Qipco Champion Stakes (Gr1) : Sealiway, un marseillais champion d’Europe

International / 18.10.2021

Qipco Champion Stakes (Gr1) : Sealiway, un marseillais champion d’Europe

Qipco Champion Stakes (Gr1)

Sealiway, un marseillais champion d’Europe

C’est historique, comme la Champions League de l’OM ! Face à Adayar (Frankel) et Mishriff (Make Believe), le 3ans Sealiway (Galiway) a inscrit son nom au palmarès des Champion Stakes (Gr1). Le 3ans, entraîné à Calas par Cédric Rossi, court pour une association, le haras de la Gousserie et Guy Pariente. Pour la France, c’est un quatrième succès depuis le début du siècle dans cette épreuve, cinq ans après Almanzor (Wootton Bassett), dix ans après Cirrus des Aigles (Even Top) et quinze ans après Pride (Peintre Célèbre). Un succès tricolore qui a envoyé les Anglais à la chasse aux excuses…

La débâcle des favoris. La victoire de Sealiway n’est pas celle du hasard, même si les parieurs anglais soutenaient les champions locaux. Mickaël Barzalona a marqué Adayar, un peu tendu dans les boîtes, avant de mettre la pression à l’animateur Addeybb (Pivotal). Le Derby winner a attaqué de loin comme il l’avait fait dans les King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Gr1). Mais Sealiway l’a filé sans problèmes. Et à la fin du tournant, on a vite compris que pour le français, la menace venait de l’arrière. Mishriff, qui avait eu un bon parcours, a calé à 300m du poteau, alors que les attentistes Dubai Honour (Pride of Dubai) et Mac Swiney (New Approach) ont entamé leur progression. Dubai Honour a attaqué très fort dans les 200 derniers mètres. Mais Sealiway est reparti de plus belle et il a obtenu un succès (historique) par trois quarts de longueur, alors que Mac Swiney, qui n’a pas eu toutes ses aises, a décroché la troisième place. Mishriff est quatrième à trois grandes longueurs et Adayar cinquième. Il y a du pain sur la planche pour les handicapeurs qui doivent juger la course et la victoire de Sealiway. Son rating va progresser. Et les échellistes vont devoir se demander si celui d’Adayar et de Mishiriff n’était pas surévalué. En tout cas, cela va profiter à la ligne du Jockey Club et à son gagnant St Mark’s Basilica (Siyouni).

Son deuxième Gr1. Le meilleur cheval et le jockey le plus inspiré ont gagné. Sealiway, lauréat du Qatar Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1), n’avait pas encore gagné en quatre sorties à 3ans. Mickaël Barzalona a déclaré avant la rentrée aux balances à la télévision anglaise : « Je ne l’avais pas monté dans l’Arc, mais son entourage m’a dit que le poulain était en grande forme et qu’il avait beaucoup progressé. Ils étaient très confiants malgré un challenge difficile. Sealiway méritait cette belle victoire. J’ai compris tout de suite, quand il a répondu aux premières attaques de Dubai Honour, que la course était gagnée. »

Un pari réussi. Pauline Chehboub du haras de la Gousserie a déclaré à Equidia : « C’est incroyable ! Nous avons réussi notre pari. Le poulain faisait sa rentrée dans l’Arc de Triomphe (Gr1) et personne n’y croyait... Début août, il avait été engagé dans les Champion Stakes car nous savions que nous avions le meilleur 3ans français. Il montre aujourd’hui que c’est un top cheval. Nous avons eu raison de croire en notre champion. À 2ans, il nous avait déjà montré de magnifiques choses. Sa rentrée, dans un lot exceptionnel, était très bonne ! Je tiens à remercier Franck Blondel qui le monte tous les matins. À force de casser les tribunes des hippodromes, je vais leur devoir beaucoup d’argent (rires). Nous aimons beaucoup les paris, et aujourd’hui, il lutte avec les meilleurs chevaux du monde. C’est magnifique ! » Tête de liste des éleveurs en France pour la deuxième année consécutive, Guy Pariente est aussi le copropriétaire du gagnant des Champion Stakes. Après ce grand moment de sport, il nous a confié : « C’est formidable ce que Sealiway a réalisé. L’Arc lui a servi de préparation car il n’était pas prêt. Meilleur 3ans français, il montre aujourd’hui qu’il domine sa génération en Europe. Je suis très heureux pour le haras, pour toute l’équipe, pour Galiway (Galileo) et ses porteurs de parts. Avec les chevaux, on vit de grands moments. » Le haras de Colleville vit une période dorée avec quatre victoires de Gr1 en 2021 grâce à Sealiway, Skalleti (Grosser Dallmayr-Preis - Bayerisches Zuchtrennen & Prix d’Ispahan, Grs1) et Sisfahan (Derby Allemand, Gr1)… trois descendants de Kendargent (dont deux par la mère).

Dubaï et l’Arabie Saoudite. Cédric Rossi a gagné son deuxième Gr1 en deux semaines et il nous a confié : « C’est top ! Nous sommes super fiers du cheval. Après l’Arc, il était vraiment bien. Cela lui a fait du bien d’avoir couru. Il y avait fait une superbe course et en plus, il avait tiré. Sealiway n’était même pas raide après la course. Il volait ! Franck Blondel qui le monte tous les matins disait même qu’il n’avait presque pas couru dans l’Arc. Après, une course reste une course. Nous avons fait tout ce que l’on pouvait pour l’amener au mieux pour sa rentrée. Nous allons voir pour la suite. Il est possible de le revoir cet hiver. Nous pouvons voyager du côté de Dubaï ou pourquoi pas en Arabie Saoudite. Le programme n’est pas défini. Et pour l’instant, nous avons fait le plus dur. La Breeders’ Cup arrive bien trop tôt selon moi, mais nous allons voir ce que les propriétaires veulent faire. »

Les explications des battus. William Haggas, entraîneur de Dubai Honour, a expliqué à la télévision anglaise : « C’est un cheval qui doit attendre et le mauvais départ d’Adayar a obligé son jockey à le reprendre et à partir de loin. Il est venu de loin mais il a trouvé un rival plus dur que lui. Il a encore progressé et pourrait aller sur la Hong Kong Cup (Gr1). » Charlie Appleby a dit au sujet d’Adayar : « Son jockey, William Buick, m’a dit que sa position dans le parcours était bonne mais le poulain en a fait trop et il était fatigué dans la ligne droite. Nous avons pris la décision de le courir dans une course difficile. Et dans le Prix de l’Arc de Triomphe, il a eu une course plus dure qu’il n’y paraît. Il va partir en vacances et il sera un tout bon cheval l’année prochaine. »

La formule magique Guy Pariente. Sealiway est un produit de l’élevage de Guy Pariente qui est resté associé dans le poulain qui a été acheté par Paul Nataf pour 62.000 € à la vente d’Août. Il est issu de la deuxième saison de l’étalon maison Galiway (Galileo). Il officiait alors à 3.000 € lors de la conception de Sealiway et a 124 produits en âge de courir, dont trois gagnants de Groupe. Sur ses neuf sujets black types, cinq sont issus de poulinières par Kendargent (Kendor) ! Au total, 20 % des produits des filles de Kendargent sont black types, ce qui fait de lui (selon ce critère) le meilleur père de mère d’Europe (parmi les étalons actifs). Galiway a lui aussi des statistiques peu communes. Avec 16,1 % de black types par partants, il est le deuxième meilleur étalon de troisième production en Europe (derrière l’extraterrestre Night of Thunder, à 18 %).

La mère Kensea a gagné le Prix Herod (L) à 2ans avec à la clé un rating 102. Après avoir donné le gagnant Glamour Vendôme (Style Vendôme), elle n’a été saillie que par Galiway. Le premier produit n’a pas couru, Sealiway est le deuxième et il est suivi par le 2ans Seagali, acheté 115.000 € par MAB Agency à la vente de Sélection. La yearling Seagala a été adjugée 380.000 € à Trotting Bloodstock en août à Deauville. Kensea a un foal par Galiway et elle a visité en avril le même étalon. La deuxième mère Sea Island (Gold Away) a été réclamée 20.155 € par Guy Pariente après sa deuxième victoire, à 2ans, à Maisons-Laffitte et a ajouté trois autres succès à son CV.