48 HEURES DE L’OBSTACLE : Les 3ans affolent le chronomètre

Courses / 09.11.2021

48 HEURES DE L’OBSTACLE : Les 3ans affolent le chronomètre

Par Christopher Galmiche

Disponible depuis 2020, le tracking en obstacle est riche d’enseignements pour confirmer ou infirmer des impressions visuelles. Quel est le verdict des chronos lors des 48 Heures de l’obstacle ?

Vivement 2022 et le match Kyrov versus Hawaï du Berlais

Lors des 48 Heures de l’obstacle, les meilleures impressions visuelles sont à mettre au crédit des 3ans. Bien que né pour briller en plat, Kyrov (Dark Angel) s’est révélé comme un sauteur hors pair, titulaire de cinq victoires en six sorties, dont le Prix Cambacérès (Gr1). Au papier, il avait une très bonne chance et son entraîneur, François Nicolle, nous avait prévenus : s’il sautait la dernière haie en deuxième ou troisième position, sa vitesse pouvait faire mal. Il a fait mieux que ça puisqu’il a sauté l’ultime obstacle largement en tête, sans que son jockey Gwen Richard l’ait encore sollicité. Il a gagné toute la course et ses temps sont exceptionnels. Son tronçon le plus rapide de la course, les 1.000 derniers mètres, ont été impressionnants. Sa réduction kilométrique est de 1’11”79. C’est de loin la meilleure de tous les partants du Cambacérès. Elle est meilleure de une à quatre secondes par rapport à ses rivaux. De la neuvième haie à l’arrivée, Kyrov a maintenu une vitesse élevée et le tout sans forcer, comme le montre sa vitesse moyenne (54,54 km/h). C’est le leader indiscutable des 3ans… Même si Hawaï du Berlais (Martaline) n’était pas sur sa route.

Le match entre ces deux chevaux fait d’ores et déjà saliver. Hawaï du Berlais a donné l’impression d’arracher la piste sur le plat lorsqu’elle a produit un changement de vitesse brutal sans que son pilote, Pierre Dubourg, soit dur. Sa réduction kilométrique sur les 1.000 derniers mètres est de 1’11”25, donc meilleure que celle de Kyrov. Comme ce dernier, Hawaï du Berlais n’a pas eu à forcer pour l’emporter. De la huitième haie du parcours au poteau, la représentante de la famille Bryant n’a fait qu’accélérer comme en témoigne sa vitesse moyenne (passée de 47,6 km/h à 53,6 km/h). Contrairement à ses rivales, Hawaï du Berlais a été la seule à ne pas ralentir sur le plat. C’est vraiment une pouliche hors norme et les temps le confirment. Vivement 2022 pour voir le match entre Hawaï du Berlais et Kyrov !

Latino des Isles a tué la course dès le départ

Dans le Prix Congress (Gr2), Latino des Isles (Martaline) a appliqué la même tactique que lors de sa victoire dans le Prix Noiro (L) : devant et méchant ! On aurait presque dit un two miler anglais. Entre le bull-finch et la rivière des tribunes, il a maintenu une vitesse moyenne d’environ 50 km/h, ce qui a dû mettre ses rivaux dans le rouge, et il a atteint une vitesse maximale de 56,70 km/h, mieux que Kyrov et Hawaï du Berlais dans un sport différent. Dans le parcours, il a ralenti à deux reprises, ce qui lui a permis de repartir facilement. Sa réduction kilométrique de 1’14”70 est meilleure d’une seconde et demie à quatre secondes par rapport à ses rivaux. À l’instar de Kyrov et d’Hawaï du Berlais, il n’y a aucune contestation quant à son leadership. Mais, comme l’a dit son entraîneur, Arnaud Chaillé-Chaillé, c’est un poulain précoce à exploiter à 3 et 4ans et il faudra voir ce qu’il peut faire sur 4.400m, un parcours qui devrait mieux convenir à certains de ses rivaux du Congress et à de nouveaux venus à ce niveau.

Grand Prix d’Automne : tout s’est joué dans les détails

Les temps du Grand Prix d’Automne confirment que la victoire s’est jouée à de petits détails. Les deux premiers, Galop Marin (Black Sam Bellamy) et L’Autonomie (Blue Brésil), ont terminé la course avec des chronos très proches. Réduction de 1’16”60 pour le premier, de 1’16”70 pour la seconde. L’Autonomie a fini plus vite avec les 1000 derniers mètres, en 1’11”98 contre 1’12”23 pour Galop Marin, ce qui confirme l’impression visuelle sur le plat. Mais le plus important est la traduction dans les temps de ce qu’a expliqué Xavier Papot. Galop Marin a considérablement ralenti le rythme des 2.000 aux derniers 1.000 mètres, sa réduction kilométrique passant de 1’14”29 à 1’18”50. C’est aussi là que Galop Marin a gagné son quatrième Grand Prix d’Automne car il a ainsi pu s’économiser.

Poly Grandchamp, en décélération

Poly Grandchamp (Poliglote) a gagné au courage le Prix La Haye Jousselin (Gr1) en mettant son cœur sur la piste. Il le fallait car, entre le moyen open-ditch et le poteau, sa vitesse moyenne a diminué progressivement. Normal pour un parcours de 5.500m sans un Docteur de Ballon (Doctor Dino). Mais, dans le même temps, celle de son dauphin Carriacou (Califet) est allée crescendo jusque sur le plat. Poly Grandchamp a donc dû se montrer très dur pour l’emporter et contrer Carriacou. Il a certainement gagné la course en prenant les commandes au rail-ditch. Au dernier passage dans le tournant d’Auteuil, il est passé dernier avec une vitesse moyenne de 36,7 km/h avant d’accélérer constamment pour durcir la course, comme l’a dit son jockey, Bertrand Lestrade. La course était dès lors pliée.

Let Me Love, à fond depuis le brook

Difficile de comparer les Prix Ferdinand Dufaure et Maurice Gillois (Grs1), qui ne se sont pas courus sur des terrains très comparables bien que collants lors de ces deux épreuves. Let Me Love (Authorized) a gagné le Grand Steeple des 4ans en conservant une vitesse moyenne comprise entre 48 km/h et 49,2 km/h du brook jusqu’à l’arrivée. C’est une jolie performance car il a fallu contrer en fin de parcours un futur cheval de Grand Steeple, Sel Jem (Masked Marvel), qui a placé une pointe à plus de 50,2 km/h entre les deux derniers obstacles. Voilà qui situe encore mieux le niveau de la petite championne de William Menuet, non seulement courageuse, mais aussi dure à l’effort comme l’était sa mère, Lady d’Ogenne (Sassanian).

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