Les Champion Stakes (Gr1) de Sealiway, c’est l’histoire d’une montée en puissance

Élevage / 22.10.2021

Les Champion Stakes (Gr1) de Sealiway, c’est l’histoire d’une montée en puissance

Cette victoire, c’est une consécration pour l’ensemble de l’entourage de Sealiway. En début de semaine, Pauline Chehboub nous avait raconté cette aventure dans notre podcast. Aujourd’hui, c’est Guy Pariente qui prend la parole.

Samedi, après la victoire de Sealiway (Galiway) dans les Champion Stakes (Gr1) c’était l’euphorie des grands jours au haras de Colleville. En milieu de semaine, son éleveur et copropriétaire Guy Pariente nous a expliqué : « C’est une victoire historique dans une course mythique à gagner. Pour toute l’équipe du haras de Colleville, c’est une consécration après des années de progression au sein du classement français : troisième en 2019, premier en 2020 et toujours en tête en cette fin d’année 2021. C’est donc en bonne voie. Ce graal – ce cheval d’or –, nous en sommes fiers, parce que c’est l’aboutissement de beaucoup de travail. À présent, notre objectif sera de ne plus quitter le top 3 des éleveurs français dans les années à venir. Honnêtement, la course de samedi, c’était l’apothéose. Gagner en Angleterre une telle course face aux meilleurs anglais, quel bonheur partagé avec mon équipe ! » En 2011, l’élevage de Guy Pariente représentait 71 partants en France. Cette année, il compte déjà 436 courses en France avec pas moins de six courses par animal, là où la plupart des grands élevages sont entre quatre et cinq épreuves annuelles par cheval à cette date. Les made in Colleville vont donc aux courses ! On remarque que, parmi ses 10 meilleurs chevaux en France cette année, six sont issus de mères black types (un septième a une mère proche quatrième de Listed). La moitié sont issus de mères élevées par Guy Pariente : en gardant ses bonnes pouliches de course, il a donc amélioré la qualité de son élevage.

Un cheval qui sort vraiment de l’ordinaire. Sealiway n’est pas un cheval comme les autres, lui qui a gagné très tôt à 2ans : il avait en effet remporté de deux longueurs le Prix Kefalin, le 12 mai à Saint-Cloud. Le poulain a couru six fois à 2ans pour quatre victoires ! Deuxième de l’exceptionnel St Mark’s Basilica (Siyouni) dans le Prix du Jockey Club (Gr1), il s’est classé cinquième du Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) en faisant grande impression. À ce sujet, Guy Pariente explique : « Dans l’Arc, il faisait une rentrée après quatre mois d’absence. C’était un challenge très important mais nous l’avons tenté après avoir pris la décision avec Kamel Chehboub. Meilleur 2ans français, Sealiway devient le meilleur 3ans français et européen. Quelle fierté ! La suite de sa carrière laisse entrevoir beaucoup de promesses, en piste comme au haras. Les possibilités sont multiples en fin d’année car il n’a couru que cinq fois en 2021. En 2022, à 4ans, nous allons lui proposer un programme à sa mesure et nous regardons du coté de Hongkong, de l’Arabie saoudite, de Dubaï, de l’Arc et des Champion Stakes. La seule ombre au tableau est le rating du cheval. Il a été crédité de 55,5 de valeur, malgré le fait qu’il ait battu des chevaux pris en 57,5. C’est injuste. Déjà foal, il sortait de l’ordinaire grâce à la puissance qu’il dégageait. Lorsque nous l’avons présenté aux ventes, je voulais absolument en garder une partie. Je sentais qu’il était hors du commun déjà. »

De nombreux projets. Guy Pariente poursuit : « La politique que nous menons depuis des années paye enfin. Nous vendons des chevaux qui vont aux courses et qui sont les meilleurs de notre élevage. L’année 2021 est exceptionnelle pour notre haras et notre élevage : déjà quatre Grs1 et quatre Grs2, sans compter les victoires de Gr3 et de Listed. C’est sans équivalent pour un vendeur français. Certains éleveurs attendent des décennies voire toute une vie pour gagner un Gr1. Aussi, nous mesurons pleinement notre chance d’avoir cette réussite actuellement et mettons tout en œuvre pour qu’elle se poursuive. Il y a une décennie, nous avons lancé les bases de ce qu’est devenu Colleville aujourd’hui. Nous avions notamment appliqué des règles développées dans le financement d’équipements aux entreprises. Nous n’avons pas peur de sortir des sentiers battus, de faire des croisements inattendus. Et cela donne d’excellents résultats. Je suis un insatisfait chronique à la recherche de l’excellence. Je crois beaucoup à l’internationalisation de l’activité. Et c’est vraiment un objectif. Nous avons vendu des chevaux partout en Europe, mais aussi aux États-Unis, au Japon, en Chine, aux Émirats arabes unis, en Australie, en Russie, au Maroc… Quand un de nos élèves brille là-bas, c’est aussi le drapeau de l’élevage français qui se hisse. » Plusieurs représentants de Guy Pariente sont partis à l’entraînement aux États-Unis, comme Hurricane Cloud (Frankel), deuxième du Prix de Guiche (Gr3) pour sa deuxième sortie seulement.

L’obstacle aussi. Avec l’arrivée de Soft Light (Authorized), Guy Pariente veut aussi s’implanter en obstacle. Une discipline qu’il connaît bien pour avoir fait courir sous ses couleurs Lina Drop (Trempolino), gagnante du Prix Alain du Breil (Gr1), ou encore Avenue Marceau (Enrique), lauréate du Prix Sagan (Gr3), ou encore Zandalee (Trempolino), gagnante du Prix Girofla (L). Il a d’ailleurs placé deux chevaux à l’entraînement chez Guillaume Macaire et Hector de Lageneste, dont Galik (Galiway), gagnant du Prix Omnium II (L). Guy Pariente nous a dit : « Kendargent (Kendor), Goken (Kendargent) et Galiway (Galileo) ont une réussite exceptionnelle. Les statistiques de Galiway sont impressionnantes et c’est d’ailleurs le meilleur fils de Galileo (Sadler’s Wells) après Frankel (Galileo) selon le taux de black types. Kendargent, parmi les étalons actifs, est le meilleur père de mères d’Europe selon le taux de black types de ses filles. Goken est le meilleur étalon français de sa génération et lors de ses débuts il a même devancé Siyouni (Pivotal) au classement des pères de 2ans ! Avec l’arrivée de Soft Light, qui a tout pour faire un super étalon d’obstacle, c’est en quelque sorte les quatre fantastiques de Colleville ! »