Prix Maurice Gillois - Grand Steeple-chase des 4ans (Gr1) : Let Me Love les fait planer

Courses / 07.11.2021

Prix Maurice Gillois - Grand Steeple-chase des 4ans (Gr1) : Let Me Love les fait planer

Auteuil, dimanche

1re       LET ME LOVE

2e        SEL JEM

3e        GOLD TWEET

Quelle lutte dans la phase finale de ce Prix Maurice Gillois (Gr1) ! C’est un duel d’anthologie que se sont livré la gagnante du Prix The Fellow-Marquise de Moratalla (Gr3), Let Me Love (Authorized), et le lauréat du Prix Bayonnet (L), Sel Jem (Masked Marvel). Et c’est finalement la pouliche qui a arraché la victoire d’une courte tête, offrant un premier Gr1 à son éleveur-propriétaire-entraîneur, William Menuet, ainsi qu’à son jockey, Olivier Jouin.

Un parcours sans encombre. Olivier Jouin a monté une magnifique course d’attente en selle sur Let Me Love, qu’il a placée à l’extérieur à mi-peloton. La pouliche s’est rapprochée dans le groupe de tête à l’abord du gros open-ditch, qu’elle a très bien franchi. Ce qui n’a pas été le cas de Malbec du Mathan (Turgeon), qui a chuté et gêné considérablement le favori, Le Listrac (Balko). Let Me Love a pris l’avantage à la réception du mur, et a été rejointe dans le tournant final par Chorail Debelair (Chœur du Nord). Ce dernier est resté un peu là entre les deux derniers obstacles, contrairement à Sel Jem, qui a fourni un très bel effort et a pris le meilleur à la future lauréate. Mais Let Me Love a regagné mètre après mètre au courage à son extérieur et lui a repris l’avantage sur le fil, en s’imposant d’une courte tête. Longtemps au dernier rang, Gold Tweet (On est Bien) a fourni une belle fin de course pour s’emparer de la troisième place à trois longueurs et demie, devant Chorail Debelair. Après ses malheurs au gros open-ditch, Le Listrac s’est ressaisi pour arracher la cinquième place aux abords du poteau à Bimbo Has (Authorized).

Un premier Gr1 pour William Menuet… dès son premier partant à ce niveau ! Même si elle a toujours montré de belles choses, Let Me Love n’a jamais paru aussi forte, elle qui reste sur quatre victoires d’affilée. À 3ans, la pouliche avait notamment conclu quatrième des Prix Girofla et Pelat (Ls) et cinquième du Haras d’Étreham - Prix de Chambly (Gr3), avant de signer un premier succès pour ses débuts en steeple à Segré… sous la selle de Tracy Menuet, la fille de William Menuet ! Deuxième pour sa rentrée sur le steeple d’Angers, le 27 mars, Let Me Love avait couru pour la première fois avec les œillères australiennes un mois plus tard à Compiègne, terminant proche deuxième du Prix Acréon (Steeple-chase). Le 12 juin, elle s’était envolée à Auteuil dans le Prix Lindor (Steeple-chase), et avait confirmé le 9 août pour son retour en haies à Clairefontaine. Le 17 septembre, Let Me Love avait offert un premier Groupe à William Menuet dans le Prix The Fellow-Marquise de Moratalla (Gr3). Son mentor a fait volontairement l’impasse sur le Prix Orcada (Gr3), et la pouliche le lui a rendu en s’imposant de nouveau le jour J. William Menuet nous a dit : « La ligne droite a été longue ! Elle est courageuse. Olivier m’a dit que, lorsqu’il était venu au contact de Sel Jem, la pouliche a redémarré. J’avais décidé de lui enlever les œillères australiennes aujourd’hui, et son jockey m’a dit qu’il avait eu bien assez de gaz pendant le parcours. Cela prouve qu’elle n’en a pas besoin, mais elle a besoin d’apprendre encore à être régulière dans son effort. Elle est encore toute neuve et va progresser, j’en suis sûr. Quand elle courait les bonnes courses ici à 3ans, elle était prise de vitesse à chaque fois et venait tout le temps finir plaisamment. Nous l’avons respectée et, en début d’année, après sa course de rentrée, j’avais décidé de lui mettre les australiennes pour la stimuler un peu. Mais là, c’est différent : 4.400m en steeple, ce n’est pas le même sport que 3.600m en haies. C’est vraiment son truc : elle a de la tenue. C’est ma première participation à un Gr1, c’est incroyable. C’est moi qui l’ai fait naître, qui ai emmené sa mère à la saillie… Si je n’avais pas eu sa mère, Lady d’Ogenne (Sassanian), je ne serais peut-être plus entraîneur aujourd’hui ! Elle m’a certainement sauvé la vie dans les moments difficiles. Et, aujourd’hui, son premier produit gagne un Gr1 ! C’est magnifique, il n’y a pas de mots. »

Le Grand Steeple à 5ans, c’est non. Forcément, après un succès dans une telle épreuve, on est obligé de penser au Grand Steeple-chase de Paris (Gr1). Mais là-dessus, William Menuet est catégorique : « Ce qui est sûr, c’est que Let Me Love ne courra pas le Grand Steeple-Chase de Paris l’année prochaine. Pour moi, c’est trop dur pour une femelle de 5ans. Je pense que l’année prochaine, au printemps, Let Me Love sera uniquement orientée vers les haies. Après, à l’automne, j’aviserai en fonction des résultats du printemps. Si je vais sur le Grand Steeple avec elle, ce ne sera pas avant l’âge de 6ans. Sa mère m’a donné une 3ans par Great Pretender (King’s Theatre), qui est pas mal aussi, mais moins précoce que Let Me Love. Elle manque encore un peu de force. Après, elle a une 2ans par Motivator (Montjeu), que j’aime beaucoup et qui va bientôt revenir au travail, et un foal par Kamsin (Samum). Lady d’Ogenne est pleine d’Ectot (Hurricane Run). En toute sincérité, on ne m’a jamais fait la moindre offre pour Let Me Love. Il faudra qu’on m’en donne beaucoup d’argent pour que je la vende (rires) ! Quand j’entends des gens dire qu’ils vendent des chevaux tous les trois jours, je me dis que je ne dois pas être un bon commercial. Mais je suis à l’écoute ! Maintenant, j’ai prouvé à tout le monde que j’étais capable de gagner un Gr1, si j’ai le cheval pour. J’ai façonné Let Me Love moi-même car on ne me confie jamais des chevaux de cette trempe, avec des mères qui ont performé et des pères qui sont réputés… C’est pour ça que parfois je suis obligé de me tourner vers le cross pour gagner des Grands Cross. Ce n’est pas grave, je le vis bien ! Mais au moins, aujourd’hui, j’ai prouvé que j’étais capable de faire aussi bien que les "grands". »

Le jour de gloire d’Olivier Jouin. Olivier Jouin avait déjà gagné plusieurs courses de prestige, mais jamais à ce niveau. Il avait remporté ses deux premiers Groupes le 24 novembre 2013 avec Une Destine (Assessor), lauréate du Prix André Michel (Gr3) sous la coupe de Philippe Peltier, et Al Bucq (Goldneyev), vainqueur du Prix Georges Courtois (Gr2) sous l’entraînement de Patrick Chevillard. Le 3 avril 2015, le jockey avait de nouveau été mis à l’honneur à haut niveau avec Philippe Peltier grâce à Royal Astarania (Astarabad), lauréat du Prix Murat (Gr2). Hormis Tracy Menuet, il est le seul à avoir monté Let Me Love en obstacle. Il a d’ailleurs souvent monté sa mère, Lady d’Ogenne, qu’il avait notamment menée à la victoire dans le Grand Steeple-Chase de Craon (L). Olivier Jouin a dit au micro d’Equidia : « Let Me Love a tellement bien sauté l’open-ditch du tournant d’Auteuil qu’elle a ensuite pris le mors. Je suis quand même resté avec des chevaux pour franchir le gros open-ditch. Ensuite, elle a fait le travail. Après la dernière haie, je me voyais battu, mais elle a réussi à prendre l’avantage. Je ne réalise pas que j’ai gagné mon premier Gr1… »

Sel Jem, une performance très prometteuse. Sel Jem, qui rendait deux kilos à la gagnante, a fourni une performance de très haut vol. Le représentant de la casaque Papot n’a été battu que deux fois en cinq sorties : deuxième en débutant sur les haies de Compiègne, en fin d’année de 3ans, il avait ouvert son palmarès par quinze longueurs après neuf mois d’absence au Lion-d’Angers, le 29 juillet. Un mois plus tard, Sel Jem avait confirmé pour ses débuts en steeple à Dieppe, avant de remporter de toute une classe le Prix Bayonnet (L) pour sa première sortie à Auteuil, le 30 septembre. Hector de Lageneste, qui entraîne le poulain avec Guillaume Macaire, nous a dit : « Nous avons pu bénéficier d’un bon parcours durant toute la course. Il faut reconnaître que nous montions plusieurs marches d’un coup. Forcément, c’est toujours un peu rageant d’être battu sur le poteau, mais ce sont les courses. Nous n’avons pas d’excuses. Je tiens à féliciter l’entourage des vainqueurs. Une chose est sûre, lorsque l’on voit une telle performance de notre poulain, c’est prometteur pour la suite. »

Gold Tweet vers le Morgex. Désinvolte lauréat au mois d’avril du Prix Hopper (Gr3), Gold Tweet avait ensuite conclu quatrième des Prix Ferdinand Dufaure (Gr1), Questarabad et Orcada (Grs3). Dimanche, le poulain a confirmé qu’il avait la pointure des meilleurs en complétant le podium de ce Gr1. Grégory Vayre, copropriétaire de Gold Tweet, nous a confié : « Nous sommes très contents de cette troisième place. C’est un cheval qui doit être monté à l’arrière-garde. Il court de première. Nous avons dit à Clément qu’il ne fallait vraiment pas qu’il bouge avant la dernière haie, et c’est ce qu’il a fait. Le cheval a fait 200m très vite, c’est vraiment super. Je pense qu’il pourra gagner un Gr1. Il sera très bon à 5ans. Il va aller sur la consolante [le Prix Morgex (Gr3), ndlr], et après, il partira en vacances. » Gabriel Leenders, entraîneur de Gold Tweet et de Chorail Debelair, a ajouté : « Nous avons eu une bonne configuration de course. Les deux premiers nous battent réellement, donc nous sommes très contents du résultat. »

PEDIGREE WEATHERBYS https://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/Docutheque/2021/Let-me-Love-1.pdf

Le premier produit de Lady d’Ogenne. Let Me Love avait été élue meilleure femelle de 2ans en 2019 au concours du National de l’Obstacle au Pin-au-Haras, tout comme sa sœur, Midnight Forever (Motivator) en 2021. C’est une fille d’Authorized (Montjeu), qui fait la monte en Turquie, et de Lady d’Ogenne (Sassanian), gagnante de neuf courses en haies et en steeple, parmi lesquelles le Grand Steeple-Chase de Craon (L) en 2013, dont elle a aussi conclu deuxième les deux années suivantes. Lady d’Ogenne s’est également placée à plusieurs reprises à Auteuil, elle qui avait débuté en fin d’année de 3ans par une cinquième place dans le Prix Finot (L). Let Me Love est son premier produit. La poulinière a une 3ans, Lady Wisdom (Great Pretender), également entraînée par William Menuet, une 2ans, Midnight Forever (Motivator), et un foal, For Life (Kamsin). Lady d’Ogenne est pleine d’Ectot.

La deuxième mère, Ahombros (Mansonnien), n’a pas couru. Outre Lady d’Ogenne, elle a donné deux autres gagnants black types : Uniketat (Vision d’État), vainqueur d’une épreuve en fin d’année de 3ans sur le steeple palois et de six autres courses en cross à Pau, dont le Grand Cross local (L), et Océan Austral (Antarctique), lauréat de quatre courses en haies, steeple et cross, dont le Grand Cross de Fontainebleau (L), mais aussi deuxième du Prix Triquerville et troisième du Prix Durtain (Ls). La troisième mère, Puerta Grande (Lesotho), est une sœur de Singasinga (Groom Dancer), gagnant du Prix Finot (devenu L) et deuxième du Prix Renaud du Vivier (devenu Gr1), et d’Elling (Ela Mana Mou), deuxième lui aussi du Renaud du Vivier. 

 

 

 

Sadler’s Wells

 

 

Montjeu

 

 

 

 

Floripedes

 

Authorized

 

 

 

 

 

Saumarez

 

 

Funsie

 

 

 

 

Vallée Dansante

LET ME LOVE (F4)

 

 

 

 

 

 

Roberto

 

 

Sassanian

 

 

 

 

Sassabunda

 

Lady d’Ogenne

 

 

 

 

 

Mansonnien

 

 

Ahombros

 

 

 

 

Puerta Grande

 

 

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