La nouvelle vie d’Éric Lemartinel au Qatar

18.11.2021

La nouvelle vie d’Éric Lemartinel au Qatar

Titulaire de plus de 300 victoires aux Émirats Arabes Unis et ayant réussi l’exploit d’avoir remporté les sept Grs1 PA du pays, Éric Lemartinel va désormais poursuivre sa route au Qatar pour Al Shaqab Racing.

JDG Arabians. – Où allez-vous entraîner cette saison ?

Éric Lemartinel. – Sur l’hippodrome de Doha. Al Shaqab Racing a une écurie de quinze boxes. Les chevaux arrivent de France bientôt [l’interview a été réalisée fin septembre, ndlr] et c’est moi qui vais m’en occuper. Auparavant, ils étaient dispersés chez plusieurs entraîneurs au Qatar.

Quelles seront vos missions ?

L’objectif est de gagner les plus belles courses. Non seulement au Qatar, mais aussi dans le reste du Golfe Persique, si nous en avons la possibilité, notamment aux Émirats ou en Arabie Saoudite. Nous allons travailler pour cela et nous avons de bons chevaux, il faut en profiter.

Vous allez entraîner des pur-sang anglais ou des pur-sang arabes ?

Nous allons commencer avec une quinzaine de chevaux mais cela pourrait augmenter. Pour les deux tiers, ce seront des pur-sang arabes. Et donc un tiers de pur-sang anglais. Certains ont couru cette année, d’autres non. Ils sont en provenance de chez Thomas Fourcy, Élisabeth Bernard et Charles Gourdain notamment.

C’est un vrai déménagement pour vous…

Oui, je dois prendre mes marques. Il faut aussi s’organiser car tout est à faire. À terme, nous aurons un site avec une piste privée, une écurie et tout ce qu’il faut pour accueillir 80 chevaux. À l’image des installations d’Al Shahania Stud et d’Umm Qarn. Toutefois, les travaux ne sont pas encore terminés. En attendant, nous travaillons donc sur l’hippodrome.

Votre équipe des Émirats vous a-t-elle suivi ?

J’ai emmené une partie de mon équipe et notamment mon assistant, Éric Gandon, qui a travaillé pour Robert Collet, Richard Gibson et à Hongkong. Les autres personnes sont qataries.

Vous connaissiez déjà les courses au Qatar ?

Oui, j’étais déjà venu mais cela a vraiment évolué avec beaucoup de chevaux à l’entraînement.

Et un nouvel hippodrome également à Al Uqda ?

Oui, il possède une très belle piste en gazon et une autre de type fibré. C’est vraiment bien.

Avec la fin de votre contrat aux Émirats, avez-vous eu d’autres opportunités que celle d’entraîner au Qatar ?

Après mon départ d’Al Asayl, j’ai eu un contact avec le Sultanat d’Oman, pour un poste plus orienté racing manager. Mais j'avais envie de continuer à entraîner. Je ne pouvais rêver mieux que cette proposition d’Al Shaqab racing. Je sais que je vais avoir un bon groupe de chevaux, avec des courses intéressantes dans le programme local, tant chez les pur-sang arabes que les pur-sang anglais. D’ailleurs, quand on regarde une réunion de courses à Doha, il y a la moitié des courses pour chacune des deux races de chevaux. C’est très équilibré.

Quitter les Émirats après seize ans, ce ne doit pas être quelque chose de facile ?

C’est une page qui se tourne. Des habitudes qui changent, cela fait bizarre. Quand Al Asayl a décidé de ne pas renouveler mon contrat, je n’avais pas vraiment d’autre issue, même si j’aurais aimé rester. C’est comme cela. Être entraîneur pendant seize ans aux Émirats, dont six à Al Asayl, c’est déjà très bien. Avoir entraîné si longtemps, surtout à Al Asayl où la pression sans doute un mal pour un bien.

Vous êtes arrivé à Abu Dhabi en 2006. On imagine que les choses ont beaucoup changé depuis ?

Depuis mon arrivée, les courses ont peu changé, la qualité a toujours été là. C’est surtout la vie dans les Émirats qui a changé. Cependant, l’élevage de pur-sang arabes a progressé, avec une plus grande qualité de chevaux. Avant mon arrivée ici, je n’avais entraîné que des pur-sang anglais et des AQPS. Le cheval arabe a été une vraie découverte. Toutefois, ce sont des chevaux de course. Ils se rapprochent un peu des AQPS et j’ai appris à les connaître. Mais j’ai surtout eu de la chance d’avoir Mizzna (Akbar)…

Que vous a-t-elle apporté ?

Sa victoire dans la Dubai Kahayla Classic (Gr1 PA) en 2008, deux ans seulement après mon arrivée, a un peu tout déclenché. Déjà, la saison précédente, elle avait battu Dahess (Amer), qui venait du Qatar, dans le Liwa Oasis (Gr1 PA). Or elle venait juste d’arriver dans mon écurie. Et pour sa première course aux Émirats, elle s’imposait au plus haut niveau ! J’avais vu le matin qu’elle sortait un peu de l’ordinaire mais il faut toujours confirmer en course. Les choses se sont enchaînées ensuite puisque j’ai eu d’autres chevaux de Son Altesse le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan. Puis ceux d’autres propriétaires…

Était-elle vraiment spéciale ?

Je l’ai courue dix fois dans sa carrière aux Émirats. Hormis sa troisième place dans la Dubai Kahayla Classic (Gr1 PA), lors de sa première tentative dans cette épreuve (2007), elle a gagné neuf fois. Elle était facile à entraîner, une vraie mobylette.

Y a-t-il une autre course qui vous tient particulièrement à cœur ?

Mon autre grande victoire reste celle de Rb Burn (Majd Al Arab) dans la Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown (Gr1 PA), en novembre 2016, pour l’écurie Al Asayl. Le cheval était arrivé fin juillet. Il effectuait sa rentrée à l’occasion de cette course et il était le seul dans ce cas-là, c’est d’autant plus fort. Rb Burn a presque gagné l’année suivante [rétrogradé après enquête au profit de Muraaqib, ndlr]. Ce sont les courses. C’était un petit cheval, parfait pour la distance de 1.600m. Un petit modèle qui allait vite et qui a battu les meilleurs. Il termine tout de même deuxième de la Kahayla Classic, seulement battu par le qatari Reda (Burning Sand). Il était irréprochable.

 

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