse et puis j’ai décidé de suivre ma propre voie. J’avoue que s’il n’était pas décédé, je n’aurais sans doute pas passé ma licence d’entraîneur et serais encore son assistant. »

Déjà six black types chez les pur-sang arabes. Dès 2018 – sa première vraie saison d’entraînement – Olivier Trigodet a "sorti" Fortuna Al Maury (No Risk Al Maury) troisième du Prix Nevada II (Gr3 PA) avant de réaliser le top price des dernières ventes Arqana de pur-sang arabes. En 2019, Al Ryma Monlau (Runner) a remporté le Shadwell - Critérium des Pouliches (Gr2 PA) et Joskio (Josco du Cayrou) s’est classé troisième du Prix Chéri Bibi (Gr3 PA). En 2020, Natalma Al Maury (Dahess) s’est imposée dans l’Afac French Arabian Breeders' Challenge Sprint (Gr2 PA). Cette année, Zara Star (Azadi) s’est classée troisième du Sheikh Mansoor Festival - Prix Nefta (Gr2 PA), alors que Soko (Nieshan) a écrasé la concurrence en survolant de cinq longueurs la Doha Cup - Prix Manganate (Gr1 PA).

Chez les pur-sang anglais, le 2ans Berolijean (Galiway) a été vendu aux États-Unis après une victoire en débutant.

Sa méthode. En ce qui concerne sa méthode, il nous confiait en 2018 : « Je ne les entraîne pas différemment même si, bien sûr, on va moins vite qu’avec les pur-sang anglais. Le seul truc important, c’est d’être à l’écoute. Ce sont des chevaux qui savent communiquer lorsque cela ne va pas ou quand au contraire, tout va bien. Ils aiment le contact de l’homme. Je pense que le pur-sang arabe de course est comme l’arabe de show, il aime que l’on s’occupe de lui. Si vous êtes bien à l’écoute, vous pouvez en tirer la quintessence. En les prenant dans le bon sens, ils peuvent devenir des chevaux fabuleux. » On dit souvent qu’il faut entraîner un pur-sang arabe au moral. La réponse est catégorique : « Oui, c’est cela. Le matin, on ne leur demande jamais le maximum. Ce sont eux qui vous emmènent un peu. Il faut leur donner l’impression qu’ils dominent. Quand on les travaille de manière sérieuse, celui qui va devant emmène l’autre. C’est lui qui travaille le plus. La semaine suivante, ce peut être l’inverse. Cela montre que lorsqu’ils dominent, ils peuvent vraiment vous donner beaucoup. Il faut les travailler au moral et à l’écoute. À l’inverse, ils peuvent se rebuter si l’on est agressif avec eux. »