Les AQPS : presque centenaires, mais toujours aussi alertes !

Courses / 29.11.2021

Les AQPS : presque centenaires, mais toujours aussi alertes !

Par Christopher Galmiche

Dimanche à Auteuil a eu lieu la 99e édition de l’Assemblée générale des AQPS, une association qui compte près de six cents adhérents. Une Assemblée riche en interventions extérieures, dont vous nous livrons les meilleurs moments.

Édouard de Rothschild, président de France Galop

« Nous sommes très déterminés à renforcer l’attractivité de l’obstacle »

« Le travail a payé. Le PMU a fait beaucoup d’économies et France Galop a également largement optimisé son budget depuis 2015. Du côté des recettes, les différentes actions que nous avons menées ont porté leurs fruits. (…) À échéance de trois ans, le PMU devrait pouvoir nous reverser 900 millions d’euros, dans la lignée de son record historique. Les allocations augmenteront de 30 millions d’euros en 2022 par rapport à 2021. C’est une progression de 12 % et c’est cinq fois plus que l’inflation de l’économie française. »

Les atouts de l’obstacle et ses devoirs. « La discipline de l’obstacle a des atouts formidables, dont la réactivité. Dès la fin du séminaire de l’obstacle, la transformation a débuté et elle se poursuit aujourd’hui avec une grande régularité. Peut-être n’en parle-t-on pas assez ? Les premières mesures tirées du séminaire donnent déjà de bons résultats. Nous devons continuer nos efforts, en particulier sur les partants et les enjeux du PMU. Un mot aussi sur l’accidentologie propre à la discipline. Sur ce sujet, France Galop et la Fédération nationale des courses hippiques font le maximum. Mais la vérité, c’est que le bien-être équin est l’affaire de tous. Soyons hyper attentifs dans nos choix sportifs, nos prises de parole, sur les réseaux sociaux, pour ne pas apporter d’arguments faciles à ceux qui ne veulent pas que l’on travaille avec les animaux. Pensez-y régulièrement ! Avec les élus, les membres associés de France Galop qui m’entourent, je veux vous remercier pour votre sens de l’intérêt général. Nous sommes très attachés à la bonne santé de l’obstacle. Nous sommes très déterminés à renforcer l’attractivité de l’obstacle. C’est pourquoi nous ferons prochainement des propositions encore plus positives pour la discipline. »

Question/réponse

Bruno Vagne. – « Quelle place sera donnée à la visibilité de l’obstacle pour produire des enjeux ? Certaines réunions de qualité à Moulins, Lyon ou Angers mériteraient une place Premium, voire un placement fin de matinée. »

Édouard de Rothschild. – « Personne ne cherche à cacher l’obstacle. Au contraire. Mais je crois qu’il y a un équilibre et que celui-ci passe par l’optimisation. Lorsque l’on gagne plus d’enjeux avec certaines courses, c’est cela qui compte. Il ne faut pas chercher une compétition entre les disciplines. Le plus performant est de travailler tous ensemble. Un certain nombre de grandes réunions d’obstacle sont très médiatisées. Je ne doute pas que l’on devrait mieux médiatiser certaines réunions, mais c’est un arbitrage délicat. Il y a un équilibre à trouver. Mais j’ai à cœur de dynamiser et de mettre en lumière l’obstacle. »

Hervé d’Armaillé, président de l’Association AQPS

« Faire courir est périlleux et incertain, mais c’est un risque à considérer. »

« On peut noter que le marché n’est pas aussi florissant que par le passé. Les ventes publiques et amiables sont moins dynamiques, exception faite pour le haut du panier. La sélection continue à attirer les convoitises. Mais peut-être avons-nous mangé notre pain blanc. Peut-être faut-il analyser davantage les tenants et les aboutissants de notre structure commerciale. Jusqu’à présent, nous avions beau jeu de faire parfois la fine bouche lorsque l’un de nos chevaux partait en Angleterre ou en Irlande. Nous perdions alors tout contrôle et une grosse partie de nos revenus d’éleveur avec ces exportations. L’apport d’argent frais nous a permis d’investir, de progresser et d’évoluer. Nous devons à présent consolider tout cela. Et la hausse des allocations prévue en 2022 arrive à point nommé pour nous soutenir dans cette période délicate. Certes, faire courir est périlleux et incertain. Mais c’est un risque à considérer. C’est la principale motivation de l’élevage. Ce qu’il nous faut maintenant, ce sont des partenaires et propriétaires français ou étrangers pour nous épauler en vue de mettre en valeur notre élevage en France. »

Pour fêter le centenaire…

Deux nouvelles ont été annoncées pour fêter le centenaire de l’association AQPS en 2022. D’abord, un livre qui relatera les belles histoires et anecdotes sur les AQPS, accumulées pendant cent ans. Puis la transformation d’une épreuve bien connue. En effet, le Prix Xavier de Chevigny va voir son allocation augmentée de manière à ce qu'elle atteigne le niveau d’une Listed et que la course soit ainsi labellisée à ce niveau. Le Prix Xavier de Chevigny sera donc la toute première Listed en obstacle réservée aux AQPS. Cette proposition a été acceptée par le Conseil de l’obstacle et le Conseil d’administration de France Galop. Elle sera Listed en 2022, puis la pérennisation à ce niveau sera étudiée.

Pierre Laperdrix, responsable programme à France Galop

« L’application des nouvelles conditions n’a pas altéré le nombre de partants »

« L’un des points majeurs cette année a été la modification des conditions de courses de Groupes AQPS. Par le passé, une surcharge était imposée en fonction des gains. Avec la commission du programme AQPS, nous avons mis en place des surcharges en fonction des catégories de courses gagnées. C’est-à-dire que, dans un Gr3 AQPS, les chevaux surchargés sont ceux qui ont gagné au niveau Gr3 AQPS. Les gagnants de maidens AQPS ne seront donc pas surchargés sur leurs gains. Pour prendre un exemple, Guerrier Rose portait 64 kilos lors de son premier Groupe à Vichy. Avec les anciennes conditions, qui pénalisaient les sommes gagnées, il aurait porté 69 kilos. Il n’y a pas eu de baisse au niveau des partants : la moyenne chez les 3ans est de 8 partants par course et nous avons fini à treize partants dans le Jacques de Vienne. Sur les Groupes en plat de chevaux d’âge, hormis l’accident du Prix Chloris à 6 partantes, nous sommes à une moyenne de 8,3 partants par course. L’application des nouvelles conditions n’a pas altéré le nombre de partants. »

Nelly de La Guillonnière, présidente de l’Association AQPS Ouest

« Vers un regroupement du Show AQPS ouest avec l’Anjou foal show et le Show Lumet »

« Nous sommes dans les préparatifs pour le salon des étalons du Lion-d’Angers qui aura lieu le 15 janvier 2022. Pour le Show AQPS ouest, nous nous orientons vers un regroupement avec l'Anjou foal show et le Show Lumet Arqana. On peut imaginer le calendrier suivant : le Show AQPS jeudi 18 août, suivi le lendemain par l'Anjou foal show et le samedi par le Show Lumet. Nous travaillons sur ces trois dates et nous espérons que les programmes de courses ne nous empêcheront pas de réaliser ce programme. »

Claude-Yves Pelsy, président de l’Union des AQPS du Centre-Est

« Encourager les éleveurs à conserver la génétique par le biais d’aides »

« Grâce à Galop Allier, avec le Foal show, nous avons offert aux poulains tardifs une deuxième chance de se présenter, en septembre, à Moulins. Cinquante-cinq foals ont été présentés cette année au Foal show. Une petite vingtaine de transactions a eu lieu. Cet événement correspond à une vraie demande des éleveurs. Galop Allier pense à élargir son action en renouvelant l’opération l'année prochaine. Peut-être même en imaginant une présentation de pouliches de 2ans sur la piste pour soutenir les éleveurs dans la valorisation de leurs femelles, et ainsi pouvoir les placer. Nous travaillons également pour obtenir des subventions de la part des régions. Nous souhaitons informer les éleveurs de la possibilité de faire prendre en charge trois à quatre mois de pré-entraînement et de débourrage pour deux ou trois pouliches par élevage. Nous voulons obtenir entre 400 € à 500 € par mois pour les valoriser. Le but serait de conserver une génétique et de pouvoir récupérer ces bonnes pouliches à l'élevage au lieu de les voir partir à l'étranger. Ces subventions sont quasiment acquises dans le Grand Est et elles le sont déjà en Auvergne Rhône Alpes. Nous sommes assez forts pour arriver à obtenir ces subventions dans les autres régions. »

 

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