Un grand jour à Aarau pour Chantal Zollet

International / 14.09.2021

Un grand jour à Aarau pour Chantal Zollet

Dimanche à Aarau avait lieu la plus belle course d’obstacle du pays, le Grand Steeple-chase de Suisse (L). La Suissesse Chantal Zollet a signé le jumelé gagnant de l’épreuve avec les ex-français Baraka de Thaix (Dom Alco) et Bergerac (Spirit One), s’offrant une première Listed par la même occasion.

Par Alice Baudrelle

Chantal Zollet connaît le Grand Steeple de Suisse par cœur, elle qui y a participé huit fois en tant que jockey. À l’époque, elle était aussi réputée dans son pays que Nathalie Desoutter en France : « J’ai monté en plat et en obstacle pendant quinze ans. J’ai commencé à 18 ans avec une licence amateur, puis je suis passée professionnelle. En tout, j’ai décroché 87 victoires, dont le Grand Cross de Maienfeld à trois reprises. Je n’ai pas gagné de course black type, mais j’ai terminé deuxième d’une Listed à Milan. Lorsque je me suis installée entraîneur il y a dix-huit ans, j’ai continué à monter en course en même temps, puis j’ai arrêté. Cela fait environ huit ans que je ne suis plus jockey. J’ai dû attendre vingt ans pour gagner le Grand Steeple de Suisse ! C’était la seule course du pays que je n’avais réussi à gagner, ni en tant qu’entraîneur, malgré une dizaine de participations, ni en tant que jockey. Dimanche, j’avais fait venir deux jockeys très professionnels pour monter mes chevaux : Ludovic Philipperon pour Baraka de Thaix, et Damien Mescam pour Bergerac. Ils ont tous les deux monté à la perfection. Je tiens à remercier tout mon entourage et les gens qui m’ont fait confiance. »

Deux activités en parallèle. Installée sur l’hippodrome de Zurich, Chantal Zollet veille actuellement sur un effectif de quatre chevaux. Elle a récupéré Baraka de Thaix et Bergerac par l’intermédiaire de Guy Cherel : « J’avais vu courir Baraka de Thaix à Pau, où il avait éjecté deux fois de suite son jockey. Un de mes clients était intéressé par ce cheval et j’ai appelé son entraîneur de l’époque, Guy Cherel. Baraka a rejoint mon écurie il y a trois ans et demi. Quant à Bergerac, qui était aussi entraîné par Guy avant de rejoindre les boxes de Mikaël Mescam, il est arrivé chez moi en début d’année. » En parallèle de son activité d’entraîneur, Chantal Zollet exerce un autre métier depuis quatre ans, raison pour laquelle elle a moins de chevaux qu’auparavant. Elle nous a expliqué : « Auparavant, j’entraînais entre douze et quinze chevaux, mais je n’ai plus le temps et le budget. Les courses étant sur le déclin en Suisse, j’ai dû réduire mon effectif et trouver un autre travail à côté. Aujourd’hui, je suis donc responsable de soixante monteurs de lignes caténaires. J’ai commencé comme dispatcher et désormais, je suis chef ! Je vais à l’écurie à 5 h pour faire les boxes, puis je monte deux lots avec une cavalière qui m’aide au quotidien. À 8 h, je vais au bureau. C’est très difficile de survivre en tant qu’entraîneur en Suisse car les allocations sont en baisse, et les propriétaires n'ont plus envie d’investir. Ici, il faut trouver des sponsors pour délivrer les allocations, ce qui est très compliqué. Malheureusement, les courses sont vouées à disparaître en Suisse… Je n’ai pas songé à m’installer en France car c’est très dur de démarrer là-bas pour quelqu’un comme moi. Les propriétaires ne confient pas de chevaux à des gens qu’ils ne connaissent pas. »

Un parcours franco-suisse. Chantal Zollet a développé de nombreuses connexions françaises dans sa jeunesse, après avoir découvert les courses dans son pays : « Quand j’étais petite, mon père possédait une ferme et nous avions des haflingers. Je faisais des courses de campagne à cru ! Un jour, un paysan qui me voyait galoper partout avec mon poney m’a demandé si j’avais envie d’essayer les pur-sang, car il avait un cheval à l’entraînement. C’est ainsi que j’ai découvert les courses. J’ai connu ma meilleure amie, Daniela Mele, dans une écurie en Suisse. Nous avons fait un bon bout de chemin ensemble, y compris dans les pelotons de course ! Elle est ensuite partie vivre en France, et je la rejoignais là-bas pendant les hivers. Daniela a travaillé longtemps chez Guy Cherel avant de s’installer à son compte. Je lui dois presque tout ce que je sais ! J’ai également monté à l’entraînement chez Guy, Jean-Paul Gallorini, François-Marie Cottin ou encore Thomas Trapenard. Étant donné que la saison des courses en Suisse sur le gazon débute en mars et se termine en novembre, j’avais le temps de venir passer mes hivers en France. J’ai monté plusieurs fois en France, dont trois courses à Auteuil, mais je n’ai jamais réussi à gagner chez vous ! »