Ascot, samedi - Queen Elizabeth Stakes (Gr1) : The Revenant revient dans son jardin

International / 15.10.2021

Ascot, samedi - Queen Elizabeth Stakes (Gr1) : The Revenant revient dans son jardin

Ascot (GB), samedi

Queen Elizabeth Stakes (Gr1)

The Revenant revient dans son jardin

The Revenant va-t-il entrer dans l’histoire ? Jusqu’à maintenant, seuls le crack Brigadier Gerard (Queen’s Hussar) et la pouliche Rose Bowl (Habitat) ont réussi le doublé dans les Queen Elizabeth II Stakes (Gr1). En 1976, Francis-Henri Graffard n’était pas encore né quand Rose Bowl a remporté le mile d’Ascot (qui se déroulait alors sur le parcours avec tournant), pour la deuxième fois. Samedi, il présentera pour la troisième fois The Revenant (Dubawi), qui, après une deuxième place en 2019, a remporté les Queen Elizabeth II Stakes l’année dernière, alors qu’il ne s’agissait que de sa deuxième sortie de la saison après une absence de 350 jours. À chaque fois, l’élève d’Al Asayl s’était imposé dans le Qatar Prix Daniel Wildenstein (Gr2) avant de faire le déplacement. Cette année, il a terminé à une courte encolure de Real World (Dark Angel), fournissant une valeur similaire à celle de ses deux victoires. Même s’il est au mieux, la mission sera plus difficile cette année car le terrain n’est pas sa tasse de thé.

Le match Palace Pier face à Baaeed. Le tenant du titre est offert dans une fourchette comprise entre 8 et 10/1. Sa cote a doublé par rapport à ses deux autres tentatives. The Revenant retrouve Palace Pier (Kingman), à qui il avait infligé l’année dernière la seule défaite de sa carrière. Le pensionnaire de John et Thady Gosden avait des excuses (il avait perdu un fer). Cette année, malgré quelques problèmes de santé, il a réussi un sans-faute : quatre victoires dont trois Grs1. L’autre grand rival de The Revenant est Baaeed (Sea the Stars). Il a débuté le 7 juin et est toujours invaincu. Ce 3ans n’a jamais forcé son talent, même dans le Prix du Moulin de Longchamp (Gr1).

Master of the Seas, la fraîcheur. La génération des 3ans peut compter sur trois autres candidates. La pouliche Alcohol Free (No Nay Never) a remporté les Sussex Stakes face aux mâles et les Coronation Stakes (Grs1) en terrain lourd. Mother Earth (Zoffany) s’est imposée dans les 2.000 Guinées et le Prix Rothschild (Grs1). Elle n’a pas raté un rendez-vous et s’est classée dans les trois premières de chacun des sept Grs1 qu’elle a courus. Il y a un bémol les concernant : elles n’ont jamais eu un vrai break et ont démarré la saison très tôt.

Master of the Seas (Dubawi), qui a fait sa rentrée en hiver à Meydan, est passé tout près des 2.000 Guinées (Gr1). Il a rencontré un problème de santé avant Royal Ascot, et c’est peut-être un mal pour un bien, car il arrive à ce rendez-vous avec de la fraîcheur et une bonne course de rentrée dans les jambes. Les vétérans Benbatl (Dubawi), Lady Bowthorpe (Nathaniel) et le "FR" Lord Glitters (Whipper), 20ans à eux trois, sont tous gagnants de Gr1. Les deux derniers ont brillé au plus haut niveau cette année, alors que Benbatl n’a couru qu’à deux reprises cette année. Njord (Roderic O’Connor), qui avait gagné le gros handicap du Champions Day l’année dernière, affiche un 0 sur 8 cette saison.

Qipco Champion Stakes (Gr1)

Mishriff et Adayar pour le titre des poids lourds

Les Qipco Champion Stakes (Gr1) seront décisifs pour le titre de meilleur cheval du monde de 2021. Mishriff (Make Believe) et Adayar (Frankel) sont en tête du Longines World’s Best Racehorse Rankings avec un rating de 127, accompagnés de St Mark’s Basilica (Siyouni), qui a mis un terme à sa carrière. Mishriff et Adayar se sont déjà rencontrés à Ascot. C’était lors des King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Gr1, 2.400m). Le Derby winner s’est imposé par KO en dominant la course de bout en bout. Mishriff, champion d’hiver avec le doublé Saudi Cup – Sheema Classic (Gr1), a bénéficié d’un bon break et il a fourni sa meilleure valeur dans les Juddmonte International (Gr1), qu’il a remportés au canter, par six longueurs. John Gosden a décidé de faire l’impasse sur le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) et il a eu raison, car Mishriff n’aurait pas aimé le terrain défoncé. Adayar, à l’inverse, est arrivé à Longchamp sans une course de rentrée, avec trop de fraîcheur, et l’a payé tout à la fin. Charlie Appleby a décidé de donner une deuxième course à Adayar, même s’il sait pertinemment que l’Arc n’est pas la meilleure préparation pour les Champion Stakes. Il estime que son pensionnaire a bien récupéré et qu’il est capable de bien faire sur 2.000m également.

Addeybb pour le doublé. Choisir entre les deux est délicat, sachant qu’en plus Addeybb (Pivotal) peut tirer son épingle du jeu. C’est lui le tenant du titre et, dans le classement mondial, il est juste derrière eux à 125. Cette année, il a couru trois fois : il a remporté pour la deuxième fois les Queen Elizabeth Stakes (Gr1) en Australie puis il s’est classé deuxième de l’australienne Verry Elleegant (Zed) dans les Ranvet (Gr1) et de St Mark’s Basilica dans les Eclipse Stakes (Gr1). Il fait une rentrée, mais son entraîneur, William Haggas, a décidé de jouer la carte de la fraîcheur.

Le grand défi de Sealiway. Le français Sealiway (Galiway) a fourni le meilleur rating de sa carrière (117) dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Plus revu depuis sa deuxième place dans le Qatar Prix du Jockey Club (Gr1), il effectuait sa rentrée, ce qui n’est pas un avantage. Le représentant du haras de la Gousserie et de Guy Pariente est capable de progresser, même si courir de manière aussi rapprochée est risqué. Dubai Honour (Pride of Dubai) a gravi plusieurs échelons suite à sa castration. Il fera ses débuts au niveau Gr1 après deux belles victoires dans le Prix Guillaume d’Ornano et le Prix Dollar (Grs2). Pour sa première sans ses attributs, le hongre Al Aasy (Sea the Stars) vient de se montrer décevant. Mais, dans un bon jour, il est capable de surprendre. Coolmore n’a rien de mieux à présenter que Bolshoi Ballet (Galileo), qui a gagné son Gr1 aux États-Unis, alors que Jim Bolger alignera Mac Swiney (New Approach), lequel n’a pas confirmé après son succès dans les Irish 1.000 Guineas (Gr1). Foxes Tales (Zoffany) et Euchen Glen (Authorized) ne boxent pas dans la même catégorie.

Qipco British Champions Long Distance Cup (Gr1)

Trueshan vs Stradivarius, le match marathon

Le terrain sera souple. Mais, comme l’a fait remarquer John Gosden à plusieurs reprises, le terrain souple de l’automne n’est pas le même qu’au printemps ou durant l’été. La Qipco British Champions Long Distance Cup (Gr2) nous offre le troisième round du match entre le "FR" Trueshan (Planteur) et Stradivarius (Sea the Stars). L’élève de Didier Blot a remporté les deux premiers, dans le terrain très souple (3,9) du Qatar Prix du Cadran (Gr1) cette année, et dans la Long Distance Cup 2020 en terrain moins souple, mais face à un Stradivarius cuit après un Arc en terrain défoncé. C’est en regardant d’un peu plus près les chiffres que l’on se rend compte de l’importance de l’état du terrain. Lorsque le mot soft est indiqué, le bilan de Stradivarius est de 3 victoires en 11 sorties, alors qu’en bon terrain ou bon-léger, il affiche un 17 sur 19. Trueshan, au contraire, est à 6 sur 10 en souple ou lourd. En bon terrain, il a enregistré deux victoires en trois sorties, mais cela remonte à l’époque où il n’était pas encore un cheval de Groupe. Un autre détail compte : le bilan saisonnier. Trueshan affiche un 4 sur 5, alors que Stradivarius est à 3 sur 8. La dernière victoire à l’automne de Stradivarius remonte à la Long Distance Cup de 2018.

Une livre pour Trueshan. Les carrières de nos deux marathoniens sont bien différentes. Cela fait quatre ans et quatre mois que Stradivarius participe aux courses de Groupe. Trueshan avait découvert cette catégorie lors de son succès dans la Long Distance Cup l’année passée. Le pensionnaire d’Alan King, aidé parle terrain, a désormais un rating de 120, alors que Stradivarius a baissé à 119. Si le cheval de cœur de Lanfranco Dettori n’est plus aussi dominateur qu’il l’était, il n’est pas encore cuit.

Trois arbitres. Dans un match, il faut aussi un arbitre. Samedi, ils seront trois. Hamish (Motivator) a gagné son premier Groupe sur la PSF de Kempton Park à 5ans, lors de sa rentrée après 442 jours d’absence. Baron Samedi (Harbour Watch), âgé de 4ans, ne cesse de progresser. Il a remporté un Gr2 aux États-Unis et vient de bien courir dans l’Irish St Leger (Gr1). Son entraîneur, Donnacha O’Brien, a confirmé en selle le talentueux apprenti Dylan Browne McMonagle et a décidé de munir d’œillères pour la première fois son pensionnaire. La jument Princess Zoe (Jukebox Jury), lauréate du dantesque Prix du Cadran 2020, n’a pas encore gagné cette année, mais si les planètes s’alignent, elle peut surprendre.

Qipco British Champions Sprint Stakes (Gr1)

Dragon Symbol et la glorieuse incertitude du sprint

Les neuf sprints de Gr1 et les King George Qatar Stakes de Goodwood, un Gr2 qui vaut un Gr1, ont été remportés par un cheval différent. Mais pas un seul d’entre eux ne sera au départ des Qipco British Champions Sprint Stakes (Gr1), tous ayant préféré faire l’impasse sur la dernière étape de la saison. Le tenant du titre, Glen Shiel (Pivotal), et son dauphin, Brando (Pivotal), en revanche, seront de la partie. Ni l’un ni l’autre n’ont gagné de course cette année et ils sont respectivement proposés à 16 et 33/1. Le 3ans Dragon Symbol (Cable Bay) a couru cinq des dix meilleurs sprints d’Europe et il est le leader d’un virtuel classement combiné. Le représentant du Japonais Yoshiro Kubota a beau avoir passé le poteau en tête dans la Commonwealth Cup (Gr1), les commissaires l’avaient rétrogradé pour avoir gêné Campanelle (Kodiac). Après deux courses sur 1.000m, il retrouve les 1.200m d’Ascot, là où il a affiché sa meilleure valeur.

Un casse-tête. Si, dans un peloton de vingt partants, il très important de trouver le bon couloir et de monter dans le bon wagon, il est impossible de savoir à l’avance si le terrain sera plus rapide vers le rail des tribunes ou de l’autre côté de la piste. Art Power (Dark Angel) a fait un truc en dernier lieu dans un Gr1 au Curragh et il a bien couru à trois reprises à ce niveau. Rohaan (Mayson) a affiché une valeur de Gr1 quand il a remporté le Wokingham Handicap à Royal Ascot avec 61 kilos sur le dos. S’il l’emporte, il mettra fin à un terrible écart : aucun 3ans n’a remporté l’épreuve depuis 1987. Charlie Appleby présente Creative Force (Dubawi), un autre 3ans qui parfois peut rater son départ mais vaut un tel lot. C’est aussi le cas de Minzaal (Mehmas). Lauréat de Gr2 l’année dernière, il vient de faire sa rentrée après plus d’un an d’absence. Kinross (Kingman) est un cheval de 1.400m et de terrain lourd, tandis que la pouliche Happy Romance (Dandy Man) est sur la montante. Bref, cette course est un véritable casse-tête.

Qipco British Champions Fillies & Mares Stakes (Gr1)

Snowfall à l’épreuve de la fatigue

Remporter les Qipco British Champions Fillies & Mares Stakes (Gr1) après avoir couru dans le week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe n’est pas impossible. Magical (Galileo) l’a fait en 2018 après une cinquième place à cinq grandes longueurs d’Enable (Nathaniel) dans l’Arc. L’année dernière, la "FR" Wonderful Tonight (Le Havre) avait triomphé à Ascot après son succès dans le Prix de Royallieu (Gr1), tout comme Hydrangea (Galileo), qui avait gagné trois semaines après une deuxième place dans l’Opéra (Gr1). Dans cette course réservée aux femelles et largement favorable aux pouliches de 3ans (7-3), dire que Snowfall (Deep Impact) est une solide favorite reste malgré tout plutôt hasardeux. Car l’Arc de Triomphe en terrain collant a été très dur. Snowfall, sixième, n’a pas démérité et elle est même l’une des trois à avoir fourni un partiel de 200m en moins de 12” (les autres sont Tarnawa et Hurricane Lane).

Elle possède dix livres d’avantage. S’il faudra voir comment elle a récupéré, à l’échelle des ratings, Snowfall possède dix livres d’avantage sur la meilleure de ses rivales. Le danger pour une Snowfall fatiguée peut venir d’Albaflora (Muhaarar). La pouliche de Kirsten Rausing a progressé par rapport à ce qu’elle avait montré à 3ans, mais, dans les Yorkshire Oaks (Gr1), elle a terminé à quatre longueurs de Snowfall, qui s’était baladée. Seul point négatif : elle n’a jamais gagné un Groupe. Mais c’est le cas de six des sept rivales de la grande favorite. La seule à avoir décroché son Groupe est la jument de 5ans Tribal Craft (Mastercrafstman), lauréate en mai de la Bronte Cup (Gr3). Deux autres pouliches ont déjà croisé le chemin de Snowfall. Mystery Angel (Kodi Bear) s’est classée deuxième à seize longueurs dans les Oaks (Gr1), tandis qu’Eshaada (Muhaarar) en a pris presque trente-sept dans les Yorkshire Oaks (Gr1). La Joconde (Frankel), quant à elle, a plutôt servi de leader à Snowfall à quatre reprises. Elle s’est classée troisième par deux fois et, dans le Prix Vermeille (Gr1), elle a terminé à une demi-longueur de sa capitaine. Invite (The Gurkha) s’est trouvée des supporters après une facile victoire dans une Listed, alors que Lady Hayes (Kodiac) avait fait galoper un peu la double lauréate de Gr1 Alpinista (Frankel) dans les Lancashire Oaks (Gr2).