Un samedi dans la peau de Didier Casadéi

Autres informations / 18.11.2021

Un samedi dans la peau de Didier Casadéi

Un samedi dans la peau de Didier Casadéi

Par Franco Raimondi

Rugbyman et jockey ? Vous n’y pensez pas ! Et pourtant. Didier Casadéi, actuel entraîneur des avants du Racing 92, a fréquenté l’Afasec de Mont-de-Marsan. C’était avant qu’il ne choisisse définitivement l’ovalie… Mais il n’a pas abandonné pour autant les chevaux. Et samedi, l’homme a un programme chargé…

Tous les amoureux du rugby ont bloqué leur soirée de samedi depuis des mois. Le XV de France reçoit les All Blacks au Stade de France, dans le cadre des Autumn Nations Series. Didier Casadéi, qui a lui-même porté le maillot de l’équipe de France – c’était en 1997 et au poste de pilier – sera évidemment derrière les Bleus. « Le XV de France est très bon, on peut compter sur de jeunes joueurs de grande qualité, qui progressent au fil des matchs. Je pense que la France peut gagner samedi et même, pourquoi pas, la Coupe du Monde 2023 à domicile. Les All Blacks ont perdu leur dernier match face à l’Irlande. Ils ont mal joué mais la défaite donnera à l’équipe l’esprit de revanche. Je pense que c’est le bon moment pour affronter les All Blacks car ils sont un peu à la fin de la saison. Même s’il ne faut jamais oublier ce qu’ils représentent… » L’adrénaline du rugby, ce sera à 21 h.

Didier Casadéi aura cependant reçu plusieurs doses de la précieuse hormone tout au long de la journée. À Agen, aux environs de 13 h 40, Honneur de Blay, un trotteur entraîné par Éric Prudhon, sera "def des quatre" dans une étape de l’Open des Régions réservée aux 4ans. Didier Casadéi en possède une part. Plus tard dans l’après-midi, il devrait pousser pour les partants de son pote Arnaud Chaillé-Chaillé à Auteuil. Il se dit qu’il est même capable de casser une télévision. On le croit volontiers.

La Coupe de Brive, Philippe Sourzac et l’ami Arnaud. L’amour des courses, chez Didier Casadéi, remonte à l’enfance. « Mon père était un grand passionné et propriétaire au trot. Depuis l’âge de 5 ans, j’ai commencé à me rendre aux courses et je n’ai plus arrêté. J’avais même un temps décidé d’en faire mon métier : j’ai suivi l’apprentissage à l’école des jockeys de Mont-de-Marsan, mais je suis ensuite devenu rugbyman professionnel et il n’était pas possible de faire les deux choses en même temps. J’ai gardé des amis de cette époque, et je suis resté un turfiste dans l’âme. L’étincelle qui a tout relancé, c’était en 1997, quand on a gagné la Coupe d’Europe avec Brive. J’étais très copain avec un grand jockey d’obstacle de l’époque, Philippe Sourzac, lui aussi originaire de Brive, et il m’a présenté Arnaud Chaillé-Chaillé. Il est devenu mon grand ami et j’ai acheté quelques bouts de chevaux avec lui. Ensuite, je suis revenu au trot avec Jean-Michel Bazire et maintenant avec Éric Prudhon qui entraîne Honneur de Blay. »

La compétition et la convivialité. Le rugby, c’est la compétition, mais avant tout la convivialité. Des valeurs inscrites dans l’ADN de Didier Casadéi qui ne vit pas sa passion pour les courses différemment. « Deux joueurs du Racing, Teddy Iribaren et Fabien Sanconnie, sont associés avec moi sur Honneur de Blay et l’ancien international Philippe Carbonneau nous suit de très près. Le rugby et les courses ont des points communs. Le premier c’est le goût de la compétition, l’adrénaline du sport, le plaisir de préparer un objectif et de l’accomplir. Il s’agit de choses qu’on peut trouver aussi dans d’autres sports mais les courses ont un atout supplémentaire : la convivialité. Partager le plaisir avec des amis autour d’un magnifique athlète comme le cheval. Je suis un rugbyman de la vieille école et je retrouve aux courses mes valeurs. »

Aux courses, sans frontières. Cette année, la casaque de Didier Casadéi a gagné à quatre reprises en obstacle avec El Paso Wood (Anzillero), mais pour le moment, le rugbyman n’a pas de chevaux à l’entraînement. « El Paso Wood a gagné quatre courses d’affilée, c’était déjà beaucoup et on l’a mis à réclamer. Il a été acheté. Maintenant, il faut en trouver un autre, encore plus performant. Arnaud Chaillé-Chaillé est chargé de la mission. Pour l’instant, je m’amuse avec Honneur de Blay et depuis que je suis arrivé au Racing comme entraîneur des avants, j’habite en région parisienne, près des grands hippodromes et quand mon travail me laisse un peu de temps, j’aime bien me rendre aux courses. Galop, obstacle ou trot, je n’ai pas de frontières. » Entre ses différentes passions, Didier Casadéi n’a jamais vraiment voulu choisir. Il les vit à fond. Rugby, courses : pas de place pour le dilettantisme !