Révoqué pour faute ?

Institution / Ventes / 18.10.2021

Révoqué pour faute ?

Ce jeudi 21 octobre, les soixante-six sociétés de courses qui composent le PMU sont convoquées à une Assemblée générale ordinaire, au siège de France Galop. On leur demande de venir voter une résolution unique : la révocation pour faute de Cyril Linette, qui « s’est rendu coupable récemment d’agissements qui portent atteinte au GIE [PMU] et [qui] sont fautifs. (...) M. Linette a pris des positions contradictoires dans la gestion du projet Thémis, changeant publiquement d’avis sans la moindre concertation préalable avec le Conseil d’administration, tout en envoyant des lettres accusatoires à l’encontre des administrateurs et des sociétés-mères (...), ce qui crée des conditions ne permettant pas au Conseil d’administration de prendre des décisions essentielles en agissant de manière dilatoire et crée un climat social conflictuel avec l’ensemble des parties. etc. » (extrait de la convocation). L’intéressé a nié cette lecture des faits auprès de Mediapart.

Ainsi, donc, s’écrit le nouveau chapitre du feuilleton du Themisgate, né le 6 octobre. Ce jour-là, le PMU et les deux sociétés-mères avaient reçu quelques syndicats, lesquels avaient longuement pilonné Cyril Linette – sans que personne ne lui vienne en aide dans les rangs de l’Institution... et à l’issue de ce jeu de massacre, Linette avait étonnement pris le parti de ceux qui venaient de l’agresser, expliquant notamment que le projet d’immeuble commun voulu par les sociétés-mères n’était pas souhaitable en l’état. Stupeur générale ! Et dans les rangs syndicaux, et chez les présidents Rothschild et Barjon. La suite ? Une lettre envoyée le soir-même par la D.R.H. du PMU aux salariés, réitérant notamment les fortes réserves de la direction du PMU au sujet de Thémis.

Pourquoi Cyril Linette, pourtant honni des syndicats pour son « énergie » dans la réduction de charges (licenciements, etc.), est-il devenu Che Guevara ? Certains, comme Mediapart, pensent qu’il a joué son va-tout, craignant de ne pas être renouvelé en avril prochain, date à laquelle son mandat de D.G. prend fin. D’autres jugent qu’il était arrivé au bout d’une certaine logique – ayant fait le job d’assainissement mais n’ayant pas le profil pour passer à la phase de (re)développement. D’autres disent qu’il a été plus que déçu de ne pas avoir été soutenu par ses actionnaires devant les syndicats, ce qui l’a brutalement convaincu de tourner casaque. Toujours est-il qu’il est aujourd’hui accusé de faute, ce qui pourrait lui coûter 1 million d’euros d’indemnités, selon le calcul effectué par Mediapart.