Avec l’écurie Dibah, Christophe Von Bank se lance au galop

Élevage / 26.11.2021

Avec l’écurie Dibah, Christophe Von Bank se lance au galop

Christophe Von Bank (écurie Dibah) vient d’obtenir son premier black type en plat avec Angelissima (Dark Angel), placée du Prix Lyphard (L). Venu du trot, il se lance aussi dans l’élevage des galopeurs.

Jour de Galop. - Que ressent-on lorsque sa pouliche se classe deuxième d’un Prix Lyphard ?

Christophe Von Bank. - Angelissima (Dark Angel) a été achetée aux ventes Arqana en association avec mon ami Noël-Nicolas Guillerme. Nous sommes issus du monde des trotteurs. Pour lui, Angelissima représente son premier investissement dans le monde du galop. Pour ma part, j’avais déjà eu quelques galopeurs. Lorsque nous avons acheté cette pouliche, le but était d’en faire ensuite une poulinière. Issue d’une souche Wertheimer, c’est notamment la sœur d’Adhamo (Intello). Vu son papier, l’objectif était de lui faire prendre du black type. Après sa sixième place dans le Prix de la Pépinière (L), Angelissima s’est fait mal et elle est ensuite partie se reposer au haras du Logis Saint-Germain, avec qui j’entretiens de très bonnes relations. Durant son repos, ils ont effectué un travail remarquable et elle a ensuite rejoint l’entraînement de Stéphanie Nigge. Cette deuxième place dans le Prix Lyphard (L) nous permet de concrétiser un premier objectif black type. Elle est tellement bien rentrée de sa course qu’il n’est pas impossible qu’elle soit au départ du Prix Miss Satamixa - Fonds Européen de l’Élevage (L), le 20 décembre à Deauville.

Comment est née votre passion pour les courses ?

Cela fait très longtemps que je suis passionné. J’ai orienté mes études pour pouvoir travailler dans cet univers. À seize ans, j’étais salarié dans de grandes écuries de trotteurs. C’est donc pour cela que j’ai commencé à investir au trot. Quelques années plus tard, je suis entré dans le secteur de l’aéronautique et je suis actuellement steward dans une grande compagnie française. Aujourd’hui, mon effectif est composé de 17 chevaux, qui sont répartis dans les deux disciplines. J’ai investi dans les parts d’étalon, comme Wootton Bassett (Iffraaj), Wooded (Wootton Bassett) ou encore Persian King (Kingman). Mais aussi dans les poulinières. Mes deux premiers yearlings passeront aux ventes en 2022.

Pourquoi le galop ?

Depuis une vingtaine d’années, j’ai connu une certaine réussite avec mes trotteurs. Notamment avec un cheval qui était entraîné par Sébastien Guarato : Harrah Dibah. Il s’est tout de même placé au niveau Gr2 sur la cendrée parisienne. En réalité, mes débuts au galop sont partis d’une histoire d’amour. Celle avec mon conjoint, Bruno Ferré. Il est mort l’an passé des suites du Covid-19. Ensemble, nous avons toujours rêvé d’avoir une jument grise. Chez les trotteurs, cela n’existe presque pas ! Outre la volonté de se diversifier, cela nous a poussés à franchir le pas. Lorsque vous aimez les chevaux, il ne faut pas se cantonner à un milieu. Quelle que soit la discipline, la passion est aussi forte.

Quel regard portez-vous sur les deux disciplines ?

Pour être tout à fait honnête, à mon sens, le fonctionnement est presque similaire. Je pense que le trot est plus accessible à "Monsieur tout le monde". Dans le galop, ce qui me passionne, c’est la dimension internationale. Avec mon métier, je suis amené à beaucoup voyager et j’adore me rendre sur les hippodromes d’Happy Valley et de Meydan. Étrangement, ce sont deux disciplines qui ont tendance à fonctionner de plus en plus de la même manière. Les trotteurs étant plus robustes, nous avons tendance à les courir plus souvent. Les allocations offertes aux sept premiers de chaque course représentent aussi un avantage.

Comment achetez-vous ?

Mon premier achat au galop a été réalisé par Victor Langlais. C’est une ancienne jument de Son Altesse l’Aga Khan, Vaiyara (Siyouni), laquelle a depuis une yearling par Wootton Bassett. Cette année, elle a été saillie par Harry Angel (Dark Angel). Quant à Angelissima, j’ai collaboré avec Florent Fonteyne (Trotting Bloodstock). Pour mes achats de trotteurs, je travaille souvent en collaboration avec ce dernier.

Quels sont vos objectifs ?

Ce qui me passionne, c’est de voir les chevaux que j’ai élevés aller aux courses. À mon échelle, j’ai cette ambition. Récemment, je me suis porté acquéreur d’une belle propriété proche de Deauville. Je dispose désormais de quelques hectares qui me permettent d’avoir mes chevaux près de moi. Je ne franchirai pas le cap de les entraîner. C’est un métier à part entière, mais je souhaite monter ma petite structure d’élevage. Je souhaite garder quelques foals, trotteurs et galopeurs, après le sevrage. Voir l’évolution de ses poulains, c’est quand même quelque chose de fascinant. Ayant travaillé dans ce milieu, je ne souhaite pas uniquement payer mes pensions d’entraînement. Au trot, j’élève depuis longtemps. Dans le galop, cela fait partie de mes projets. Cela dit, il faut garder les pieds sur terre. Je ne dis pas que je garderai Angelissima. Elle ira certainement au haras du Logis Saint-Germain, à l’image de mes deux autres poulinières, Vaiyara et Red Addiction (Dark Angel). Lorsqu’elles stationnent là-bas, je peux dormir sur mes deux oreilles (rires).

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